Énième tentative
i.
Par ton absence
Je sens ta présence :
Si tu n’étais pas là
Tu ne pourrais pas me manquer –
Il faut avoir une image claire de ce qui manque.
Je me retourne et me dis :
Tu disparaîtras telle une vague idée, mon Eurydice
Pour peu que je change de position.
ii.
Il faut pouvoir nommer.
Mais nommer n’est rien – il faut montrer sans le dire.
Il faut qu’autrui puisse le voir
Avant de l’entendre, le nom, prononcé ;
L’image, il faut qu’elle émerge en conséquence ;
Il n’y a pas d’autre présence.
Tu es encore là, même après retournement
Tu es plus forte que mes astuces
Et en fait, tu as raison.
iii.
Toi, tu émerges avant d’être nommée –
À l’improviste. En ce sens aussi
Tu es la perfection même.
Tu l’étais et tu l’es.
Présente. Absente. Présente.
Pourquoi, diable, ai-je voulu te chasser ?
Peut-être me suis-je retourné juste
Pour mettre ta force de résistance à l’épreuve.
iv.
Quand je m’exprime de la sorte
On pourrait penser que je regrette quelque présence divine ;
Mais non, je parle de toi
Enlevée et non pas retirée
Je ne crois plus à mes propres élans
Mes retournements sont devenus inutiles
Tant me manque ton regard, rassurant et corrigeant
v.
Seulement transfigurée par un dieu
Qui, à la grecque, s’excuse de sa méchanceté.
Tout en demeurant
Tu n’es plus là – voici la seule preuve
Alors que la proximité persiste.
17 Janvier 2026

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