lundi 7 septembre 2026

Choses II

 i.

Tous ces gens qui étaient sur terre
Et qui n’y sont plus
Et qui m’ont laissé des choses
Dont je me sers tous les jours, ces mêmes choses
Je me demande comment je ferais sans.

Quand on est jeune
Et tout le monde est encore éternel
On n’a même pas idée
Que les seules choses vraiment nécessaires
Sont celles dont on a hérité de la part de morts.

On serait encore à la préhistoire sinon
Et tous ces trucs plus modernes
Qu’on peut acheter en les croyant supérieurs
En réalité ne valent rien, car rien de ce
Dont on n’a pas hérité vaut quelque chose.

Peut-être cette valeur, elles l’acquerront
Au moment de notre mort
Lorsque nos héritiers en prendront possession
Comme on prend possession
De quelque chose qui nous est simplement due

Mais
Nous n’en savons fichtrement rien
Et ce serait de l’ordre de la vanité
La plus stupide
D’y penser dès maintenant.



ii.

Le bleu du ciel, à coup sûr moins morose
Dehors – parmi les gens, quelle importance ?
Je rentrais, et la simple circonstance
D’être bientôt chez moi teintait les choses.

Même quand tu te glisses dans la foule
Tes pas t’amènent où tu te diriges :
Vers quatre murs, tapissés de vestiges
Le vrai creuset d’où les journées s’écoulent.

Ta tombe, mi-Paris, mi-état d’âme
Fût-ce une termitière ou un étui :
Ces choses restent quand tout s’est enfui.
Toujours pas le moment d’en faire un drame.


5 Septembre 2026

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