1. Bel assassin
L’hagiographie de l’assassin, façon Genet ou Koltès, est passée de mode. Ce que la morale y gagne, la littérature y perd. Rien de moins flamboyant qu’un récit mettant en avant les victimes. Ce lyrisme m’a toujours fait penser aux mannequins des emballages de sous-vêtements masculins, dont la tête est systématiquement coupée. Adonis en slip, décapité. Maurice Pilorge, quoi.
I’d love to see the face, but art
Keeps me from seeing it: Art clips
And blithely focuses on hips –
Art’s genuinely oversmart.
I am so weak, I’d rather be
Outwitted by an artwork’s cunning
And still: a beauty I can’t see
Isn’t genuinely stunning.
Could I decide, I’d operate
That glittering guillotine
To keep the noggin and the bait
But cut in half the machine.
[NB. Es gibt natürlich den Torso in der Kunst, doch der scheint ohne Kopf geboren, und hat sie auch sonst nicht mehr alle... oder noch nicht – so archaisch, wie er ist. Wer deshalb sein Leben ändern möchte, darf gerne, aber muss nicht. Müssen muss im Leben letztlich immer nur der Kopf, und der fehlt ja. Wenn der Körper selbst muss, dann eigentlich nur groß oder klein.]
2. Du questionnement retors
“A fixed way of seeing that freezes the flux of experience”
Kobena Mercer, Welcome to the Jungle, chapter 6: Mapplethorpe
[Nouvelles pensées en tombant sur la publicité pour un slip. Prolongation du problème d’acéphalie chez le slibardeux, cette fois-ci en tenant compte de l’origine ethnique du sujet, circonstance aggravante.]
Si quelqu’un tombe amoureux d’une personne
Cette personne, en règle générale
Est trente ans plus jeune qu’après trente ans de vie commune.
En trente ans, elle aura eu le loisir de vieillir de trente ans.
Ceci dit, est-ce qu’elle aura changé ? Pas énormément.
Si, par exemple, elle avait été blanche au début
Il y a de grandes chances qu’elle le soit encore ;
Et si, par le plus pur des hasards, elle avait eu la peau
Noire comme du jais, cette couleur, trente ans plus tard
Lui est à coup sûr restée.
Celle des cheveux peut changer
Mais celle de la peau beaucoup moins.
Au maximum, une perte en luisance, voilà tout.
Et la beauté alors ? Et la jeunesse ?
Mes amis, on parle là en termes de fétichisme.
C’est très subjectif, ça, c’est une question de temps
Car on s’habitue à tout, n’est-ce pas, suffit d’attendre.
On ne peut rien dire tout de suite, la seule chose
Que l’on sait, c’est que certaines choses survivent même
À trente ans de vie commune, possiblement heureuse.
Faisons alors fi du fétichisme, facteur
Semblant lié au lustre d’une certaine jeunesse.
Qu’ils nous foutent un peu la paix
Avec leurs questionnements retors
Qu’ils laissent le temps faire son travail.
26 Juillet 2026


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