mardi 14 juillet 2026

Lehrgedicht über die späten Sinne

„Immer noch besser, nichts zu lernen aus einem Lehrgedicht als Mumpitz (humbugum docens). Die schändlichsten Lehrgedichte aber lehren, was jeder weiß.“          Ovidius Naso


Ouïe

Toujours un bruit de fond
On l’entend ou on ne l’entend pas
Cela ne dépend pas du bruit
Mais de l’humeur.
De l’humeur du moment, quoi.

En fait, c’est l’humeur qui bourdonne.


Odorat


Il sent ses doigts, ses doigts à lui.
Désormais
Sa propre odeur doit suffire.
Elle avait toujours été plus forte
Que celle de l’autre.

On perd au passage.


Goût


Le goût dans la bouche
Est celui du jeûne.
La bouche se met à avoir du goût
Lorsque depuis un bon moment
On n’a rien mangé qui pourrait le masquer.

Dégustez la bouche vide.


Vue

Il a des problèmes de vue :
Les couleurs coulent. Décidément
Le monde devient un tableau
Avec pas mal de caractère, à surface pâteuse.

Oui, on aperçoit de plus en plus
La patte de l’artiste.


Toucher

L’absente ne se laisse plus toucher
Mais quoi que je touche
Le simple fait
De pouvoir le toucher
Me la rappelle.

Elle reste en arrière-toucher.


12 Juillet 2026

[Publicus Ovidii nasus]

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