samedi 12 septembre 2026

Sens de l’itération

En prenant de l’âge, je constate qu’il y a de plus en plus de rediffusions à la télé. Et quand je me promène dans une librairie, je me rends compte que les livres qui m’intéressent, je les possède en règle générale depuis longtemps. Parfois je me trompe parce que l’éditeur en a changé la couverture, ou même le titre, mais c’est du coup une ruse. Je remarque aussi, quant à mes propres écrits, que les redites s’y accumulent. J’en donnerai un exemple par la suite.
D’un autre côté, si je me suis bel et bien laissé entraîner dans l’achat de films sur DVD, ceux-là, je ne les regarde jamais une deuxième fois ; c’est seulement à la télé que cela m’arrive. Bon, certains de ces DVD ne sont présents que par nécessité, non pas pour être mis dans le lecteur. Ainsi ceux de Lanzmann. Je n’aime pas trop ses livres – il a un vrai problème, le bonhomme : il y ramène sans cesse sa fraise – mais ses films sont de l’ordre de l’indispensable, et que je les regarde, systématiquement, lorsqu’ils sont rediffusés, ne change rien au sort des DVD. L’indispensable a toujours besoin de s’imposer à un moment imprévisible, non choisi par soi-même. Je suis aussi convaincu que chacun regarde ces films de façon différente. J’ouvre le programme et me dis : voilà encore une longue soirée gâchée par l’ananké. L’implication est complètement individuelle. J’ignore comment quelqu’un dont l’histoire familiale serait différente de la mienne les perçoit, ma chérie comprise. De même, je ne sais rien sur les lois qui régissent l’itération, alors qu’invariablement j’en ressens l’impérieux.


Sa bienveillance était telle
Que j’aurais pu tout me permettre.
Quasiment tout.

En un sens
Elle tenait davantage de la mère
Que de l’amante.

Pourquoi insister sur ce point ?
N’aurait-il pas suffi
Qu’elle fût l’amante qu’elle était ?

Oui, ça m’aurait suffi.
Oui, ça m’aurait suffi.
Oui, ça m’aurait suffi.

Mais quand je le chantonne
Ne serait-ce pas plus que trois fois
Je pense à la sortie d’Égypte

Et à la pointe d’amertume
Qui rend le tout si poignant, et
C’est à travers les larmes

Que je lui rends grâce.
Et grâce.
Et grâce.

12 Septembre 2026

Aucun commentaire: