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jeudi 16 juillet 2026
mercredi 15 juillet 2026
Deux chansons d’époque
1. Chanson humaniste
C’est agaçant : devant le Resto du Cœur ils attendent la clope à la main. En nouveau réac, je me dis : pour fumer, ils les ont, les moyens. Est-ce que moi, je me permets ce luxe ? À croire que ça ne manque de rien. Je devrais me mettre dans la queue.
À qui se comparer, à eux ou au voisin ?
Aux grands yeux du Sahel ou au connard rupin ?
Les grands yeux sont faits pour t’émouvoir pour pas cher
Et le voisin pour t’enrager gratos, pépèr’ !
Or, les grands yeux sont loin, et le voisin est proche –
Laissons donc couler l’eau exprès contre la gauche !
Nous aussi, on veut notre part du gaspillage :
Si lui roule en Tesla, faut de l’équilibrage !
Indécent d’affirmer que la misère existe
Aussi chez nous ? « Aussi chez nous » dit le fumiste.
Quand j’entends nos défavorisés, je m’irrite
Mais quand c’est l’patronat qui geint, je régurgite.
Cela est sûr : si leurs mères célibataires
M’énervent, qu’on m’épargne les milieux d’affaires !
Quant aux bien pensants convertis à l’entreprise
Je leur souhaite un max de mauvaises surprises.
2. Chanson réaliste
1. J’suis p’être une fille à cinquant’ balles
Mais j’ai l’cœur qui parfois s’emballe
Et il est trop beau, mon mat’lot
Que j’ai dans la peau :
Il m’apporte toujours un cadeau
Des Îles, d’Shanghaï ou d’Corée –
Vérole, chancre ou gonorrhée
Il tient à me surprendre...
Ohé, ohé
Les beaux mat’lots du French Annam
Sont par nature polygames –
Trop d’femmes rêvent du grand amour ;
Moi, j’pourrais pas tous les jours.
2. Ça m’suffit bien si mon amant
Me saute deux, trois fois par an
Et il est galant, mon mat’lot
Qui ne fait jamais trop :
Il me mène toujours en bateau
Et tient à m’conter des histoires
Trop belles pour que j’puisse y croire
Mais je m’laisse surprendre...
Ohé, ohé
Les beaux mat’lots [etc.]
3. Ça fait cinq ans que j’l’ai pas vu
Paraît pourtant qu’il soit r’venu
Car il est discret, mon mat’lot
Et je n’suis qu’une dans le lot :
Il s’en va dès qu’il t’aime trop.
Je doute fort que je l’regrette
Mais j’l’adorais quand c’tait la fête
Mêm’ si ça peut surprendre...
Ohé, ohé
Les beaux mat’lots du [etc.]
13 Juillet 2026
mardi 14 juillet 2026
Lehrgedicht über die späten Sinne
„Immer noch besser, nichts zu lernen aus einem Lehrgedicht als Mumpitz (humbugum docens). Die schändlichsten Lehrgedichte aber lehren, was jeder weiß.“ Ovidius Naso
Ouïe
Toujours un bruit de fond
On l’entend ou on ne l’entend pas
Cela ne dépend pas du bruit
Mais de l’humeur.
De l’humeur du moment, quoi.
En fait, c’est l’humeur qui bourdonne.
Odorat
Il sent ses doigts, ses doigts à lui.
Désormais
Sa propre odeur doit suffire.
Elle avait toujours été plus forte
Que celle de l’autre.
On perd au passage.
Goût
Le goût dans la bouche
Est celui du jeûne.
La bouche se met à avoir du goût
Lorsque depuis un bon moment
On n’a rien mangé qui pourrait le masquer.
Dégustez la bouche vide.
Vue
Il a des problèmes de vue :
Les couleurs coulent. Décidément
Le monde devient un tableau
Avec pas mal de caractère, à surface pâteuse.
Oui, on aperçoit de plus en plus
La patte de l’artiste.
Toucher
L’absente ne se laisse plus toucher
Mais quoi que je touche
Le simple fait
De pouvoir le toucher
Me la rappelle.
Elle reste en arrière-toucher.
12 Juillet 2026
lundi 13 juillet 2026
Due poesie politiche
1. Réflexions sur la question goïe
Die Geschmäcker sind verschieden, sagt man, und das hatte er bei seinen Freunden auch immer wieder selbst festgestellt, namentlich wenn es um deren Partnerinnen ging, und deshalb wunderte es ihn auch sehr, dass trotz alledem in vielen Bereichen weitgehend Einigkeit herrschte. Es war erstaunlich, wie sie doch alle übereinstimmten, dass man bei Gianni immer noch besser aß als in der Mühle, seit die diesen neuen Besitzer hatte, und der Grieche dem Portugiesen bei gleichem Preisniveau zweifelsfrei nachstand, dass die Ente des Chinesen wirklich top war, während sein Süßsaures, nun ja, doch sehr chinesisch, aber dass man dort immer noch gemütlicher saß als beim Thai in der Hauptstraße, obwohl der immer proppenvoll war. Wie konnte das sein? Kannte er denn nur Leute aus derselben Blase?
Le goï de nos jours surestime le non-goï – cela
A des raisons historiques ;
Et lorsqu’il s’avère que ce non-goï
N’est pas systématiquement un intellectuel de haute tenue
Le goï se désole.
Comment peuvent-ils, eux
Qui ont subi tant de massacres ? On dirait
Que les horreurs ne leur ont strictement rien appris.
Pourquoi ne nous prennent-ils pas en exemple
Nous, qui expions depuis belle lurette ?
La question goïe est une question de goût.
Seulement le non-goï sait qu’en matière de bouffe
La cuisine goïe reste le modèle
L’éternel idéal à émuler, le mouton bien préparé
Dépassant le cochon en cochonnité.
Quant à la guerre
Le goï a des idées bien faites, nées
Des misères qu’il a infligées au non-goï
Qui, lui, ne semble pas comprendre
Son fâcheux retard en ce domaine.
Quand je mange du mouton bien préparé
Automatiquement, je pense à la question goïe
Et je me dis qu’il est bien
Qu’au moins dans le domaine du goût
On se rencontre.
2. Cimitero Acattolico
J’ai joué dans un péplum, peut-être Alexandre le Grand, ma mère enceinte ayant fait de la figuration à Madrid – celle d’une esclave enchaînée, je pense. Je n’ai jamais réussi à la dénicher dans la foule des navets tournés à l’époque en Espagne, mais savoir que je figure quelque part suffit pour m’enorgueillir d’être acteur intra-utérin, les seuls valables étant ceux qui ne sont pas encore nés.
On y a enterré Gramsci.
Pour le moins était-on d’accord sur une chose :
Il est acattolico.
I cattolici
Qui peuvent parfaitement être de gauche
Ne pourront jamais le compter parmi les leurs.
Caro Antonio
Même mort tu nous apprends
Qu’ici-bas il faut être a- quoiqu’il arrive.
Quant au reste, on s’en fout.
Carrément.
11 Juillet 2026
dimanche 12 juillet 2026
Alte und neue Welt
1. Le fantasme serait-il contemporain ?
Ihm fiel das nicht leicht, doch er tat, was sie wollte. Er war dazu erzogen worden, seiner Frau alle Wünsche zu erfüllen, und gehorchte ihr schweren Herzens auch, als sie mit einer Peitsche in der Hand erschien und ihm zu verstehen gab, dass sie erst genommen werden wollte, wenn ihre bildhübschen Pobacken von oben bis unten verstriemt seien. Dafür dürfe er sich Zeit lassen. Sie ist eben stolz auf ihren Hintern, sagte er sich.
Sie wollte aber immer mehr von ihm, und irgendwann streckte er die Waffen. ‚Hör endlich auf, Pornos zu gucken!‘ meinte er, obwohl er sicher war, dass ihr das alles von alleine einfiel. ‚Wenn du verlangst, dass ich dich krankenhausreif prügle, verweigere ich mich. Und Mord und Totschlag kommt gleich gar nicht in Frage. Schmink dir das ab. Popo versohlen und Fesseln ist das Äußerste.‘ – ‚Was du doch für ein verdammter Schwächling bist!‘ giftete sie. Die Ohrfeige, die sie darauf erhielt, kam ganz spontan. Es war die erste unaufgeforderte.“
Es ist hier etwas frei dargestellt – der
Geschichtenerzähler hat so seine eigenen Wahrheiten
Und schabt aus Anekdoten zu viel Weisheit heraus, besonders
Die Familienverhältnisse stimmen nicht
Aber ziemlich was dran ist schon, und deshalb
Wussten die Mädels einfach nicht
Wem sie da im Hörsaal ihr bisschen Busen zeigten – ja
Sie wären es gewesen, die eine Abreibung verdient hätten.
Doch er zog sich nur wie eine Schildkröte
In seinen Panzer zurück
Und starb.
Und diese Kinderchen dachten auch noch
Es sei aufgrund ihrer Zeigefreudigkeit geschehen;
Die sei für den Alten zu viel gewesen, weil
Der solche Pracht wohl überhaupt noch nie gesehen hatte
In seiner schrecklich feinen Art.
Aber so grob denkt jede Jugend.
Das Grobe ist ihr eigentliches Geheimnis
Und der eigentliche Charme von Unerfahrenen.
Er hätte das wissen müssen
Und anstatt verbittert abzutreten
Lächelnd vergeben.
2. Nice Guys
While nice guys always finish last
There is a balm in losing:
You’d rather leave unconquered those
You would not find amusing.
If you don’t suit them, they won’t do –
There is no better cure.
Youth passes like a whiff, give them
That moment to mature.
– I fancy youth, I do not want
To leave one fine thing out.
Before reviling those, perpend
What you’re talking about.
July 11, 2026
samedi 11 juillet 2026
Ikarus und so weiter
i.
Unerfahren ist ein Adjektiv
Das sehr aufgeladen ist, sinnlich, es weist
Auf jugendliche Haut, Verwehrheit und Verlangen.
Es ist ein allzu helles Licht.
Unerfahren zieht an – Kampferprobte
Mögen sich totschlagen um eine Unerfahrene.
Ich kann mich noch gut an diese erste Erfahrung erinnern:
Am Flughafen. Das helle Licht lockte
Und das Gitter davor ließ ein Kinderfingerchen durch.
Gefährlich, ein zu breites Gitter –
Das Kind auf meinem Arm streckte die Hand aus.
Ich warnte: Vorsicht, das ist heiß!
Sei es, dass das Kind mir nicht glaubte, sei es
Dass der Reiz, der vom Gleißen ausging, zu stark war –
Das Kind steckte sein Fingerchen jedenfalls durch das Gitter
Zog es sofort wieder
Zurück
Und schrie.
Zur Sonne, zur Sonne!
So eine besser in Ruhe lassen, jetzt weißt du es also.
Manchem, was lockt, strebt man nicht zu, eine strenge Lektion.
Kinder überleben es, Motten nicht. Aber auch
Ein Ikarus verkraftete das nicht. Mir
Blieb das Bild eingebrannt.
Das Kind, das längst keines mehr ist
Hat es sicherlich vergessen.
Dem Erwachsenen kommt Erfahrung aus dem Nichts.
Ich kenne welche, die sich nicht mehr erinnern
Wann sie ihre Unschuld verloren haben. Ihre nackten Füße
Waren schlicht über das Bett hinausgewachsen.
ii.
Artémis, intacte éternelle
Est pourtant loin d’être innocente.
Phébus, blondeur de pimprenelle
Sévit la fureur peu décente.
Pour faire montre de candeur
Sois Actéon, Atys, Icare :
Aussi impuissant que frondeur
Approchant l’impur en ignare.
Les dieux sont farouches en Grèce –
Rien ne les retient ni les presse.
Toi, bride-la, ton impatience
Puis suis tes élans sans conscience !
7 Juillet 2026
dimanche 5 juillet 2026
Tzedakah
Mein Großvater überlebte in einem Versteck. Versteckt von einer Dame, deren Gründe ich nicht kenne. Falls sie einem Juden half, war sie eine Gerechte unter den Völkern; falls sie jedoch nur ihren Liebhaber versteckte – mein Großvater hatte viel Erfolg bei den Damen, darunter zeitweise auch meine bildhübsche Großmutter – dann war sie keine Gerechte, sondern eine stinknormale verliebte Frau. Vielleicht sah auch sie ja ziemlich gut aus. Da mein Großvater vor meiner Geburt starb, und mein Vater ihn nur als Kind kannte – bevor der Erzeuger nämlich zur nächsten Liebschaft weiterzog – bleibt die Sache für immer im Dunkeln. Sei es, wie es will: Ich hab das mit dem Gerechtsein ohne Verliebheit noch nie so richtig nachvollziehen können.
1. Sehr viel Geschäft
Sehr viel Geschäft von früh bis spät
In Städten lang und breit –
Wenn ich nicht selbst drin leben tät
Bekäm ich Übelkeit.
Der Nachbar hat sich ein Gerät
Gekauft und unters Dach
Montiert. Es surrt, wenn sich was dreht –
Mich störts, ihn nicht. Sein Krach.
Beim Lehren stört die Sympathie
Mehr als das Einerlei:
Ich brächte nur den Kindern, die
Ich leiden kann, was bei.
Wäre Gerechtsein eine Pflicht
Und nicht ein fernes Ziel
Dann gäb es auch ein Weltgericht
Und drum herum nicht viel.
2. They’re Rubber, We’re Glue
Ich zweifle keine Sekunde daran
Dass diese Silberfischchen, von denen ich
Zwei schlicht und einfach den Ausguss hinunterspüle
Unsereinen überleben werden.
Es ist nicht viel an ihnen, aber sie sind die Stärkeren.
Ich kam ins Bad, und da wollten sie weghuschen
Doch ich drehte fix den Hahn auf. Wozu hat man denn seine
Entwickelte Säugetierintelligenz?
Kein direkter Ekel
Aber doch unerwünschte Gäste
Solange es uns noch gibt – und sage ich uns, meine ich mich.
Als ob ich hier der Hausherr wäre mit meiner Identität.
Im Spiegel
Dann auch kein direkter Ekel
Aber doch auch fast ein unerwünschter Gast:
Nicht mal harmlose Silberfischchen kannste in Ruhe lassen.
Ist das Neid?
– Du wohnst hier eben auch nicht so recht
Erscheinst ja nur dann, wenn ich auch gerade da bin.
Husche ich weg, musst du es mir nachmachen.
Wir sind diesbezüglich wie die beiden Silberfischchen.
Bloß waren die nicht schnell genug. Ihr Pech.
– Kein Pech, Vorsehung. Haben schlicht mehr Zeit als wir.
Und verständiger sind sie übrigens auch. Wer mit dem
Eigenen Spiegelbild über so etwas Streit anfängt
Hat sie ja wohl nicht mehr alle.
[Mon grand-père a survécu dans une planque, caché par une dame dont j’ignore la raison. Si elle a aidé un juif, c’est une Juste parmi les nations ; mais si elle a seulement caché son amoureux – mon grand-père avait beaucoup de succès auprès des dames, dont ma très jolie grand-mère pendant un temps – elle n’était rien qu’une femme amoureuse tout à fait normale. Peut-être était-elle aussi bien belle. Puisque mon grand-père est mort avant ma naissance, et mon père ne l’a connu qu’enfant – avant de le voir partir vers d’autres conquêtes – cette chose restera à jamais incertaine. En tout cas, j’ai toujours douté de la possibilité d’être juste sans être quelque peu amoureux.]
2 Juillet 2026
samedi 4 juillet 2026
Brièvement sur l’ignorance
Être aimé de sa femme et de son enfant, et peut-être de quelques proches qui te connaissent très bien, vaut-il mieux qu’être aimé, voire adoré, par une foule immense qui ne te connaît pas, ou croit te connaître par le truchement du petit écran ? C’est pourtant l’adhésion amoureuse de cette foule qu’il faut rechercher pour trouver une place dans le monde. Qui n’est aimé que de ceux qui le connaissent n’arrive à rien. Seul l’amour des inconnus mène à quelque chose ; seule compte l’adoration fondée sur des faux-semblants. Mais regardons ça d’un peu plus près.
Si l’ignorance était le non-savoir, cela se saurait. En réalité, l’ignorance est le seul savoir qui vaille. Tous ces hommes qui accumulent les suffrages, et les mariages, doivent bien avoir un secret, ne serait-ce qu’un banal pacte avec le diable.
Est-il étonnant que je m’en méfie comme de la peste ? Que je ne prête plus attention à leurs promesses ? Que je demeure étanche à leurs plus beaux discours ? Dès qu’ils en sont à leur quatrième épouse, parfois même à partir de la troisième, je n’y vois plus rien d’autre que des fats, infidèles et menteurs.
Indiscutablement, je ne suis fait ni pour la démocratie ni pour le monde littéraire. Je ne suis fait, paraît-il, que pour ce qui n’a aucune valeur.
Die Blume hängt so sehr vom Schwirren ab
Wie emsig Schwirrende von ihr –
Sie tut vielleicht nicht viel dafür
Doch wartet schamlos blühend ab.
So aber läuft es meistens nicht
In der von Menschen bestimmten Natur:
Dort lohnt sich jene Mühe nur
Die gärtnerisch nicht hegt, was sie verspricht
Und folglich keine Schönheit ist
Und höchstens tut wie das Insekt
Das jedes Blümchen unbefleckt
Beglückt, plündernd ermöglicht und vergisst.
[Ob jemand direkt schön ist oder nicht, hängt freilich nicht von der Kleidung ab; ob jemand Geschmack hat, dagegen schon. Aber ist ein Mensch mit Geschmack schöner als einer ohne?
Ich sitze in der sommerlichen Metro und finde das Geblümelte dieser Dame echt hübsch – es hat so was bewusst Kunstgewerbliches; ihr Gesicht hat das auch, und da ist es weniger vorteilhaft. Das schöne Kleid nützt nichts. Oder doch? Ohne wäre sie mir ja überhaupt nicht aufgefallen, die da in ihrem Geblümelten, mit ihren groben Zügen.
Würde ich sie näher kennen, bliebe vermutlich nur der Geschmack übrig, das Gesicht würde vergessen. Nur auf den ersten Blick stört da was, und das Kleid rettet es sozusagen vorzeitig.
Oh, wäre es doch nur immer so, dass der Kern hinter der Schale zurücktritt!]
3. Juli 2026
lundi 22 juin 2026
La familiarité tue
En l’espèce, je suis bien moins maniaque que Barthes et je les vois donc habillés ; mais tous ces gens-là avec leurs têtes différentes, me dis-je, ils sont tous accoutumés depuis longtemps à leur gueule, aussi bizarre soit-elle, et leurs proches aussi. C’est seulement moi qui, en les rencontrant pour la première fois, les vois tels qu’ils sont – ou ne sont justement pas. Dès qu’on connaît le quidam un petit peu, la plus étrange des figures nous paraît normale. Mais quoi en faire, de cette durée ? Si l’on la fréquente assez longuement, le visage de la mort devient, lui aussi, une évidence. La familiarité tue.
Gradually, she sort of became close to that guy
And I’m tempted to say: dangerously close – but
She knew I was jealous and wouldn’t take it further.
Even if she was lying in bed with him
Grim Reaper smoking his cigarette beside her
I don’t think they actually made love.
So, when I came in, usually a bit out of it
And saw them both like that
No real need to explain.
I knew this couldn’t be adultery
They were just sharing the space, the way
One may share it with a close relative.
The only problem:
She’d talk
But Reaper wouldn’t.
Completely at ease
Simply smiling
Simply grim
He calmly waited for her to be ready, and as
These composed fellows always do
At the end, he got her.
Should I say once in his hands she was no longer herself?
Should I hope it was her shadow?
I gladly convinced myself of one thing:
She wouldn’t give him what I had with her, so
Nothing more pointless than my all too human jealousy
And still, I hate this grinning face more than anything else on earth.
June 21, 2026
dimanche 21 juin 2026
Woran das Herz hängt
Was trifft der schon, des blinden Amors Pfeil?
Man kennt die Fehler derer, die man wirklich liebt
Was eventuell etwas zu denken gibt
Doch nie am Lieben hindert, ganz im Gegenteil.
Was für ein tumbes Volk in seiner Nacht
Das reine Engel nur lieben zu können meint
Die Augen schließt und Liebe selbst verneint
Schon lang bevors aus seinem Traum erschreckt erwacht.
19. Juni 2026
samedi 20 juin 2026
Pessimisme
Je relis ce vieux classique de James Baldwin que sont les Notes of a Native Son. Peut-être qu’au fond les choses n’ont pas tellement changé, et c’est déprimant. Ce qui a changé, en revanche, c’est mon regard sur la fatalité. Je ne suis plus du tout d’accord. Mais qui suis-je pour être d’accord ou non avec une fatalité ?
Il y a une dizaine d’années, à Saint-Paul-de-Vence, malgré les efforts de ses admirateurs, sa maison a été rasée. On ne l’y connaissait pas. Ou alors : rien à branler. Mais enfin, qu’est-ce qu’il est allé foutre là-bas ?
Aujourd’hui, le député local est d’extrême droite, élu au premier tour. Et ce n’est pas une nouveauté. Cette région compte depuis longtemps parmi les plus réactionnaires de France. Que des célébrités s’y soient installées en masse n’a pas changé grand-chose. Ou plutôt si : cela a enrichi des cambroussards.
Je me suis dit que Baldwin n’avait pas choisi le bon coin. Que son pessimisme s’explique aussi par le fait qu’une fois de plus, il s’était retrouvé dans un endroit qui lui donnait raison. Mais qui suis-je donc pour penser cela, moi qui, par la force des choses, vis à la lisière de la beauté, en banlieue rouge, à bonne distance des villages perchés ?
i.
Les choses sont pourtant simples :
Il faut choisir entre le beau et le vrai –
Et seulement le vrai peut être aussi le bon. Par nature
Le beau n’est ni le bon ni le vrai
Comme prétendaient les Grecs, démocrates esclavagistes.
Leurs lointains successeurs
Semblent commettre la même erreur
Et même leurs métèques tombent parfois dans le panneau.
Comme un dénommé Kravchenko
J’ai choisi la liberté :
Le moins beau mais le plus vrai
Voire un tantinet plus bon.
Mais il faut avoir le luxe de choisir
Et seule la gêne financière le permet ;
Sinon, on se laisse séduire.
L’intelligence
Ne l’emporte jamais sur la tentation
Et c’est ça la méchante beauté de ce monde.
Il faut alors la trouver où elle se cache.
Et vous appelez ça du pessimisme ?
ii.
Dire qu’on a une vie derrière soi, revient à constater
D’avoir le gros de la fatalité derrière soi.
La jeunesse l’a devant elle.
Nous, par exemple, quand on s’est connus
C’était une fatalité avant la fatalité –
Une belle avant une moche.
Ce groupe d’adolescents quelque peu excités
Parlant en italien, il m’évoque fatalement des voyages.
Je les vois sans qu’ils me voient – moi
Qui les regarde à travers le prisme de souvenirs.
Sans me voir en eux, j’aperçois la fatalité qui s’installe
Et s’est installée dans la caissière
Venue des îles, comme on dit, cet autre paradis
Dame d’un certain âge que, eux, ils ne voient pas non plus.
Et qu’ils quittent sans lui dire au revoir.
Que faut-il en déduire ?
Au point où j’en suis, à vrai dire, je n’en déduis plus rien.
18 Juin 2026
jeudi 18 juin 2026
Optimisme
[Tu as passé ta vie dans un ermitage, me dit-on
Et on vit peu dans un ermitage.
– Oui, tu as raison, répliqué-je, on y est obligé
De vivre intensément.
La plupart des gens vivent dans un ermitage
Le grand air est réservé aux happy few.
– Les grands créateurs sont des happy few, me dit-on
Ce récit d’émigration intérieure, rien que de la consolation.
– Tu as une vue bien optimiste, répliqué-je.
J’ai vécu où les gens vivent ;
Est-ce que pour ça je n’aurais rien à raconter ?
Faut-il avoir une vie qui leur est interdite ?
La création, serait-elle une affaire de palais
Racontée aux chaumières ?
En effet, je ne suis pas le Prince Albert des lettres.
Suis-je donc trop optimiste ?
– Oui, tu l’es.]
Dans la chambre du palliatif
Toi, juste assez remontée sur les coussins
Pour pouvoir manger lentement, pensivement ta madeleine
Et moi, à côté, en train de lire le journal –
Quel calme presque surnaturel
Malgré le bruit lointain venant des infirmières.
Mais dehors, vraiment dehors
La vie continuait, la vie qui
En théorie, m’attendait moi, mais plus toi.
C’était peut-être parce que toi, avant
Avais été bien davantage en elle
Ayant ainsi fini plus rapidement avec cette vie.
Moi, elle m’attendait encore
Et elle m’attend toujours.
Dehors, tant de choses se passent
Que d’une certaine façon
Mon optimisme
Même sans toi
Me paraît inébranlable.
17 Juin 2026
samedi 13 juin 2026
Festland
i.
Ein Joseph Brodsky zum Beispiel, der wie alle geschwätzigen Leute hin und wieder etwas Kluges sagt, doch meistens nur so rieselt – das scheint mir etwas sehr Russisches zu sein – dieser selbstbewusste Brodsky jedenfalls war äußerst erfolgreich bei der Durchsetzung seiner Interessen. Andere setzen sich weniger durch. Denen höre ich konzentrierter zu. Letztlich ermüden mich nur die nicht, die selbst zu müde waren um sich durchzusetzen. Man bleibt eben gerne unter sich.
Brodsky scheint Venedig, diese touristische Hauptattraktion, besonders geliebt zu haben. Um Originalität ging es ihm hier nicht.
Ich liebe Paris nicht unbedingt – also nicht so, dass ich es regelrecht bedichten könnte – aber bewohne es aus gutem Grund das ganze Jahr über. Da ich mir das Verreisen nicht so recht leisten kann, zog ich lieber gleich in eine andere der touristischen Hauptattraktionen. Das hat Vor-, jedoch auch Nachteile.
Es gibt hier zwei Kategorien von Nachbarn: Diejenigen, mit denen man schon einmal ein paar belanglose Worte gewechselt hat und seither grüßt, und diejenigen, die man nur vom Sehen kennt und die, falls man sie versehentlich grüßt, so erstaunt zurückschauen, dass es einem sofort peinlich ist. Warum diese Fremdheit unter Einheimischen? Sie enttäuscht. Man soll sich von regionalen Eigenheiten aber nie entmutigen lassen, sie gehören zum Charme der Attraktion. Brodsky würde sagen, zu deren Schönheit.
Grüßt man sich auch in Venedig so ungern ? Ich weiß es nicht. Der einzige Venezianer, den ich jemals kennenlernte – er rollte beim Gruße das R nicht – lebte nur auf dem Festland. Das eigentliche Venedig konnte er sich nicht leisten, das war mehr für Brodsky. Das ist hier auch nicht anders. Denn tatsächlich lebe auch ich gar nicht in Paris, sondern nur auf dem Festland. Ein klein wenig, das wie Wasser ständig fließt, trennt mich leider davon.
Hiccup and Teacup were best friends
Since they were both a bit clumsy:
When Hiccup flinched, Teacup spilled –
That’s a good base for enduring friendship.
If you take a large spider web into your hand
And venture to crumple it
It comes almost down to nothing.
That’s a good base for knowledge.
Volubility
Is a good base for a poet, but
Lacking the clumsiness that makes good friends
It comes almost down to nothing.
ii.
“Who is to tell when hearing ‘separation’ / what kind of parting this may resonate” Mandelstam / Brodsky, Tristia
Un miroir, serait-ce de la terre ferme ?
C’est là une question à laquelle je ne saurais répondre.
Au plus profond de la douleur
On voile toutes les glaces, et je suis convaincu
Que ce n’est pas pour ne pas se voir, c’est parce que
Si l’œil en croisait une, on y verrait l’autre miroité.
Moi, je t’y aurais vue si mon regard s’y était perdu –
Non pas à côté de moi, ni dans mon dos, mais à ma place.
On ne s’est jamais confondus autant, je n’étais jamais
Moins moi et plus toi qu’après ton départ.
Ce voyage en bateau, et enfin l’arrivée, en terre ferme, même
Pleinement dedans
C’est pourquoi il faut mettre les voiles :
Pour avancer encore
Et encore.
On s’est bien éloigné du sujet, et on y est resté, même
Pleinement dedans :
L’immobilité au bout, l’autre soi-même – le poète
Lui, en deuil – ce qui coule et qui ne s’arrête pas. Et enfin, ce qui
S’arrête : la certitude, cette terre terriblement ferme qu’est l’île des
_________________________________________Morts.
12 Juin 2026
mardi 9 juin 2026
Le nu intégral
« Mais, si le souvenir n’a pas été emmagasiné par le cerveau, où donc se conserve-t-il ? »
Bergson, Énergie spirituelle, II
Une fois dans sa lingerie
Elle adorait se montrer à moi de la sorte.
Évidemment, pour faire l’amour
Fallait enlever le bas. Quant au soutif :
Ne suis-je pas jolie dans mon truc ?
– Oui, tu y es très jolie. Mais sans, tu l’es encore plus.
Débarrassons-nous de ça !
Et hop, le voilà dégrafé
Ce dernier voile.
Quel dommage ! protestait-elle. C’était
Peut-être le seul point où nos désirs divergeaient :
Elle aurait volontiers batifolé encore un tantinet habillée
Se sentant si séduisante dans sa dentelle ajourée ;
Pour moi, ce n’était qu’une phase à dépasser
Je n’aspirais qu’à l’avoir totalement nue
Aucun bijou, rien –
Et pourtant, je le ressens, le piquant de la Grâce
Restée partiellement dissimulée.
S’ensuivait une lutte sournoise, comme si chacun
Voulait faire payer à l’autre
La volupté de s’imposer :
Contraints d’adoucir les angles
On recourait à d’artifices autrement raffinés
Que celui d’un petit balconnet
Aussi alléchant soit-il.
Qui pourrait alors croire
Qu’elle aurait besoin d’ornements, Aphrodite ?
Incapable de tout jeter
J’ai gardé quelques affaires, dont certain soutif.
Seulement maintenant il est sacré ;
Ma déesse partie, il a trouvé sa place.
N’avait qu’à attendre, le chéri.
Hélas, il dort désormais dans un écrin
Et partage le sort des reliques.
Elle avait eu raison de toujours se rebiffer un petit peu –
Ainsi, il me reste une partie d’elle.
5 Juin 2026
jeudi 4 juin 2026
Haare
Er hat wenig von unglücklicher Liebe zu erzählen
Denn die ist ewig her, dann kam lange
Liebe ohne störendes Adjektiv
Bis auch sie endete. Jetzt den Kopf
Damit er höher liegt
Auf das umgefaltete Kissen
Die Augen offen, dahinter –
Vergangenes
Und daneben: Leere.
Findet er morgen wieder Haare auf dem Kissen
Sind es seine eigenen.
Er verliert jetzt noch mehr.
Sie sollte ihn so nicht mehr kennen
Doch es wäre ihr gar nicht aufgefallen
Denn darüber waren sie längst hinaus.
Tatsächlich hatte es nie gezählt – so etwas
Zählt doch nicht zwischen lebendigen Menschen
Das Mienenspiel ist doch das einzige, und
Nur der drohende
Tod
Zählt.
Doch als sie die ihren verlor
War das nicht leicht für sie.
Sie litt schweigend, das merkte er
Aber ich hätte sie doch nicht damit trösten können
Dass ich ihr sage: Mir ist es egal
Ich sehe das gar nicht
Es war doch der
Kommende
Tod.
2. Juni 2026
mercredi 3 juin 2026
Le jeu
Lorsqu’on a eu très chaud et que la fraîcheur est revenue, le souvenir de la canicule s’estompe presque aussitôt. De même, après une période de froid intense, le retour d’un temps clément efface rapidement le souvenir du froid. On ne parvient plus à ressentir dans sa chair ni la chaleur lorsqu’on est au frais, ni le froid lorsqu’on est de nouveau dans le confort. La sensation d’une intensité semble fragile : elle ne se prolonge guère au-delà de sa présence.
Les choses sont peut-être différentes si l’on passe directement du torride au glacial ; le choc des extrêmes pourrait laisser une empreinte plus durable. Mais cela nous arrive rarement. Le plus souvent, on revient à une température agréable, état neutre.
La mémoire du malheur, dans la vie tempérée de tous les jours, s’avère différente. Elle se fait certes discrète, mais demeure présente d’une manière que ne connaissent les variations du temps. J’exprime cela sans être certain que le lecteur saisisse où je veux en venir. En tout cas, je n’y oppose pas le physique au psychique.
Au mois de mai, quelle fournaise !
Depuis peu, le temps s’est rafraîchi, et
Je vais vers les fenêtres pour laisser entrer l’air.
Dès que je les referme, un peu par réflexe
J’étouffe de nouveau, car les murs ont encore
Le souvenir d’un passé proche que, moi, j’ai oublié.
Si j’oublie si vite, ce n’est pas grave :
Nos murs sont constamment les gardiens du souvenir
Comme nos portes sont celles du secret.
La très-lointaine est la plus proche, elle
M’accompagne, dans mon dos, l’effleurant presque
Pour s’envoler le temps que je me retourne.
Je sais aussi qu’elle attend derrière chaque porte
Mais quand je l’ouvre, par pure facétie
Cette fille de l’air se cache.
1er Juin 2026
dimanche 31 mai 2026
Song
Rocking on my porch without much light
I heard far dogs barking up the night
Told myself it’s like a chain-gang holler
As they too have on their necks this collar
But then thought they sure don’t care a bit
Because life is what you make of it.
I then pondered back to asking why
Right up there these buddies are so shy
Settling for all twinkle but no bark –
Are them stars not pinned into the dark?
Dark must be the heaven of the free
Mumbled I, and that persuaded me.
May 28, 2026
vendredi 29 mai 2026
Suppositions
i.
If I could publish, I’d sure be a star
But I’m too old now to bother. So far.
Might be once in the grave I’ll regret
Might be once passed away I’ll forget.
ii.
Je n’ai pas un mais trois peignoirs :
Un bleu, un vert et un carré, plus léger ;
Dans aucun des trois je n’ai l’air digne.
J’ai peut-être l’air d’un poète en peignoir
Mais c’est une pure supposition.
Je possède aussi un kimono –
Pensant me connaître, on m’en a fait cadeau.
Je ne le porte pas.
En kimono, je me trouve ridicule de prétention
Une sorte de Gregor von Rezzori.
C’est pourtant une honte que cette très belle pièce
Se morfonde, en exil, au fond de la penderie.
On doit se poser la question
Pourquoi, diable, l’air que j’ai m’importe-t-il autant.
Je suppose que c’est mon amour-propre
Qui me fait préférer d’humbles peignoirs.
iii.
Muss der Dichter eigentlich stets wissen, was er so dichtet
Oder genügen Vermutungen?
Die Zeit schöner Sicherheiten ist vorbei, und
Es waren ohnehin falsche, wie wir uns heute sagen.
Aber genervt hat mich dieses Dichten auf Verdacht
Schon als Anfänger. Kontrollfreak.
Erklärt vermutlich alles.
27. Mai 2026
mercredi 27 mai 2026
Dürre letzte Ratschläge
Des Wahre isch ’s Ganze.
1. The Quest of Simplicity
Who’d think the stuff one dreams of isn’t real?
Man can’t but want things that somewhere exist.
Ain’t that philosophy? Is there a list
Of thinkables or dreamables? I feel
Most daydreams sadly aren’t mad enough
To become realizable stuff.
2. Hegels Bauernregeln
Lass die bunte Kuh in Ruh
Sie hört dir ja doch nicht zu
Doch zum Troge führ ein Schwein
Niemals nur zum Schein.
Mähst du deinen Ziegen Gras
Haben sie vom Leben was
Und der Geißbock soll dann halt
Auch nicht mit Gewalt.
Falls das Kalb sich blökend wehrt
Macht der Bulle was verkehrt.
Schweigt es, doch wird rot ums Mäu
Ist es noch zu scheu.
Fühlt ein Schaf sich allzu wohl
Füttre es mit Rosenkohl.
Hängt am Hammel keine Schell’
Wird er kriminell.
Flüsterst du dem Huhn ins Ohr
Kommt es sich zu wichtig vor.
Pack dich lieber selbst am Schwanz
Als die eitle Gans.
Quatsch das zarte Lamm nicht krank –
Es will nur ein wenig Dank;
Auch der Hund möcht gern allein
In der Hütte sein.
Was der Kater schnell erbricht
Kommt der Bäurin ins Gericht;
Was jedoch der Bauer würgt
Ist nicht gut verbürgt.
Schlachte sie, die alte Sau
Knallt der Knecht sie im Verhau;
Deiner treuen Hausmagd soll’s
Besser gehn im Holz.
Wenn der Landmann sich dran hält
Ist Gelingen in der Welt
Und der Hahn kräht sich nicht tot
Schon im Morgenrot.
„Jetzt gilt es nun, eine Subjektivität darzustellen, welche die Herrschaft über die ihr nicht mehr angemessene Gestalt und äußere Realität überhaupt zu erringen sucht.“ Ästhetik II, 3, 3
20. Mai 2026
dimanche 10 mai 2026
Enthusiasm and Reason
Prié de correspondre à de mystérieuses attentes, même en voulant bien faire on ne peut pas s’y conformer, puisqu’on ne les connaît pas, et ça sentirait du reste le forcé. Il faut donc que ça se fasse d’emblée.
Cette chose arrive, mais c’est alors un miracle, pareil au caillot de sang qui, avec un peu de chance, se liquéfie une fois par an pour faire plaisir au bon peuple de Naples. S’il s’y refuse, pas grave : on reste simplement dans la normalité. Car nous vivons dans une société policée où la déception permanente n’est jamais une catastrophe, et le miracle, rien qu’un plus. Sans lui, ce n’est rien – juste rien. Et ce juste rien, c’est la norme qui nous accompagne ici-bas.
Grâce à ses exigences immodérées, la jeunesse, elle, est la seule normalité permettant encore le miracle. Mais d’habitude, elle passe sans laisser d’autres traces que des vœux devenus si raisonnables qu’un ange descendu sur terre ne saurait les exaucer.
I had a love she was enthusiastic to the end
She earnestly refused to understand
The vapors of the levelheaded –
Is there reason embedded?
I had a love god-sent.
I had a love god-sent
Who hardly could believe
That there are grounds to grieve.
I lost my love, I did not lose what she
Embodied, nor the lessons of patient sagacity.
My life here isn’t finished yet, I guess
Nor is unreasoned reasonableness:
It bids me now to overcome
The nurturing of glum
Ideas in distress.
May 9, 2026


