1.
Wer von etwas ein Foto macht, gibt preis
Wo er gerade steht
Wenn ihr es auch nicht seht –
Die Aussicht selber ist genug Beweis.
Verrat ich mich alleine dadurch, dass
Ich etwas sehe? Ist mein Stand=
Punkt deshalb schon bekannt?
Blick ich aufs Meer hinaus, macht mich das nass?
Ich steh halt so herum, als wär’s im Bild
Rede daher, mir selbst im Licht
Und denke: Wurstegal, man sieht mich nicht
Nur das, was ich im Sucher habe, gilt.
Doch niemandem entgeht die Witzgestalt
Die hinter den Allgemeinplätzen Eigenes lallt.
2.
Erst hinsehen
Dann hingehen.
Erst etwas befangen
Dann aber keck hinlangen
Und schnell einstecken
Fortlaufen, rausziehen, aufreißen, dran schlecken.
Pfui Deibel! Rein chemischer Himbeerrotz –
Weg damit bevor ich kotz!
Mal wieder übers Ohr gehaut
Wie häufig, wenn man sich was klaut.
Was auch die Farbe verspricht –
Aroma siehste nicht.
3.
Das weiß jeder, der es versucht
In seinem Wahn, in seiner Not
Als bräucht’s der Kunde wie ein Brot
Und dann seinen Käufer verflucht:
Das eigene Tun kann veräußert werden
Gehört einem dann nicht mehr
Und doch erst jetzt so sehr
Wie weniges Werk auf Erden.
4.
Alles in sich selbst verwandeln – wie soll das gehn?
Nichts leichter als das: Beim suchenden Wandern
Immer nur das Eigene sehn
Im andern.
Was bleibt dann von dir übrig, Kind?
Äußerlichkeiten, die keine sind.
5.
Es webt
Sich da einer sacht
So seine ganz eigene Haut
Wie ein Haus, das er nicht gebaut
Aber bewohnbar macht
Weil er drin lebt.
6.
Zum Eignen wird, was du zuerst
Nur wolltest, kann also wieder genommen
Werden, gehört dir nur vollkommen
Solange du es begehrst.
7.
Nur was du noch nicht hast
Gehört dir.
Wenigstens fast.
21. Februar 1026
lundi 23 février 2026
Aneignung
jeudi 19 février 2026
Du calcul mental
Was man sich an den Fingern abzählen kann, mag zwar niederschmetternd sein, ist aber schnell erschöpft. Sehr bald bringt nur noch Kopfrechnen weiter.
Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais
Le monde ne fait pas son âge.
Sa peau se régénère par nature, et la nature
Ne cesse de renaître : année après année, après l’hiver
Elle se pomponne et reprend ses airs de débutante.
La voilà en vieille indigne, la grande Mère
Vu le grand nombre de ses printemps.
Certes, vous pouvez avoir des avis, vous
Pouvez la regarder les yeux clos
Et néanmoins vous tromper.
Au contraire de vous, elle a raison, la vioque
Lorsqu’elle se met à danser dès qu’il fait un peu beau.
L’apparence d’éternelle jeunesse
N’est trompeuse que si l’on compte sur ses doigts
Si l’on ne fait que juger d’après le nombre
Comme si ce que l’on sait se laissait toucher.
Normal alors que le compte soit accablant.
Pour voir, fions-nous aux yeux et non pas aux doigts.
Le fameux cœur dont parlait l’autre – on peut
Parfaitement le laisser de côté.
Toi, désormais intouchable, hors du temps, à jamais
Infiniment jeune et belle :
Si je le désire, j’arrive à te voir, ça oui
Mais, quoi que je tente, je ne peux plus te toucher, ça non.
Ça explique presque tout, n’est-ce pas ?
18 Février 2026
mercredi 18 février 2026
La meilleure excuse
Hélas, on n’est plus entre soi : l’ami intime de la crème s’est révélé un monstre. Qui l’aurait cru ? Et la crème alors ? Tous ces cadeaux animés ou inanimés, ses gâteries, parfois mobiles, parfois immobiles – devenus notoires, rien que des pièges ? Le public des révélations étant ce qu’il est, mieux vaut en tirer les conséquences : ce mec-là, non seulement qu’on ne le connaît plus, on ne l’a même jamais connu. Pas un n’ose dire, les yeux dans les yeux du profane : « Et ben, jaloux le péquenot ? Oui, le monstre était mon ami, et au-delà du déshonneur et de la mort, il le reste. Est-ce qu’on n’a plus le droit de choisir ses potes, et les plaisirs qui vont avec ? » Mais non. Ça, pas un seul. Personne. Le contraire aurait été trop insolite ; ce n’est pas ainsi qu’on se comporte entre intimes lorsqu’on est de la crème. En démocratie faut savoir composer. Enfin, faut être d’abord grand pour pouvoir se dégonfler autant.
1. Du bruit des casseroles
Ce bruit qui assourdit nous a été
Épargné – il y règne un pur silence.
Ainsi, nous brillons mieux par notre absence.
Pour le quidam, quelle incroyable chance :
Loin du tumulte et de l’effervescence
En ne dépensant rien, point endetté.
Si l’on ne sait danser
L’écho lointain des fêtes
Suffit pour vivre en offensé.
2. Does ‘All Hat’ Really Mean ‘No Cattle’?
Is greed a skill, innate or taught
In top-tier universities?
Is it a whim, or science, fraught
Like instinct driving busy bees?
Does it increase with age, that slow
Decline, or is it, trauma-driven
Their fate, not just the smell of dough
That leads to addiction in the living?
I’m full of doubt and slant, the blend
Of one too lazy to contend.
3. Moral
Kleine Leute sind schnell stolz auf ihre kleinen Taten
Und es scheint fast eine Großtat, einen Großen
Zu zwingen, sich vom Sockel zu begeben.
So direkt ein Herunterstoßen kann man’s ja nicht nennen –
Dazu reicht, sogar gemeinsam, nicht die Kraft:
Sie sind sehr dick geraten, diese Sockel
Und wir Schwachen wollen ja auch keine so rechte Gewalt
Die sich schnell gegen uns selbst richten könnte;
Für den verletzten Stolz genügt es aber.
12. Februar 2026
vendredi 13 février 2026
mardi 10 février 2026
The Flowers of the Forest
Lors de ces batailles, c’est en règle générale la fleur de la jeunesse qui est fauchée, puis magnifiée dans les hymnes. Fleur de jeunesse au front, je veux bien, mais le rôle des vieux bougres ? Quand la cité est assaillie, sont-ils supposés se barricader dans leurs taupinières, façon Verdun ? Et si l’éternel sacrifice de la jeunesse relevait du mythe, et ceux qui se trouvent exposés en première ligne étaient les retranchés, les immobiles ? Mais non, n’exagérons rien, ce ne sont que des rayons de bibliothèques qui flambent.
Liberty bells: Old guns should not obey
Since, even earned, ’t will always stay an aim.
Now, what does mature mother Nature say
Flag-waving, milflike youth-seducing dame?
There’s this new crowd a crude belief informs:
The virgin mind is its own judge, they trust.
Then, most is game... except unchallenged norms
For all spins on I wish, unless I must.
Whose posture is pretense, and whose rings true?
The foremost brave sometimes don’t pick their fight
And act like dopes, content to applaud or boo
When others’ rants decide of what is right.
These days, fighting among them forest fools
Comes almost down to endorsing coward rules.
February 8, 2026
samedi 7 février 2026
Vom Selbstvertrauen
1. Retrospektive
Habe erstmals diesen spektakulären Neubau aufgesucht, der nun auch schon ein paar Jahre steht. Er wirkt inzwischen recht abgehalftert – zumindest von außen, wo er leider der Witterung ausgesetzt ist. Diese modernen Materialien sind eben etwas unbeständig, man baut schließlich nicht mehr für die Ewigkeit, und kann die Neuheit deshalb nur bewundern, solange sie brandneu ist. Frechheit, das ja, und zwar mit Sicherheit, aber kann sich unter diesen Umständen denn noch Selbstvertrauen entwickeln?
Ich sah die kalten Bilder jenes kalten
Und zynischen, des bestbezahlten Meisters.
Falls Farben: hässlich grün und gelb und chemisch
Und falls schwarzweiß, banal: Auschwitz und RAF.
Es soll die große Kunst, so denkt der Spießer
Die Wirklichkeit abbilden nach Natur
Und ist sie mies, dann soll der Genius bitte
Ebenso Mieses schaffen, dass es stimmt.
Es scheinen die geschlecktesten der Laffen
Die selbstbewusstesten, doch was bewusst
Heißt, hat unter den Menschen und den Affen
Die pfiffigere Gattung nie gewusst.
2. Vorhang
Der Samtvorhang schafft künstlich Dunkelheit
Doch ist meist zugezogen in der Nacht
Wenn man ihn gar nicht braucht. Ab Morgengrauen
Schiebt er das neue Licht dann lang hinaus.
Spätabends wird vorausgeplant: Es will
Wohl einer selbst bestimmen, wenn es tagt
Oder auch nur dem Mondschein trutzen, der
Freilich nur den stört, dem er nicht behagt.
Wie solch ein schwerer Vorhang fühl ich mich:
Such mir nach Sinn, wenn’s überflüssig ist
Sorg schon im Finstern vor und lass mir nicht
Aufzwingen, wann ich mich zurückziehn müsst.
Ist Eigensinn ihm aber zuzutrauen
Obwohl sich Tuch doch nie von selbst bewegt?
Was er verbirgt, ist jenes Selbstvertrauen
Das davon zehrt, dass es ein andrer regt.
5. Februar 2026
vendredi 6 février 2026
When Lust Comes to Trust
Dans la vie en société, la méfiance règne. À juste titre, il me semble. On élabore donc des contrats sociaux afin que les uns ne se fassent pas trop rouler par les autres.
En matière de relations intimes en revanche, la méfiance me paraît tout foutre en l’air, et tout contrat a priori contre-productif. Étant pris à la gorge, j’ai pourtant dû en signer un.
De tels traités entre amoureux ne pouvant qu’être iniques, celui que l’on m’avait proposé – ou plutôt imposé – l’était de la manière la plus flagrante : il me réservait tous les droits et libertés, madame s’octroyant l’ensemble des devoirs et obligations.
« Je ne peux pas signer ce torchon, me rebellai-je, ses clauses sont trop injustes ! » – « Elles sont non négociables, répondit-elle, catégorique. Mais, chéri, personne ne t’oblige à t’y soumettre. »
Quelle langue de vipère ! Après réflexion, j’ai donc signé des deux mains. Une fois prisonnier du diktat, je ne pouvais que m’astreindre aux devoirs et obligations qui n’y figuraient pas, tout en me gardant d’abuser des droits et libertés qui y figuraient. La chose se révéla étonnamment facile. J’ai alors compris que le seul contrat privé possible est un marché de dupes de cette sorte. La prétention de justice étouffe la flamme ; le kérosène de l’injustice la décuple.
Why so despondent since? How come
Empowerment appears to fail?
Why must I guess behind these glum
And huffy frowns the old female?
The potent yield whenever they
Feel traffic’s tightness should be eased.
Wealth is the strength to give away
Without the fear of being fleeced.
I couldn’t dream I’d ever see
Someone so far from power plays
To meld with ancient pliancy
The edge of radiant nowadays.
February 4, 2026
mardi 3 février 2026
Vom Nichtbesitz
Possède-t-on l’autre ? Possède-t-on son corps ? Puisque quand cet autre s’en va, on dit qu’on l’a perdu. Peut-on perdre ce que l’on n’a jamais possédé ?
Quand tu as disparu – non par choix, mais forcée ; non parce que tu en avais eu assez de moi, mais suite à un enlèvement – on s’est perdus de vue. Je t’ai perdue de vue : voilà pourquoi je peux dire que je t’ai perdue, même si nous ne nous étions jamais appartenus mutuellement. On se voyait juste, et ce voir était simplement plus proche du verbe avoir que de n’importe quel autre. On se possédait donc en quelque sorte, même si nos corps n’étaient en fait ni notre propriété personnelle, ni celle de l’autre, mais appartenaient à des forces majeures, précisément celles qui nous ont fait naître et nous rencontrer. Elles nous avaient bien prêté vie, mais pas pleinement donné.
Wir waren wie Hunde an ihrer Leine:
Sie ließen uns einander ein wenig beschnuppern
Und dann zogen sie uns voneinander weg.
Endlos war sie nicht, die Geduld unserer Halter.
Gibt es ein genaueres Bild von dem
Was uns widerfuhr?
Wen kümmert es schon, wenn der eine Hund
Dem anderen nachschaut, weil der fortgezogen wird?
Zuhause wartet der Napf –
Es wird doch alles für das Tier getan. Aber
Von der Leine lassen kann man es beim Spaziergang nicht.
Wer weiß, was passieren würde?
Die haben ja alle so ihren eigenen Kopf
Und darin geht nur Hündisches vor.
Ab einem gewissen Punkt
Sind wir nur angeleint beherrschbar.
[Nous étions comme des chiens tenus en laisse :
Ils nous ont permis de nous renifler à peine
Et ensuite, ils nous ont séparés.
Elle n’était pas infinie, la patience de nos maîtres.
Existe-t-il une image plus précise
De ce qui nous est arrivé ?
Qui s’en soucie qu’un chien suit de l’œil un autre
Quand celui-ci est emmené loin ?
À la maison, la gamelle l’attend – tout
Est fait pour l’animal. Mais
On ne peut pas le détacher pendant la promenade.
Qui sait ce qui pourrait se passer ?
Ils ont tous leur tête à eux
Et ne pensent qu’à des choses de chiens.
À partir d’un certain point
Nous ne sommes contrôlables qu’en laisse.]
24 Janvier 2026

