vendredi 26 juin 2026

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lundi 22 juin 2026

La familiarité tue

En l’espèce, je suis bien moins maniaque que Barthes et je les vois donc habillés ; mais tous ces gens-là avec leurs têtes différentes, me dis-je, ils sont tous accoutumés depuis longtemps à leur gueule, aussi bizarre soit-elle, et leurs proches aussi. C’est seulement moi qui, en les rencontrant pour la première fois, les vois tels qu’ils sont – ou ne sont justement pas. Dès qu’on connaît le quidam un petit peu, la plus étrange des figures nous paraît normale. Mais quoi en faire, de cette durée ? Si l’on la fréquente assez longuement, le visage de la mort devient, lui aussi, une évidence. La familiarité tue.


Gradually, she sort of became close to that guy
And I’m tempted to say: dangerously close – but
She knew I was jealous and wouldn’t take it further.

Even if she was lying in bed with him
Grim Reaper smoking his cigarette beside her
I don’t think they actually made love.

So, when I came in, usually a bit out of it
And saw them both like that
No real need to explain.

I knew this couldn’t be adultery
They were just sharing the space, the way
One may share it with a close relative.

The only problem:
She’d talk
But Reaper wouldn’t.

Completely at ease
Simply smiling
Simply grim

He calmly waited for her to be ready, and as
These composed fellows always do
At the end, he got her.

Should I say once in his hands she was no longer herself?
Should I hope it was her shadow?
I gladly convinced myself of one thing:

She wouldn’t give him what I had with her, so
Nothing more pointless than my all too human jealousy
And still, I hate this grinning face more than anything else on earth.

June 21, 2026

dimanche 21 juin 2026

Woran das Herz hängt

Was trifft der schon, des blinden Amors Pfeil?
Man kennt die Fehler derer, die man wirklich liebt
Was eventuell etwas zu denken gibt
Doch nie am Lieben hindert, ganz im Gegenteil.

Was für ein tumbes Volk in seiner Nacht
Das reine Engel nur lieben zu können meint
Die Augen schließt und Liebe selbst verneint
Schon lang bevors aus seinem Traum erschreckt erwacht.

19. Juni 2026
 

samedi 20 juin 2026

Pessimisme

Je relis ce vieux classique de James Baldwin que sont les Notes of a Native Son. Peut-être qu’au fond les choses n’ont pas tellement changé, et c’est déprimant. Ce qui a changé, en revanche, c’est mon regard sur la fatalité. Je ne suis plus du tout d’accord. Mais qui suis-je pour être d’accord ou non avec une fatalité ?
Il y a une dizaine d’années, à Saint-Paul-de-Vence, malgré les efforts de ses admirateurs, sa maison a été rasée. On ne l’y connaissait pas. Ou alors : rien à branler. Mais enfin, qu’est-ce qu’il est allé foutre là-bas ?
Aujourd
hui, le député local est d’extrême droite, élu au premier tour. Et ce n’est pas une nouveauté. Cette région compte depuis longtemps parmi les plus réactionnaires de France. Que des célébrités s’y soient installées en masse n’a pas changé grand-chose. Ou plutôt si : cela a enrichi des cambroussards.
Je me suis dit que Baldwin n’avait pas choisi le bon coin. Que son pessimisme s’explique aussi par le fait qu’une fois de plus, il s’était retrouvé dans un endroit qui lui donnait raison. Mais qui suis-je donc pour penser cela, moi qui, par la force des choses, vis à la lisière de la beauté, en banlieue rouge, à bonne distance des villages perchés ?

 
i.

Les choses sont pourtant simples :
Il faut choisir entre le beau et le vrai –
Et seulement le vrai peut être aussi le bon. Par nature
Le beau n’est ni le bon ni le vrai
Comme prétendaient les Grecs, démocrates esclavagistes.
Leurs lointains successeurs
Semblent commettre la même erreur
Et même leurs métèques tombent parfois dans le panneau.

Comme un dénommé Kravchenko
J’ai choisi la liberté :
Le moins beau mais le plus vrai
Voire un tantinet plus bon.
Mais il faut avoir le luxe de choisir
Et seule la gêne financière le permet ;
Sinon, on se laisse séduire.

L’intelligence
Ne l’emporte jamais sur la tentation
Et c’est ça la méchante beauté de ce monde.

Il faut alors la trouver où elle se cache.
Et vous appelez ça du pessimisme ?


ii.

Dire qu’on a une vie derrière soi, revient à constater
D’avoir le gros de la fatalité derrière soi.
La jeunesse l’a devant elle.

Nous, par exemple, quand on s’est connus
C’était une fatalité avant la fatalité –
Une belle avant une moche.

Ce groupe d’adolescents quelque peu excités
Parlant en italien, il m’évoque fatalement des voyages.
Je les vois sans qu’ils me voient – moi
Qui les regarde à travers le prisme de souvenirs.

Sans me voir en eux, j’aperçois la fatalité qui s’installe
Et s’est installée dans la caissière
Venue des îles, comme on dit, cet autre paradis
Dame d’un certain âge que, eux, ils ne voient pas non plus.
Et qu’ils quittent sans lui dire au revoir.

Que faut-il en déduire ?
Au point où j’en suis, à vrai dire, je n’en déduis plus rien.


18 Juin 2026

jeudi 18 juin 2026

Optimisme

[Tu as passé ta vie dans un ermitage, me dit-on
Et on vit peu dans un ermitage.
– Oui, tu as raison, répliqué-je, on y est obligé
De vivre intensément.
La plupart des gens vivent dans un ermitage
Le grand air est réservé aux happy few.
– Les grands créateurs sont des happy few, me dit-on
Ce récit d’émigration intérieure, rien que de la consolation.
– Tu as une vue bien optimiste, répliqué-je.
J’ai vécu où les gens vivent ;
Est-ce que pour ça je n’aurais rien à raconter ?
Faut-il avoir une vie qui leur est interdite ?
La création, serait-elle une affaire de palais
Racontée aux chaumières ?
En effet, je ne suis pas le Prince Albert des lettres.
Suis-je donc trop optimiste ?
– Oui, tu l’es.]


Dans la chambre du palliatif
Toi, juste assez remontée sur les coussins
Pour pouvoir manger lentement, pensivement ta madeleine
Et moi, à côté, en train de lire le journal –
Quel calme presque surnaturel
Malgré le bruit lointain venant des infirmières.

Mais dehors, vraiment dehors
La vie continuait, la vie qui
En théorie, m’attendait moi, mais plus toi.
C’était peut-être parce que toi, avant
Avais été bien davantage en elle
Ayant ainsi fini plus rapidement avec cette vie.
Moi, elle m’attendait encore
Et elle m’attend toujours.

Dehors, tant de choses se passent
Que d’une certaine façon
Mon optimisme
Même sans toi
Me paraît inébranlable.

17 Juin 2026

samedi 13 juin 2026

Festland

 i.

Ein Joseph Brodsky zum Beispiel, der wie alle geschwätzigen Leute hin und wieder etwas Kluges sagt, doch meistens nur so rieselt – das scheint mir etwas sehr Russisches zu sein – dieser selbstbewusste Brodsky jedenfalls war äußerst erfolgreich bei der Durchsetzung seiner Interessen. Andere setzen sich weniger durch. Denen höre ich konzentrierter zu. Letztlich ermüden mich nur die nicht, die selbst zu müde waren um sich durchzusetzen. Man bleibt eben gerne unter sich.
Brodsky scheint Venedig, diese touristische Hauptattraktion, besonders geliebt zu haben. Um Originalität ging es ihm hier nicht.
Ich liebe Paris nicht unbedingt – also nicht so, dass ich es regelrecht bedichten könnte – aber bewohne es aus gutem Grund das ganze Jahr über. Da ich mir das Verreisen nicht so recht leisten kann, zog ich lieber gleich in eine andere der touristischen Hauptattraktionen. Das hat Vor-, jedoch auch Nachteile.
Es gibt hier zwei Kategorien von Nachbarn: Diejenigen, mit denen man schon einmal ein paar belanglose Worte gewechselt hat und seither grüßt, und diejenigen, die man nur vom Sehen kennt und die, falls man sie versehentlich grüßt, so erstaunt zurückschauen, dass es einem sofort peinlich ist. Warum diese Fremdheit unter Einheimischen? Sie enttäuscht. Man soll sich von regionalen Eigenheiten aber nie entmutigen lassen, sie gehören zum Charme der Attraktion. Brodsky würde sagen, zu deren Schönheit.
Grüßt man sich auch in Venedig so ungern ? Ich weiß es nicht. Der einzige Venezianer, den ich jemals kennenlernte – er rollte beim Gruße das R nicht – lebte nur auf dem Festland. Das eigentliche Venedig konnte er sich nicht leisten, das war mehr für Brodsky. Das ist hier auch nicht anders. Denn tatsächlich lebe auch ich gar nicht in Paris, sondern nur auf dem Festland. Ein klein wenig, das wie Wasser ständig fließt, trennt mich leider davon.


Hiccup and Teacup were best friends
Since they were both a bit clumsy:
When Hiccup flinched, Teacup spilled –
That’s a good base for enduring friendship.

If you take a large spider web into your hand
And venture to crumple it
It comes almost down to nothing.
That’s a good base for knowledge.

Volubility
Is a good base for a poet, but
Lacking the clumsiness that makes good friends
It comes almost down to nothing.


ii.

“Who is to tell when hearing ‘separation’ / what kind of parting this may resonate”                                                     Mandelstam / Brodsky, Tristia

 

Un miroir, serait-ce de la terre ferme ?
C’est là une question à laquelle je ne saurais répondre.

Au plus profond de la douleur
On voile toutes les glaces, et je suis convaincu
Que ce n’est pas pour ne pas se voir, c’est parce que
Si l’œil en croisait une, on y verrait l’autre miroité.
Moi, je t’y aurais vue si mon regard s’y était perdu –
Non pas à côté de moi, ni dans mon dos, mais à ma place.
On ne s’est jamais confondus autant, je n’étais jamais
Moins moi et plus toi qu’après ton départ.

Ce voyage en bateau, et enfin l’arrivée, en terre ferme, même
Pleinement dedans
C’est pourquoi il faut mettre les voiles :
Pour avancer encore
Et encore.

On s’est bien éloigné du sujet, et on y est resté, même
Pleinement dedans :
L’immobilité au bout, l’autre soi-même – le poète
Lui, en deuil – ce qui coule et qui ne s’arrête pas. Et enfin, ce qui
S’arrête : la certitude, cette terre terriblement ferme qu’est l’île des 
_________________________________________Morts.


12 Juin 2026

mardi 9 juin 2026

Le nu intégral

« Mais, si le souvenir n’a pas été emmagasiné par le cerveau, où donc se conserve-t-il ? »
                                                       Bergson, Énergie spirituelle, II


    Une fois dans sa lingerie
Elle adorait se montrer à moi de la sorte.
Évidemment, pour faire l’amour
Fallait enlever le bas. Quant au soutif :
Ne suis-je pas jolie dans mon truc ?
– Oui, tu y es très jolie. Mais sans, tu l’es encore plus.
Débarrassons-nous de ça !

    Et hop, le voilà dégrafé
Ce dernier voile.



    Quel dommage ! protestait-elle. C’était
Peut-être le seul point où nos désirs divergeaient :
Elle aurait volontiers batifolé encore un tantinet habillée
Se sentant si séduisante dans sa dentelle ajourée ;
Pour moi, ce n’était qu’une phase à dépasser
Je n’aspirais qu’à l’avoir totalement nue
Aucun bijou, rien –

    Et pourtant, je le ressens, le piquant de la Grâce
Restée partiellement dissimulée.



    S’ensuivait une lutte sournoise, comme si chacun
Voulait faire payer à l’autre
La volupté de s’imposer :
Contraints d’adoucir les angles
On recourait à d’artifices autrement raffinés
Que celui d’un petit balconnet
Aussi alléchant soit-il.

    Qui pourrait alors croire
Qu’elle aurait besoin d’ornements, Aphrodite ?



    Incapable de tout jeter
J’ai gardé quelques affaires, dont certain soutif.
Seulement maintenant il est sacré ;
Ma déesse partie, il a trouvé sa place.
N’avait qu’à attendre, le chéri.
Hélas, il dort désormais dans un écrin
Et partage le sort des reliques.

    Elle avait eu raison de toujours se rebiffer un petit peu –
Ainsi, il me reste une partie d’elle.



5 Juin 2026

jeudi 4 juin 2026

Haare

« Nos rêves ne nous préparent pas pour l’éveil, ni l’éveil pour nos souvenirs. »
                                                                                                                           JMC

Er hat wenig von unglücklicher Liebe zu erzählen
Denn die ist ewig her, dann kam lange
Liebe ohne störendes Adjektiv

Bis auch sie endete. Jetzt den Kopf
Damit er höher liegt
Auf das umgefaltete Kissen

Die Augen offen, dahinter –
Vergangenes
Und daneben: Leere.

Findet er morgen wieder Haare auf dem Kissen
Sind es seine eigenen.
Er verliert jetzt noch mehr.

Sie sollte ihn so nicht mehr kennen
Doch es wäre ihr gar nicht aufgefallen
Denn darüber waren sie längst hinaus.

Tatsächlich hatte es nie gezählt – so etwas
Zählt doch nicht zwischen lebendigen Menschen
Das Mienenspiel ist doch das einzige, und

Nur der drohende
Tod
Zählt.

Doch als sie die ihren verlor
War das nicht leicht für sie.
Sie litt schweigend, das merkte er

Aber ich hätte sie doch nicht damit trösten können
Dass ich ihr sage: Mir ist es egal
Ich sehe das gar nicht

Es war doch der
Kommende
Tod.

2. Juni 2026

mercredi 3 juin 2026

Le jeu

Lorsqu’on a eu très chaud et que la fraîcheur est revenue, le souvenir de la canicule s’estompe presque aussitôt. De même, après une période de froid intense, le retour d’un temps clément efface rapidement le souvenir du froid. On ne parvient plus à ressentir dans sa chair ni la chaleur lorsqu’on est au frais, ni le froid lorsqu’on est de nouveau dans le confort. La sensation d’une intensité semble fragile : elle ne se prolonge guère au-delà de sa présence.
Les choses sont peut-être différentes si l’on passe directement du torride au glacial ; le choc des extrêmes pourrait laisser une empreinte plus durable. Mais cela nous arrive rarement. Le plus souvent, on revient à une température agréable, état neutre.
La mémoire du malheur, dans la vie tempérée de tous les jours, s’avère différente. Elle se fait certes discrète, mais demeure présente d’une manière que ne connaissent les variations du temps. J’exprime cela sans être certain que le lecteur saisisse où je veux en venir. En tout cas, je n’y oppose pas le physique au psychique.


Au mois de mai, quelle fournaise !
Depuis peu, le temps s’est rafraîchi, et
Je vais vers les fenêtres pour laisser entrer l’air.

Dès que je les referme, un peu par réflexe
J’étouffe de nouveau, car les murs ont encore
Le souvenir d’un passé proche que, moi, j’ai oublié.

Si j’oublie si vite, ce n’est pas grave :
Nos murs sont constamment les gardiens du souvenir
Comme nos portes sont celles du secret.

La très-lointaine est la plus proche, elle
M’accompagne, dans mon dos, l’effleurant presque
Pour s’envoler le temps que je me retourne.

Je sais aussi qu’elle attend derrière chaque porte
Mais quand je l’ouvre, par pure facétie
Cette fille de l’air se cache.

1er Juin 2026

dimanche 31 mai 2026

Song

Rocking on my porch without much light
I heard far dogs barking up the night
Told myself it’s like a chain-gang holler
As they too have on their necks this collar
But then thought they sure don’t care a bit
Because life is what you make of it.

I then pondered back to asking why
Right up there these buddies are so shy
Settling for all twinkle but no bark –
Are them stars not pinned into the dark?
Dark must be the heaven of the free
Mumbled I, and that persuaded me.

May 28, 2026

vendredi 29 mai 2026

Suppositions

i.

If I could publish, I’d sure be a star
But I’m too old now to bother. So far.
Might be once in the grave I’ll regret
Might be once passed away I’ll forget.


ii.

Je n’ai pas un mais trois peignoirs :
Un bleu, un vert et un carré, plus léger ;
Dans aucun des trois je n’ai l’air digne.
J’ai peut-être l’air d’un poète en peignoir
Mais c’est une pure supposition.

Je possède aussi un kimono –
Pensant me connaître, on m’en a fait cadeau.
Je ne le porte pas.
En kimono, je me trouve ridicule de prétention
Une sorte de Gregor von Rezzori.

C’est pourtant une honte que cette très belle pièce
Se morfonde, en exil, au fond de la penderie.
On doit se poser la question
Pourquoi, diable, l’air que j’ai m’importe-t-il autant.
Je suppose que c’est mon amour-propre
Qui me fait préférer d’humbles peignoirs.


iii.

Muss der Dichter eigentlich stets wissen, was er so dichtet
Oder genügen Vermutungen?
Die Zeit schöner Sicherheiten ist vorbei, und
Es waren ohnehin falsche, wie wir uns heute sagen.

Aber genervt hat mich dieses Dichten auf Verdacht
Schon als Anfänger. Kontrollfreak.
Erklärt vermutlich alles.


27. Mai 2026

[Rodin, étude pour Balzac, 1897]

mercredi 27 mai 2026

Dürre letzte Ratschläge

Des Wahre isch ’s Ganze.


1. The Quest of Simplicity

Who’d think the stuff one dreams of isn’t real?
Man can’t but want things that somewhere exist.
Ain’t that philosophy? Is there a list
Of thinkables or dreamables? I feel
Most daydreams sadly aren’t mad enough
To become realizable stuff.


2. Hegels Bauernregeln

Lass die bunte Kuh in Ruh
Sie hört dir ja doch nicht zu
Doch zum Troge führ ein Schwein
Niemals nur zum Schein.

Mähst du deinen Ziegen Gras
Haben sie vom Leben was
Und der Geißbock soll dann halt
Auch nicht mit Gewalt.

Falls das Kalb sich blökend wehrt
Macht der Bulle was verkehrt.
Schweigt es, doch wird rot ums Mäu
Ist es noch zu scheu.

Fühlt ein Schaf sich allzu wohl
Füttre es mit Rosenkohl.
Hängt am Hammel keine Schell’
Wird er kriminell.

Flüsterst du dem Huhn ins Ohr
Kommt es sich zu wichtig vor.
Pack dich lieber selbst am Schwanz
Als die eitle Gans.

Quatsch das zarte Lamm nicht krank –
Es will nur ein wenig Dank;
Auch der Hund möcht gern allein
In der Hütte sein.

Was der Kater schnell erbricht
Kommt der Bäurin ins Gericht;
Was jedoch der Bauer würgt
Ist nicht gut verbürgt.

Schlachte sie, die alte Sau
Knallt der Knecht sie im Verhau;
Deiner treuen Hausmagd soll’s
Besser gehn im Holz.

Wenn der Landmann sich dran hält
Ist Gelingen in der Welt
Und der Hahn kräht sich nicht tot
Schon im Morgenrot.

„Jetzt gilt es nun, eine Subjektivität darzustellen, welche die Herrschaft über die ihr nicht mehr angemessene Gestalt und äußere Realität überhaupt zu erringen sucht.“ Ästhetik II, 3, 3



20. Mai 2026

dimanche 10 mai 2026

Enthusiasm and Reason

Prié de correspondre à de mystérieuses attentes, même en voulant bien faire on ne peut pas s’y conformer, puisqu’on ne les connaît pas, et ça sentirait du reste le forcé. Il faut donc que ça se fasse d’emblée.
Cette chose arrive, mais c’est alors un miracle, pareil au caillot de sang qui, avec un peu de chance, se liquéfie une fois par an pour faire plaisir au bon peuple de Naples. S’il s’y refuse, pas grave : on reste simplement dans la normalité. Car nous vivons dans une société policée où la déception permanente n’est jamais une catastrophe, et le miracle, rien qu’un plus. Sans lui, ce n’est rien – juste rien. Et ce juste rien, c’est la norme qui nous accompagne ici-bas.
Grâce à ses exigences immodérées, la jeunesse, elle, est la seule normalité permettant encore le miracle. Mais d’habitude, elle passe sans laisser d’autres traces que des vœux devenus si raisonnables qu’un ange descendu sur terre ne saurait les exaucer.

I had a love she was enthusiastic to the end
She earnestly refused to understand
The vapors of the levelheaded –
Is there reason embedded?
I had a love god-sent.

I had a love god-sent
Who hardly could believe
That there are grounds to grieve.
I lost my love, I did not lose what she
Embodied, nor the lessons of patient sagacity.

My life here isn’t finished yet, I guess
Nor is unreasoned reasonableness:
It bids me now to overcome
The nurturing of glum
Ideas in distress.

May 9, 2026

vendredi 8 mai 2026

In Bed

“No one has yet determined what the body can do”
                                                  Spinoza, Ethics III, 2 schol.


In bed I sometimes ask myself
Why sleep is necessary
And then consistently doze off
Before I solve that query.

Next day, when I wake up, my quest
Tries to arise with me
But I’m too busy now to think
About it seriously.

The curious mind forms problems while
They seem to carry weight
And when I could find out, they are
Already out of date.

Can someone see a better way
To enshrine philosophy?
Fatigue and life’s distractions help
To keep alert and free.

May 7, 2026

jeudi 7 mai 2026

On Poetry

“There are so many kinds of awful men.”
                                                     Wendy Cope

1. Intrinsic

April is the fourthest month–
All the rest is unwarranted opinion.
Don’t besmirch innocent seasons, you...
Snob! Mon semblable? Mon œil!
They all do what they can weatherwise.

One must be so careful these days:
Kinder, wir sind Kulturträger
And our jottings are like De Beers’–forever.
May I say that
More than once they just serve to repair indiscretion?


2. Was bleibt

Hab dem seinen Feinsinn nie abgenommen
Und das lange bevor herauskam, dass auch er in
NS-Blättern lyrisch debütiert hat.

Wer hinterher heroisch
Frühlingsschnee, der vom Vordach tropft
Und andere Zartheiten bedichtet
Kann eigentlich nur...


3. La caricature

Il ne faut jamais avoir
La gentillesse mal placée.
Celui qui tabasse sa femme

Son exquise finesse
Lui gagne tous les suffrages
Car il respecte les codes du genre.

L’auteur de poèmes cruels
Qui, en fait, est un tendre, lui
N’a qu’à s’en prendre à lui-même

Si le monde ne l’honore pas
Autant que le bourreau
De sa bourgeoise.


4 Mai 2026

samedi 25 avril 2026

Maîtresse de l’horloge

Bien qu’au courant, le plus souvent les amis sont infichus de se mettre à ma place. En parlant de sagesse, ils l’insultent, s’adressant à moi comme si j’étais celui d’avant, comme si ce qui, de ton temps, m’importait, comptait toujours. Leur ignorance est manifeste. Voilà une chose que tu n’avais pas prévue. Privé de toi, on m’abandonne à moi-même. C’est frappant et, là encore, sans importance. La sagesse ne s’acquiert pas à bon compte ; là où elle se trouve, elle est aussi invisible que le néant dans lequel elle va disparaître.

Le temps s’écoule sans passer
Le présent s’est figé
La montre – arrêtée à cette date.

Si les heures se suivent
Rien n’est arrivé depuis
Et rien ne m’arrivera plus.

Je lis tes derniers messages –
Hier. Ils datent d’hier.
Hier – dans l’autre langue : ici.

Impossible de parler d’elle
Après en avoir fait l’expérience –
En avoir plein la bouche prouve l’absence de la mort.

Désormais, tout est jugé
À partir d’une fin
Cachée aux autres.

L’avoir vécue
Me réunit à toi
Hors de ce monde.

16 Avril 2026

lundi 13 avril 2026

On Glory

A silvery dirt is wafting down
To garland skull with candy.
Come Friday, wait for Monday –
That’s soon enough for such a crown.

Eternal fame arrives too late:
Now cold as ice while burning
Now unconcerned while yearning
Yet always king, to compensate.

April 11, 2026

samedi 11 avril 2026

Wo ist dein Stachel, Hölle

Je sors de la ouate du sommeil, et quelque chose de désagréable se réveille avec moi. Ce serait certainement exagéré d’appeler ce quelque chose la dure réalité, et en tout cas, cela ne dure pas, c’est juste du domaine du réel et il me faut un petit moment pour que s’émoussent ses arêtes. C’est ça le réveil à proprement parler. Plongeant dans ma journée, la réalité se révèle bientôt aussi capitonnée et donc parée contre les chocs qu’un sommeil sans véritables rêves.

Was Kanten hat und Stachel, das
Hält kurz, und abgetötet geht
Es weiter, scheinbar aufersteht
Es: Höhle leer – als sei das was.

Soll das erlösen? Es gibt nicht
Die schiere Leere schon ein Licht.
Ist da ein Spalt, lässt er herein
Von außen, was nur Widerschein.

9. April 2026

jeudi 9 avril 2026

Et dona ferentes

        Duett vom üblichen Scharfsinn

„Einer freut sich, keiner leidet:
Eingeweide ausgeweidet
Und dafür auch noch beneidet –
Wo des Wildes Wunde klafft
Weist des Waidmanns Meisterschaft
Auf des Weisen Willenskraft.
    Doch warum zuvor noch schießen
    Ist das nicht genug Genießen?“

„Mag das hassen oder mögen
Muss den Bock doch erst erlegen
Brauche dafür Gottes Segen –
Krieg ich ohne Flinte nicht
Weil Er nie zu viel verspricht
(Abgesehn vom Weltgericht...)
    Was du siehst, ist bloß Ergebnis;
    Es entging dir das Erlebnis!“

„Sah dich tief das Messer senken
Den Gehilfen zu beschenken:
Hundes Stirn vom dunklen Denken
Schwer in Falten auch gelegt;
Sah das Blut, das euch erregt
Mienen harrend unbewegt.
    Sagte mir, an solchem Wesen
    Ist die Welt schon längst genesen.“

„Hab Vertraun in höhere Mächte:
Meist tut einer dann das Rechte
Tat er erst einmal das Schlechte.
Sogar Jesus, wohlbedacht
Hätt es zu nicht viel gebracht
Ohne Judas in der Nacht.
    Sollst auch Todesküsse achten –
    Ist kein Schlemmen vor dem Schlachten.“

Beide zusammen:

„Ewig, ewig unverzeihlich
Sterbenseklig, wild abscheulich
Ist nur, was ansonsten heilig.
Treue ist ein trefflich Ding:
Finger her, du Widerling!
Passt er, der Hubertusring?
    In das schräge Horn denn blase:
    Gute Nacht euch, Fuchs und Hase!“

3. April 2026

samedi 4 avril 2026

Von Freude, Freunden und Fremdem

i.

Wer so viel erlebt
Zieht keinerlei Nutzen daraus.
Muss das Erlebte beschränkt sein
Um daraus zu lernen?
So scheint es.
Nur das Seltene beeindruckt –
Und daran fehlt’s.

Doch muss Nutzen sein?
Ist Verschwenden nicht sinnvoller
Ist es nicht angemessener dem Leben?


ii.

Wäre er langsamer, könnte er reden
So aber stürzt es heraus
Und wie ein Gebirgsbach hinunter –
Jeder springt zur Seite und
Keiner versteht’s.

Einer versteht’s, doch der ist genauso:
Springt nicht zu Seite und
Lässt sich mitreißen.
Was hat er dann noch groß an eigenem Leben?

Nichtverstehen ist einfacher;
Nur die Hälfte verstehen das Beste
Denn das Andere kommt dann von dir selbst.


iii.

Fremd ist, was hängen bleibt.
Welch ein Widerspruch!
Wär es nicht fremd
Könnte man nicht von Kleben reden –
Was nur haftet, gehört nicht dazu.

So aber nimmst du es mit
Es bleibt bei dir
Und bleibt weiterhin fremd.
Mehr kann man nicht erwarten.


28. März 2026