mardi 3 février 2026

Vom Nichtbesitz

Possède-t-on l’autre ? Possède-t-on son corps ? Puisque quand cet autre s’en va, on dit qu’on l’a perdu. Peut-on perdre ce que l’on n’a jamais possédé ?
Quand tu as disparu – non par choix, mais forcée ; non parce que tu en avais eu assez de moi, mais suite à un enlèvement – on s’est perdus de vue. Je t’ai perdue de vue : voilà pourquoi je peux dire que je t’ai perdue, même si nous ne nous étions jamais appartenus mutuellement. On se voyait juste, et ce voir était simplement plus proche du verbe avoir que de n’importe quel autre. On se possédait donc en quelque sorte, même si nos corps n’étaient en fait ni notre propriété personnelle, ni celle de l’autre, mais appartenaient à des forces majeures, précisément celles qui nous ont fait naître et nous rencontrer. Elles nous avaient bien prêté vie, mais pas pleinement donné.

Wir waren wie Hunde an ihrer Leine:
Sie ließen uns einander ein wenig beschnuppern
Und dann zogen sie uns voneinander weg.
Endlos war sie nicht, die Geduld unserer Halter.

Gibt es ein genaueres Bild von dem
Was uns widerfuhr?

Wen kümmert es schon, wenn der eine Hund
Dem anderen nachschaut, weil der fortgezogen wird?
Zuhause wartet der Napf –
Es wird doch alles für das Tier getan. Aber
Von der Leine lassen kann man es beim Spaziergang nicht.

Wer weiß, was passieren würde?
Die haben ja alle so ihren eigenen Kopf
Und darin geht nur Hündisches vor.
Ab einem gewissen Punkt
Sind wir nur angeleint beherrschbar.


[Nous étions comme des chiens tenus en laisse :
Ils nous ont permis de nous renifler à peine
Et ensuite, ils nous ont séparés.
Elle n’était pas infinie, la patience de nos maîtres.

Existe-t-il une image plus précise
De ce qui nous est arrivé ?

Qui s’en soucie qu’un chien suit de l’œil un autre
Quand celui-ci est emmené loin ?
À la maison, la gamelle l’attend – tout
Est fait pour l’animal. Mais
On ne peut pas le détacher pendant la promenade.

Qui sait ce qui pourrait se passer ?
Ils ont tous leur tête à eux
Et ne pensent qu’à des choses de chiens.
À partir d’un certain point
Nous ne sommes contrôlables qu’en laisse.]


24 Janvier 2026

dimanche 1 février 2026

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