1. Chanson humaniste
C’est agaçant : devant le Resto du Cœur ils attendent la clope à la main. En nouveau réac, je me dis : pour fumer, ils les ont, les moyens. Est-ce que moi, je me permets ce luxe ? À croire que ça ne manque de rien. Je devrais me mettre dans la queue.
À qui se comparer, à eux ou au voisin ?
Aux grands yeux du Sahel ou au connard rupin ?
Les grands yeux sont faits pour t’émouvoir pour pas cher
Et le voisin pour t’enrager gratos, pépèr’ !
Or, les grands yeux sont loin, et le voisin est proche –
Laissons donc couler l’eau exprès contre la gauche !
Nous aussi, on veut notre part du gaspillage :
Si lui roule en Tesla, faut de l’équilibrage !
Indécent d’affirmer que la misère existe
Aussi chez nous ? « Aussi chez nous » dit le fumiste.
Quand j’entends nos défavorisés, je m’irrite
Mais quand c’est l’patronat qui geint, je régurgite.
Cela est sûr : si leurs mères célibataires
M’énervent, qu’on m’épargne les milieux d’affaires !
Quant aux bien pensants convertis à l’entreprise
Je leur souhaite un max de mauvaises surprises.
2. Chanson réaliste
1. J’suis p’être une fille à cinquant’ balles
Mais j’ai l’cœur qui parfois s’emballe
Et il est trop beau, mon mat’lot
Que j’ai dans la peau :
Il m’apporte toujours un cadeau
Des Îles, d’Shanghaï ou d’Corée –
Vérole, chancre ou gonorrhée
Il tient à me surprendre...
Ohé, ohé
Les beaux mat’lots du French Annam
Sont par nature polygames –
Trop d’femmes rêvent du grand amour ;
Moi, j’pourrais pas tous les jours.
2. Ça m’suffit bien si mon amant
Me saute deux, trois fois par an
Et il est galant, mon mat’lot
Qui ne fait jamais trop :
Il me mène toujours en bateau
Et tient à m’conter des histoires
Trop belles pour que j’puisse y croire
Mais je m’laisse surprendre...
Ohé, ohé
Les beaux mat’lots [etc.]
3. Ça fait cinq ans que j’l’ai pas vu
Paraît pourtant qu’il soit r’venu
Car il est discret, mon mat’lot
Et je n’suis qu’une dans le lot :
Il s’en va dès qu’il t’aime trop.
Je doute fort que je l’regrette
Mais j’l’adorais quand c’tait la fête
Mêm’ si ça peut surprendre...
Ohé, ohé
Les beaux mat’lots du [etc.]
13 Juillet 2026








