“By that time summer and smoke were past.
Dolphins still played, arching the horizons”
Hart Crane, Emblems of Conduct, mais pas de dauphins chez Greenberg
C’est l’été, et dehors
Ça croasse grave. Enjoué ?
Tant de choses se passent dedans la tête.
Inutile de voyager, même pas besoin
D’avoir une vie un peu active, une de celles
Dont on suppose qu’elles ont du sens :
Cloîtré chez moi, la fenêtre néanmoins ouverte
Trop de choses me passent par la tête
Passent mais ne s’y arrêtent pas.
Cette vie
Remplie bien plus encore d’éphémère
Que celle de l’aventurier.
Plagiat, mon œil !
Aux moments les plus inattendus
J’entends les corneilles
Et c’est assez de distraction.
– Tu bâilles ? – Presque.
Sors même plus. Pour quoi
Faire ? J’ai mes bruits de vie ici.
– À la base, t’as voulu trop, mon gars.
Art proves too short – c’est tout moi, ça.
Pris dans un film où la seule durée prime ?
Dans du Straub en version feuilleton, sans coupes ?
Vas-y, parle moi-z-en, de tes dauphins !
Dans leur élément gai
Ils sont encore là à s’amuser
Quand c’est bien trop tard pour nous autres.
Sous de telles conditions, elle devient
Vite kitsch, ta création perso.
*
L’impréparation, voilà le secret.
Pas de réelle aventure pour ceux qui s’y sont préparés.
Ou pour invoquer la sociologue Stella Goldspan :
The precondition of a meaningful existence
Is that there is existence and condition
Pre-existing.
Tout est dans le trilobite pre-existing.
Lui, il a bien fait, il s’y est jeté totalement à l’improviste
Bien trop jeune pour l’aventure, un gamin quoi.
Là-bas, aventure ne rimant pas avec nature
Rien que du bâti bourré de monde
Et de bas monde, et
Cet enfant aux grands yeux pers émerveillés
À l’étrusque, en plongeon dans cette mer
Agitée – belle et trouble. Normal qu’il allait y disparaître.
Aucune trace ultérieure, aspiré, avalé par les flots
Puis recraché tel un bout de bois
Finissant son aventure en cri de corneille
Au-delà du périph.
10 Août 2026


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