samedi 4 juillet 2026

Brièvement sur l’ignorance

Être aimé de sa femme et de son enfant, et peut-être de quelques proches qui te connaissent très bien, vaut-il mieux qu’être aimé, voire adoré, par une foule immense qui ne te connaît pas, ou croit te connaître par le truchement du petit écran ? C’est pourtant l’adhésion amoureuse de cette foule qu’il faut rechercher pour trouver une place dans le monde. Qui n’est aimé que de ceux qui le connaissent n’arrive à rien. Seul l’amour des inconnus mène à quelque chose ; seule compte l’adoration fondée sur des faux-semblants. Mais regardons ça d’un peu plus près.
Si l’ignorance était le non-savoir, cela se saurait. En réalité, l’ignorance est le seul savoir qui vaille. Tous ces hommes qui accumulent les suffrages, et les mariages, doivent bien avoir un secret, ne serait-ce qu’un banal pacte avec le diable.
Est-il étonnant que je m’en méfie comme de la peste ? Que je ne prête plus attention à leurs promesses ? Que je demeure étanche à leurs plus beaux discours ? Dès qu’ils en sont à leur quatrième épouse, parfois même à partir de la troisième, je n’y vois plus rien d’autre que des fats, infidèles et menteurs.
Indiscutablement, je ne suis fait ni pour la démocratie ni pour le monde littéraire. Je ne suis fait, paraît-il, que pour ce qui n’a aucune valeur.


Die Blume hängt so sehr vom Schwirren ab
Wie emsig Schwirrende von ihr –
Sie tut vielleicht nicht viel dafür
Doch wartet schamlos blühend ab.

So aber läuft es meistens nicht
In der von Menschen bestimmten Natur:
Dort lohnt sich jene Mühe nur
Die gärtnerisch nicht hegt, was sie verspricht

Und folglich keine Schönheit ist
Und höchstens tut wie das Insekt
Das jedes Blümchen unbefleckt
Beglückt, plündernd ermöglicht und vergisst.

[Ob jemand direkt schön ist oder nicht, hängt freilich nicht von der Kleidung ab; ob jemand Geschmack hat, dagegen schon. Aber ist ein Mensch mit Geschmack schöner als einer ohne?
Ich sitze in der sommerlichen Metro und finde das Geblümelte dieser Dame echt hübsch – es hat so was bewusst Kunstgewerbliches; ihr Gesicht hat das auch, und da ist es weniger vorteilhaft. Das schöne Kleid nützt nichts. Oder doch? Ohne wäre sie mir ja überhaupt nicht aufgefallen, die da in ihrem Geblümelten, mit ihren groben Zügen.
Würde ich sie näher kennen, bliebe vermutlich nur der Geschmack übrig, das Gesicht würde vergessen. Nur auf den ersten Blick stört da was, und das Kleid rettet es sozusagen vorzeitig.
Oh, wäre es doch nur immer so, dass der Kern hinter der Schale zurücktritt!]


3. Juli 2026