mardi 9 février 2016

Drei weitere Sinnsprüche


iv.

Sie haben hundert Damen,
Irgendwohin gegriffen
Und falls sie so weit kamen
Die Unschuld abgekniffen.

Im Schutz behender Horden
Vielfingrig drangen ein
Sind wohl verrückt geworden
Im Zug der Ferkelein.

Wer war das? Schwer zu sagen.
Wer nichts von selbst kapiert
Steht da mit seinen Fragen.
Die Welt ist kompliziert.


v.

Es gibt schon Menschen, die
Es wurmt, nicht viel zu wissen
Doch andern scheint man wie
In das Gehirn geschissen:

Sie wissen allerlei
Und niemand weiß, woher
Als ob die Wisserei
Nichts als ein Spielchen wär.

Wer zu viel weiß, dem nützt
Sein ganzes Wissen wenig:
Wenn Schalk nicht aus ihm blitzt
Ist er der Narren König.


vi.

Ja, soll ich mich beklagen?
Man hört nur Strebern zu.
Soll ich es jenen sagen
Mit denen ich auf Du

Und Du steh? Womit hadern?
Dem Allerweltsverein?
Soll ich den grauen Quadern
Vom Rathaus böse sein?

Ich kenne keinen Ort, wo
Wir Narren ernst genommen
Jux, Zeter, Witz und Mordio
Verhallt stets unvernommen.


7. Februar 2016

lundi 8 février 2016

Aucun regret possible

J’ai pris l’habitude de mettre des graines à la fenêtre.
C’est pour les voir.
Pas les graines, bien sûr, mais les mésanges.
Je paye le spectacle des mésanges qui viennent pour quelques
_________________________________________graines –
Une véritable petite comédie de mœurs, et pour pas cher.
Je suis comme un bon vieux, maintenant.

Mais pas mal de fois je loupe tout.
Ce sont des passereaux irréguliers, et moi
Je ne peux passer mon temps à les attendre, tout de même.

Or si, ayant du regret
Je voudrais les récupérer, mes graines, c’est trop tard, il ne
Me reste que mes yeux pour pleurer.
Pourrais faire un esclandre du tonnerre :
Après le passage des mésanges, il n’y a plus rien.
La recette, partie avec le numéro même, vu ou pas vu, content ou
___________________________________________pas –
Il est exclu de revenir dessus, la nature est ainsi faite
Elle ne rembourse pas.

Il faudrait qu’à la prochaine becquetée
Je récupère l’oiseau avec.
Mais tu parles. Dans le meilleur des cas, j’arrive juste à
_________________________________________observer :

Celle qui pense voler des graines
Celle qui est méfiante et rapide comme une criminelle
Celle au plumage ébouriffé pendant ses furtifs instants sur place
Celle qui, plus courageuse, s’attarde un peu en jetant des regards
_______________________________________autour d’elle.

Oui, je ne peux que les voir faire, et à travers une fenêtre close.
Une fenêtre qui s’ouvre uniquement pour permettre le dépôt de
___________________________________________graines
Jamais pour attraper les actrices.
C’est bien simple :
Pas moyen de les piéger, c’est la vitre ou rien.
Mon rôle est de procurer la pitance
Et non pas de me nourrir à l’œil.
Tout au plus, je suis un œil qui s’alimente de soi-même.

Je suis le bon dieu dans cette affaire, et la messe est dite.
Un bon dieu sans aucun regret possible
Car voici la limite du seigneur tout-puissant
Par principe caché derrière l’invisible :
Même lui, il ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.
Telle est, en tout cas, sa conception du spectacle.
S’il l’a raté à la fin, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.
Sans cesser d’admirer la malice provoquée.

4 Février 2016

jeudi 4 février 2016

Drei Sinnsprüche


i.

Nackt müssen sein Ideen
Damit man sie begehrt;
Wenn sie in Lumpen gehen
Sind sie nur Lumpen wert.

Wie kann ich sie verführen
Sich vor mir zu entblößen
Um blankes Fleisch zu spüren
Wenn sie ihr Rätsel lösen?

Ich würde Schmeicheleien
Wär ich Idee, nicht glauben;
Man müsste mir die Schleier
Zuerst gewaltsam rauben.


ii.

Hat ein Eunuch dem andern
Beglaubigt und bestätigt
Wie toll er es doch kann, denn
Sie sind einander gnädig.

Dass der Kastrat in Sachen
Potenz will auch entscheiden –
Man soll es nicht belachen
Noch es ihm kläglich neiden.

Dies Vöglein, das des brachen
Felds Fruchtbarkeit ergründet
Nährt sich von den paar Samen
Die es darauf noch findet.


iii.

Wie hell scheint nun die Wahrheit
Dass nichts mehr möglich ist
Als wär das letzte Klarheit
Und nicht auch trübe List.

Doch lähmender die stete
Scheißhoffnung, totgeboren.
Gibt es nur noch Gebete
Ist auch nichts mehr verloren.

Was denkbar werden müsste
Das wär, auf Sand zu bauen
In der verdammten Wüste
Von Hoffen und Vertrauen.


30. Januar - 4. Februar 2016

mardi 19 janvier 2016

One Single Non

One single non-rejection slip
Would do on this waste earth
One tingling drip, or nip, or sip
To vanquish thirst and dearth.

Came from too far to ring at doors
Into some Land of Nod
And if its gates keep shut, it’s force
Majeure, an act of God.

Should flout them doorbells, should despise
Odd Nod’s beleaguered curse
Should walk back home to Paradise
Up there it can’t be worse.

January 18, 2016

lundi 18 janvier 2016

La résistance est physique


1. Ris donc, Paillasse !

Longtemps j’ai porté la barbe.
Lorsque cette barbe a commencé à me vieillir, je l’ai supprimée.
Mais pas une fois pour toutes.
La barbe, on le sait, ne se supprime pas une fois pour toutes
Il faut le faire à peu près tous les jours :
Je mange, elle repousse, je jeûne, elle repousse ;
Je dors, elle repousse, je veille, elle repousse.
Enfin, je vis, elle repousse, et je ne vis pas, elle repousse quand
___________________________________________même.
La barbe est très têtue, elle s’en fout, de mes états d’âme.
Peut-elle pourtant être considérée comme un facteur
______________________________________stabilisateur ?

J’ai pu cesser de fumer sans que de nouvelles clopes aient poussé
____________________________________dans ma bouche
Et j’en connais qui ont cessé de boire sans voir arriver de
_________________________________nouvelles bouteilles.
La barbe, c’est différent.
La barbe veut s’imposer à tout prix, elle est vraiment collante
Lui dire fermement « non ! » ne suffit pas.
Or, il faut résister, les amis.
Si tu cèdes à la barbe alors que tu n’en veux pas, t’es fichu.
La glabreté seule, cet effort de tous les jours, fait de l’homme un
__________________________________________homme.

Voilà ce qu’il en est.
Tous ces hommes sans barbe que tu croises de par le monde, ont
______________________________________travaillé pour.
Des fois, ils se sont même taillé le visage, c’est pour dire...
C’est que l’imberbe est une vocation, une ascèse
On y entre comme au couvent.


2. Un cri de saison

Est-ce normal, là
Qu’elle se soit mise en hibernation ?
Ce n’est pas une marmotte
C’est une bite.
Elle n’a pas à réduire ses fonctions vitales à presque zéro
Et à se terrer dans un trou en attendant ;
Elle n’a qu’à être courageuse et faire face
Elle n’a qu’à braver.
Morte-saison, dis-tu ? Temps de merde, dis-tu ?
Morte-bite, bite de merde, ça oui.

Bien sûr, il y a des moments dans la vie
Où la malchance tombe drue
Où l’on se raidit dans le vide
Où l’on s’avance pour rien
Où l’on fait le poing dans la poche
Mais ce n’est pas une raison
De s’étioler dans son froc
Uniquement parce que, en plus, ceci cela.
Ce n’est pas une marmotte, je te dis.
Ce n’est pas non plus un gibier-proie qui doit faire le mort
Pour que l’ange noir passe.

Quel repli temporaire ?
Eh, la bite, t’es comme un bélier quand tu veux
T’es faite pour frapper et résister
Et pour que rien ne te résiste ;
Pour faire vie nouvelle surtout là où il n’y avait rien
Pour transformer le chiant en victoire
L’ennui en gloire ;
Pour faire la fête n’importe où, n’importe comment, avec
______________________________________n’importe qui
T’es pas faite pour te plier aux circonstances
Enfin, t’es pas faite pour te la couper toi-même.

17 Janvier 2016

samedi 16 janvier 2016

Drei von vier


1. Winter

Stillgelegte Leitungen. Kein Laut, nichts.
Im Sommer vielleicht noch ein wenig, es gibt
Umwege, aber jetzt: nichts.
Im Winter sind die
Dinge so, wie sie sein müssen, oder nicht.
Das ist das Schöne, das ist das Schreckliche am Winter.

Ich hatte einen Wunsch.
Doch wo Wünsche sind, sind Gegenwünsche
Und keiner ist stärker oder brennt heißer als der andere.
So kam es zu keiner Verwirklichung.
Der Winter weiß, was er will: nichts.

Der Winter hat seine Logik
Und diese Logik ist unbarmherzig.
Sie ist der Winter.
Ohne sie, kein Winter.
Ohne sie wäre Leben.

Immerhin lebe ich noch.
Aber im Winter.
Ob noch etwas kommt, ist unsicher.
Es sieht im Winter nicht danach aus.
Es sieht im Winter nur nach zu spät aus.

Im Winter sieht es nach Winter aus
Nur nach Winter
Und im Winter sieht das aus nach: nichts.
Sonst wäre aber auch alles falsch
Der Winter ist aber wahr.
Der Winter ist mehr als lebensecht.

Alte Freundschaften, verloren
Neue Freundschaften: unmöglich.
Der Winter, der alles tut, dass man zusammenrückt und sich
__________________________________________wärmt
Hat also nicht nur seine Logik
Sondern auch seine Unlogik.
Der Winter ist eine komplette Mahlzeit
Die einen hungrig lässt.

Wäre ich nicht schon in den Winter geboren worden
Wäre jetzt vielleicht kein Winter.
Aber ich habe es zu spät bemerkt
Ja, es war schon zu spät.
Es war schon Winter, es war schon nichts
Und das Nichts lässt sich nicht schon vorher feststellen
Das Nichts überrascht die Sterblichen immer.


2. Frühling

Es steigt eine Enttäuschung
Wie Baumsaft durch die Adern;
Ich weiß, wie Leute feilschen
Und auch, warum sie hadern.

Weil du auch zu den Leuten
Gehörst, bist du dabei:
Kannst vielleicht was erbeuten
Im Zug der Keilerei.

Wie schön die Religionen
Und Hammurabi-Stelen –
Nicht etwa, dass wir uns verschonen
Doch, dass wir uns nicht straflos quälen.


3. Sommer

So krankhaft blühen nur
Menschenansammlungen, krebsrot wie Aussatz
Beim krankhaften Ausströmen
In der Fieberhitze. Das ist
Kein Sommer, sondern Krankheit.

Einfach so breit herumliegen fern von zuhause?
Soll das Rekonvaleszenz sein? Es ist
Der Anfang vom Ende.
Verschwärmen über den ganzen Planeten
Und stecken den überall an.

Bösartig sich zusammenrottend, wo sie nicht hingehören.

Eine Flutwelle allein
Kann es nicht richten. Gegen das Überschwemmtwerden
Helfen nur effizientere Mittel, doch die sind
In den Ländern nicht aufzutreiben.

Aber Homöopathisches, aber Gleiches mit Gleichem
Vermag es freilich nicht.
So wird die Sache fortschreiten bis
Das Übergestülpte, die falsche Haut aufbricht
Und noch Wundbrand hinzukommt.

Und da behauptest du, die blieben wenigstens nicht?
Beim ersten Herbstlüftchen aber sofort raus!


Trois sur quatre

1. Hiver

Des tuyaux hors service. Pas un son, rien.
En été, il y a peut-être encore un peu, il y a des voies
Détournées, mais maintenant: rien.
En hiver, les choses sont
Telles qu’elles doivent être, ou ne sont pas.
Voilà ce qui est beau, voilà ce qui est terrible dans l’hiver.

J’avais un désir.
Or, là où il y a des désirs, il y a aussi des désirs contraires
Et aucun d’eux n’est plus fort ou brûle plus chaud que l’autre.
Ainsi, rien n’a été fait.
L’hiver sait ce qu’il veut : rien.

L’hiver a sa logique
Et elle est implacable.
C’est elle, l’hiver.
Sans elle, pas d’hiver.
Sans elle, tout serait vivant.

Au moins, je vis encore.
Mais dans l’hiver.
Pas sûr qu’il y a encore quelque chose en attente.
En hiver, ça n’a pas l’air.
L’hiver n’a que l’air de trop tard.

En hiver, ça ressemble à de l’hiver
Seulement à de l’hiver
Et en hiver, ça ressemble à : rien.
Autrement, tout serait faux
Mais l’hiver est vrai.
L’hiver est plus vrai que nature.

De vieilles amitiés, perdues
De nouvelles amitiés : impossibles.
L’hiver qui fait tout pour qu’on s’agglutine afin de se chauffer
N’a donc pas seulement sa logique
Mais aussi son alogique.
L’hiver est un plat complet
Qui te laisse sur ta faim.

Si je n’étais pas né dans l’hiver
Il ne serait peut-être pas hiver maintenant.
Mais je l’ai remarqué trop tard.
Oui, il était déjà trop tard.
Il était déjà hiver, il était déjà rien
Et le rien ne se constate pas avant
Le rien les surprend toujours, les mortels.


2. Printemps

La déception part des entrailles
Puis monte en sève dans tes veines ;
Je sais comme les gens chamaillent
Et sais comme les gens se peinent.

Toi aussi fais partie du genre
Alors, toi aussi, tu te bats :
Il y a peut-être un truc à prendre
Au cours de tous ces pugilats.

Est belle notre grande foi
Sont belles nos tables de loi –
Non pas pour qu’on se fasse grâce
Mais que sous peine on se tracasse.


3. Été

Ainsi ne fleurissent, maladifs
Que des tas d’hommes, écarlates comme la lèpre
Quand, pathologiquement, ils se déversent
Dans la touffeur fiévreuse. Ce n’est pas
Un été, c’est une maladie.

Juste étendus, étalés, loin de chez eux ?
Et tu appelles ça de la convalescence ? C’est
Le début de la fin.
Essaiment à travers la planète
Et l’infectent partout.

S’ameutent, malins, là où n’est pas leur place.

Un tsunami seul ne saurait
Régler le problème. Contre pareille inondation
Les remèdes doivent être plus efficaces, mais on n’en
Trouve pas dans ces pays.

C’est que l’homéopathique, c’est que le mal par le mal
Sont impuissants.
Ainsi, la chose continuera jusqu’à ce que cette
Fausse deuxième peau éclate et
S’y ajoute la gangrène.

Et tu me dis que pour le moins eux, ils ne restent pas ?
En tout cas, au premier froid automnal, dehors !

12 Janvier 2016

jeudi 14 janvier 2016

Un cas précis de caprice

Dans nos toilettes, sur le petit meuble en bois brut, bricolé main, il y a un vaporisateur. Un vaporisateur-objet, quasiment antique. Quasiment.
Ce vaporisateur n’est pas tout à fait nécessaire, il est, à nos yeux, tout à fait joli. Et il est un caprice. Un caprice de brocante.
On ne peut pas vivre sans caprice, et si l’on n’est pas très riche mais porté sur le joli – ou plutôt : ce que l’on tient pour tel – il ne reste que des caprices de brocante. Dans ce cas, ni le neuf, ni l’antiquité estampillée, n’ont droit de cité dans la demeure.

L’eau de toilette que ce vaporisateur vaporise n’est, quant à elle, point un caprice ; elle est simplement fort bien nommée, ces toilettes s’aérant mal. Or, si ce vaporisateur en est un, lui, ce n’est pas l’action de vaporiser qui se trouve ainsi mise en cause, mais uniquement l’instrument –  autrement dit : la façon. On ne discute donc pas le contenu, mais le seul emballage.
Nous en déduisons que celui qui effectue une tâche utile de manière inutilement esthétique est peut-être capricieux, et celui qui ne le fait pas de cette sorte-là n’est peut-être pas très loin de la bête, la bête de somme en somme. Partant de là, nous sommes amenés à penser qu’il n’y a pas beaucoup de choix dans une vie humaine : il y a des décision à prendre lorsqu’il en va de l’art et de la manière.

Être ou avoir ? Qu’est-ce qui fait l’homme, en dernière instance ? Sans doute le second. Car avoir un tel vaporisateur dans les chiottes est, à nos yeux, bien plus important que le fait d’être doté de la faculté de raisonner, ne serait-ce que sur le vapo en question. Les animaux, eux, réfléchissent aussi, mais ils ne savent pas quoi mettre dans leurs trop frustes lieux d’aisance. C’est au moins la réponse que nous nous donnons à la grande question éternelle quand, en nous soulageant, nos regards ne peuvent éviter le petit meuble en bois brut, bricolé main, avec, trônant dessus, un si joli caprice de brocante.

13 Janvier 2016



vendredi 8 janvier 2016

Lügenpressenkopfkino

Wenn ich des Morgens aus den Federn steig
Die Augen noch vom Schlaf ganz zugeklebt
Und es mich somnambul zum Bildschirm treibt
Weil ich doch wissen muss, was vor sich geht

Dann dauert es kaum einen Schreckmoment
Bis ich mit aller Welt verbunden bin
Und mir von Kontinent zu Kontinent
Vielfarbig zuströmt, was geschehn darin.

Noch träumend glaub ich, was die Leute schreiben
Und glaub es, halbwegs wach, auch wieder nicht
Als wären das zwar alles Augenzeugen
Doch die Berichte maßlos ausgeschmückt.

Und weil ich sowohl glaube als nicht glaube
Was man mir von der weiten Welt erzählt
Muss ich, als wär ich weiterhin im Traume
Dran umerfinden, was mir – wach – missfällt.

So wird aus mir die eigne Lügenpresse
Mit Augen noch vom Schlaf ganz zugeklebt
Zwar schon allein mit mir vor meinem Rechner
Doch gleichzeitig noch mitten in der Welt.

5. Januar 2016

mercredi 6 janvier 2016

Allzu selbstsicher

Er fand zwar den Weg hinein, doch nicht wieder heraus.
Er ist wie eine Identität, der
Bunte Kinderball im Gestrüpp:
Verloren, vergessen, aber noch da.
Und falls wiedergefunden, leider nutzlos.

Da liegt nun so ein vergessener Ball unter Dornen
Und ist fast noch so verlockend und jung
Wie zu der Zeit, als er verloren ging.
Wenn wiederentdeckt, jedenfalls ausgesprochen bunt
In seinem Versteck, diesem rußbraunen Nest –
So knallbunt, dass er längst hatte auffallen müssen;
Nur ist da eben auch dichtes, abschreckendes Gestrüpp.

Er ist jemand Besonderes:
Verloren, vergessen, aber noch da
Und falls wiederentdeckt, leider nutzlos.

Weil jetzt eben die Kinder zum Feiern fehlen.
Ohne Ball abgezogen, nicht wahr...


Bien trop sûr de lui

Il a trouvé moyen d’y entrer, mais pas d’en ressortir.
Il est comme une identité, le
Ballon d’enfant dans le fourré :
Perdu, oublié, mais toujours là.
Et lorsque redécouvert, sans usage.

Il y a donc là un ballon oublié dans les ronces
Et il est presque aussi attirant et jeune
Que lorsqu’on l’a perdu.
Quand on le redécouvre, il resplendit en tout cas de couleurs
Dans sa cachette, ce nid bistré –
Tellement éclatant qu’on aurait dû le remarquer bien avant ;
Or, le fourré est dense et décourageant.

Il est quelqu’un de spécial :
Perdu, oublié, et toujours là
Et lorsque redécouvert, sans usage.

Parce que manquent les mômes pour lui faire la fête.
Partis sans ballon, n’est-ce pas...


3 Janvier 2016

samedi 2 janvier 2016

Si j’étais né pareil que toi


Si j’étais né pareil que toi, coquette
J’aurais aussi ma huppe sur la tête
Au cul mon éventail tout en plumages
Et, à part ça, plein d’autres avantages :

De beaux yeux roux assortis à ma crête
Des ailes sachant voler la vedette
Des ergots pour châtier la médisance
Mais un bec plus pointu qu’un fer de lance ;

Enfin, ce goître dans les écarlates
Bien plus marrant que toutes leurs cravates.
Hélas, je suis né dans un corps sans style
Avec rien que mon cœur de volatile.

                                       *

Si j’étais né pareil que toi, princesse
Je jouirais bien mieux de ma noblesse ;
Sans renoncer aux droits et apanages
J’emprunterais la voie de la sagesse :

Depuis mon beau château aux rocaillages
J’allumerais les feux de l’élégance
Et du haut de ma lanterne-potence
Je creuserais la tombe à l’ignorance.

J’y montrerais la soie et les dentelles
De mes culottes, voire des semelles
Et pour servir d’exemple à la fripouille
J’exposerais même où ça me chatouille.

Voilà ce que ferais ayant ta classe.
Or, je ne suis que de la populace
Avec une esthétique disparate
Qui n’a strictement rien d’aristocrate.

                                       *

Si j’étais né pareil que toi, mégère
Je prendrais tout ça moins à la légère
Car pour personnifier la pie-grièche
Il faut bien plus qu’un certain don revêche.

Des siècles d’entraînement dans l’acerbe
N’ont pas suffi ; faut joindre l’acte au verbe
Les meilleures litanies et tirades
Ne valant jamais coups et bastonnades.

Pour atteindre un niveau correspondant
Sans force dans les bras, le répondant
Doit surpasser le pouvoir des paroles
Tel le haut fait celui des paraboles.

Le Christ, s’est-il contenté de se plaindre ?
Lui réveilla un mort, au lieu de geindre.
C’est difficile, je le sais, mémère
Mais tu sais maintenant ce qu’il faut faire.


29 Décembre 2015 - 1er Janvier 2016

dimanche 27 décembre 2015

Es schreit nicht mehr in der Nachbarschaft

Es musste hier in der Nachbarschaft
Jemand geben mit einem Papageien
Denn ich hörte es zuweilen schreien
Wie es sonst durch den scheckigen Urwald schallt.

Hat Jemand den Vogel jetzt abgeschafft?
Ist er ausgezogen mitsamt seinem Tier?
Wenn ich mich erinnre, dann fehlt er mir
Jener plötzliche Schrei durch den Regenwald.

Es ist quasi Verschwendung, das weiß ich schon
Den geschlagenen König im Rumpf der Galeere
Ans Ruder zu ketten, mit der Holzbank zum Thron
Damit er als Sklave das Meer überquere;

Wird nur kurz im Triumph vorgestellt
Dann verschwindet er aus dieser Welt.


Ça ne crie plus par ici

Devait y avoir un pirate par ici
Avec son perroquet tout droit du paradis
Car j’entendais de temps en temps l’un de ces cris
Comme il n’en retentit qu’en Haute-Amazonie.

Ce lori-là, a-t-il dès lors changé de main ?
Ont-ils déménagé les deux, pirate et bête ?
Je n’en sais rien ; c’est seulement que je regrette
D’être depuis frustré du bel appel lointain.

Un roi vaincu, sûr et certain, on ne peut guère
Tel un quelconque esclave ou autre pauvre hère
L’enchaîner sur un banc de chiourme de galère
Pour qu’il s’épuise en souquant à travers les mers ;

Le voilà un instant à pied, aux fers
Avant de disparaître de la terre.


26 Décembre 2015

mercredi 23 décembre 2015

Valeur de référence

On est haut
Mais si quelqu’un marche au-dessus de toi
Tu te sens bas.
Ce n’est pas que tu es plus bas que lui
Tu es simplement en dessous.
Être en dessous enfonce
Lorsqu’on le sent.
Quand on ne le sent pas
On se rend compte
Qu’on est quand même assez haut :
Si on se penche trop
On peut tomber.

Il y a la tendance à vouloir s’élever
En invitant quelqu’un à s’installer au-dessus.
Bizarre, mais c’est un fait avéré.
On voit bien que ce ne sont pas là des gens
Qui habitent déjà haut
Sans pour autant prétendre d’être au dernier étage ;
Ce sont les habitants du rez-de-chaussée ou de la cave
Qui s’inventent des Olympes.
Pour eux c’est cuit, et tant qu’à faire :
Comme ça, on embête aussi les autres, mansarde incluse.

Il s’agit pourtant de personnes respectables – c’est
Qu’il en faut pour chaque étage –
Mais je les laisserais quand même dans leur trou.
Moi, je m’en fous à la limite que celui du dernier
Ait tiré le gros lot.
Je ne vais pas en plus me chercher des excuses.

18 Décembre 2015

[cf. De quelqu’un de supérieur, du 10 Janvier 2015]

lundi 21 décembre 2015

Sept petits états d’âme


1. Quelle honte

L’autre a honte de ses parents.
Lui ont payé des études, et depuis, il en a honte.
C’est moche bien sûr, mais je comprends les deux côtés.
Les vieux sont tellement fiers de leur impossible progéniture
Que moi aussi, j’en aurais honte.
Mais j’ai de la chance : personne n’est fier de moi.
Avoir honte, je ne sais même pas ce que c’est.


2. Des veinards

Ces deux-là, ils sont tellement heureux
– Et sans véritable raison –
Que le mot « bonheur » ne semble pas approprié.
Dans leur cas, faut parler d’heureusité.
Moi, je les envie surtout de leur absence de véritable bonheur.
Je me dis : si cela se trouve, les veinards, avec un tout petit
Peu plus de chance, ils seraient nettement moins heureux.


3. Logique étrange

Ah, que c’est dégoûtant. S’il te plaît, chéri !
Lui ne comprend pas.
Se plaindrait-elle tout à coup de ses sécrétions ?
Et après tout ce qu’ils viennent de faire ensemble
Il n’aurait donc même plus le droit de se
Curer le nez en sa présence ?
Mais c’est quoi, sa notion de plaisir ?


4. Belle nuit silencieuse

Énervé, celui-là, parce qu’on l’a énervé.
Oui, faut pas se laisser énerver, faut rester calme.
Ferme les yeux, les oreilles, et plus rien ne t’atteint.
C’est un très vieux secret que je te confie là.
– Cesse de m’énerver, toi aussi.
J’ai fermé et les yeux et les oreilles, puis la colère
Qui monte dans le silence de la nuit – tu connais ça, connard ?


5. Précision


Il aime bien quand quelque chose est exact
L’exactitude le rend content. C’est alors
Un sentiment de plénitude qui l’enveloppe
Parce que tout est à sa place.
– Tu aimes donc les réussites faciles.
Moi, tout ce qui m’arrive à l’heure due – ni avant, ni
Après, au bon moment quoi – me désespère plutôt.


6. De la tristesse, oui, de la tristesse

L’un est triste parce qu’il a perdu quelque chose
L’autre, parce qu’il ne trouve jamais rien de bon
Le troisième simplement parce qu’il est un peu bête.
Nul n’est triste sans raison.
C’est bien triste.
Si l’on pouvait être triste sans raison
Il n’y aurait plus de raison d’être triste.


7. Eau de boudin

La surprise, elle aussi est un état d’âme.
Le dernier qui m’occupera ici, et cela surprendra peut-être.
En écrivant cela, je ne sais même pas encore
Ce que moi, l’auteur de ces lignes, ai l’intention de dire.
On ne le saura qu’à la fin –
Et ce sera une surprise, et pas la moindre.
En attendant, laissez-vous surprendre comme moi !


18 Décembre 2015

dimanche 20 décembre 2015

Tiere. Antiklimax


1. Sehenden Auges

Sehenden Auges
In das kleine Glück
Wo doch die Tiere im Gegenteil
Aus dem Stall getrieben werden mussten
Bei derart schlecht Wetter:
Jetzt fresst euch weiter Speck an
Auf der Weide, der durchnässten!
Bald ist nichts mehr übrig
Von der Größe des Draußenstehens.
Dunkler Stalldampf
Schwer und einschläfernd:
Die, die noch nicht kastriert sind
Begatten jetzt vielleicht ihresgleichen
Und das genügt
In solch dumpfer Nacht muss das genügen.


2. Hundewetter

Das vom Sturmwind wild aufgezauste Fell
Und dann vom Dauerregen widerlich niedergeglättete
– Ach, Kind, so mager bist du darunter? –
Am besten alles ganz weg.
Erbärmlich in der Nacktheit
Ist immer noch besser
Als dieses dauernde Hin und Her
Je nach Witterung.

An dem Schlotternden, Geschorenen
Kann sich der Sturmwind nicht mehr großtun
Und auch nicht der ewige Regen;
Die Elemente, Urgewalten
Können nicht mehr viel anhaben, ja
Sie stehen der Erbärmlichkeit
Der erbärmlichen Gleichmäßigkeit
Geradezu hilflos gegenüber.

Jetzt einfach auch
Abflauen, schlappmachen, kapitulieren
Ihr Elemente, Urgewalten
Und noch ein klein wenig nachbeben
Dann ist alles in Butter.


3. Herde

Über Jahrhunderte
Via Zähmung und Züchtung zu
Des Hirten beflissnem Gehilfen – allein
Die Wölfe sind deshalb nicht ausgestorben
Und brechen sie ein in das gerodete Reich
Weil draußen doch Not herrscht
Ist nur dieser Köter da, um das Reich zu bewahren.
Hund, dein Urvater Wolf
An dem alle Aufklärung tatenlos vorüberging:
Dein Faustrecht-Urvater, Meuten-Urvater
Ist wieder im Land, und
Du darfst nun zeigen, was du gelernt hast!
Da ist sie, die große Aufgabe und dich würdigende Pflicht.

Wir aber
Ohne Fesseln gefangen in dem grenzenlosen Glück
Warten doch nur darauf, vom Herrn der Herde auserkoren
Frühlingsblumenbekränzt und mit klingenden Glöcklein
Zur Schlachtbank im Tale geleitet zu werden.
Unser Opfer ehre das Reich
Denn ein manierlicher Geschenk
Ist von ihm nicht zu erwarten.



Bêtes. Anticlimax

1. Les yeux ouverts

Se réfugiant, les yeux ouverts
 Dans le petit bonheur
Alors que les bêtes, elles
Devaient être poussées de force hors de l’étable
En des temps si mauvais :
Allez donc vous engraisser
Sur les prairies détrempées !
Bientôt il ne restera plus rien
De la gloire d’être exposé à tous vents.
La touffeur sombre de l’étable
Est lourde et anesthésiante :
Ceux que l’on n’a pas encore châtrés
S’accouplent à présent peut-être
Et ça suffit
Dans cette nuit abrutissante ça doit suffire.


2. Temps de chien

La fourrure échevelée par la tempête
Puis affreusement lissée par la pluie persistante
– Tellement t’es maigre par-dessous, mon enfant ? –
Le mieux encore c’est de raser tout.
Être misérable dans sa nudité
Est toujours préférable
À ce perpétuel va-et-vient
Selon le temps.

Le tremblotant, le tondu
Ne donne plus prise à la forfanterie de la tempête
Et non plus au méchant orage
Les éléments, les forces de la nature
N’en peuvent mais, oui
Ils sont largement désarmés
Face à tant de misère
Et tant de misérable constance.

Vous les éléments, forces de la nature
Il ne vous reste
Que faiblir à votre tour, mollir et céder;
Encore quelques secousses
Puis tout ira bien.


3. Troupeau

Le long des siècles
Apprivoisé, civilisé et affiné
Il est devenu le commis empressé du berger
Mais les loups, eux, n’ont pas disparu pour autant
Et s’ils envahissent le royaume essarté
Parce que dehors, c’est la misère
Il n’y a que ce clébard pour préserver le royaume.
Chien, ton ancêtre
Que les Lumières, trop faibles, n’ont pas pu atteindre
Ton ancêtre-droit-du-plus-fort, l’ancêtre-meute
Est revenu au pays, et maintenant
Tu dois montrer ce que tu as appris !
Les voilà, ta grande tâche et ton éminent devoir.

Nous, sans chaînes captifs de notre bonheur sans bornes
Attendons d’être choisis par le maître du troupeau
Pour que, couronnés de fleurs printanières
Et de tintinnabulantes clochettes au cou
Il nous mène dans la vallée, à l’abattoir.
Que notre sacrifice fasse honneur au royaume
Car cadeau plus poli il ne saurait nous faire.

3 – 18 Décembre 2015

lundi 14 décembre 2015

Im TGV von A nach B

העולם הבא

Die Züge werden auch immer schneller
Und die begradigten Trassen zu Autobahnen.
Wir sitzen im Großraum wie im Flugzeug
Und die Zuggespräche gehören zu den ersten Opfern.
Die vorbeieilende Landschaft enthält immer weniger –
Das alte, immobile, Land füllt sich zwar, aber
Das neue, mobile, wird niemandiger; es reist sich
Mithin weniger, und nicht nur hinsichtlich des Zeitaufwands
Doch wird einem weisgemacht, dass nur das Ziel nähergerückt sei.
Die kommende Welt – die der Toten – ist eigentlich schon da:
Es genügt, hier im Zug zu sitzen
Der so voll ist und so leer.

                                 *

Der Hochgeschwindigkeitszug als Totenreich
Mit Blick ins Leere
Und an der Tür dem Hinweis: Compartiment Zen.
Als ob man das Nirwana auch noch bestätigen müsste...
Aber so weit, auf eine Entgleisung zu hoffen
Sind wir doch noch nicht.

                                 *

Wer von der hiesigen
In die jenseitige Welt zu gelangen trachtet
Muss sich auf eine weite
Jedoch nicht unbedingt lange Reise gefasst machen:
Zwischenaufenthalt gibt es eigentlich keinen
Und auch der Kamikaze reist allein.
In Zufallsgesellschaft vielleicht, aber allein.
Manchmal glaubt er zu wissen
Was ihn im Jenseits erwartet
Als sei das Diesseits davon nur ein Vorgeschmack;
Verständlich, doch
Das Nichts, das wir hier schon kennen
Bietet keinen Vorgeschmack – so wenig
Wie die Jugend einen des Alters bietet
Obwohl das Altern schon in der Jugend beginnt.
Überhaupt ist es übertrieben zu behaupten
Im Hochgeschwindigkeitszug zu sitzen
Sei Strafe genug.

11. Dezember 2015

samedi 12 décembre 2015

Ein sonniges Gemüt


1. Schwerkraft


Er lebt in einer kleinen Welt
Die fast nur aus ihm selbst besteht
Und wie’s um diese Welt bestellt
Erkennt man daran, wie’s ihm geht.

So klein die Welt, die ihn enthält
Dass er drin auf- und untergeht
Als wäre sie ein Himmelszelt
In dessen Mittelpunkt er steht.

Dies Himmelszelt ist seine Welt
Weil sich halt alles um ihn dreht;
Doch fragt nicht, was ihn darin hält
Weil er das selber nicht versteht.


2. Komparative

Es wird alles prächtiger
Und stets ohnmächtiger
Und jeder Berserker
Auch immer stärker.

Es wird alles luftiger
Und übelduftiger
Und jeder Betrüger
Klüger und klüger.

Es wird alles saftiger
Und unwahrhaftiger
Und jeder Landstreicher
Immer noch reicher.

Es wird alles köstlicher
Und doch untröstlicher
Aber kein Messer
Schärfer und besser.

Es wird alles wichtiger
Unrichtiger, nichtiger
Doch ich Verrückter
Bin immer vergnügter.


9. Dezember 2015

vendredi 11 décembre 2015

A Winter’s Tale

Anscheinend taut der Schnee auch wieder ab
Anscheinend muss man nur noch etwas warten
Dann öffnet es sich wieder, dieses Grab
Namens „mein Garten“.

Ich widerspreche nicht, sie wollen’s glauben
Und ich will nicht den Spielverderber machen
Jedoch vertraue lieber meinen Augen
Den alten, schwachen

Und diese Augen sagen mir : Vorbei!
Ja, alles ist dahin, tot und begraben
Es kommt nichts mehr wie’s war – und anders, neu
Mag ich’s nicht haben.


Paraît que cette neige fondra bien
Paraît qu’il faut se fier aux lendemains
Paraît qu’il se rouvrira, ce tombeau
Qu’est mon jardin.

Je ne dis rien, ils ont ça dans la tête
Et je ne veux pas être un trouble-fête
Mais je ne fais confiance qu’à mes yeux
Mes yeux si bêtes.

Ces yeux me disent : Tout fini, mon vieux !
Fichu, kaputt, mort, enterré... Adieu !
Rien ne revient tel quel – et neuf et autre
Point ne le veux.


9 Décembre 2015

jeudi 10 décembre 2015

Klopfgeräusche aus dem Kofferraum

Dies Klopfen aus dem Kofferraum:
Ist’s Wirklichkeit oder ein Traum?
Was könnte dort verborgen sein?
Ein Engelein?

Bring in dem Kasten gar mein Glück
Ich mit ins eigen Heim zurück?
Als fleischgewordnen Lebenszweck
Statt nur Gepäck?

Vielleicht ist es ein böser Geist
Der ungebeten mit mir reist.
Egal. Ich lass den Deckel zu
Dann ist bald Ruh.

8. Dezember 2015

mercredi 9 décembre 2015

Gecko

On a eu un gecko collé au plafond.
T’as déjà eu un gecko collé au plafond ?
– Évidemment. D’abord ça fait peur, mais après, c’est rassurant :
Quand on s’y est habitué, on est arrivé.
C’est vraiment formidable, un gecko auquel on ne fait même plus
_________________________________________attention.

[Es gibt nun einmal Lebensmodelle, die von der Geschichte auf den Misthaufen geworfen werden. So das kontemplative. Ja, eine Zeit, in der nichts zu machen ist – in der man überzeugt wurde, dass wirklich nichts mehr zu machen ist – schreit nach Aktion.
Das heutige Lebensmodell ist also ein aktives. Eines, das davon ausgeht, dass nichts mehr zu machen ist und deshalb nicht mehr beobachtet und analysiert – das hilft ja nichts – sondern handelt. Allerdings „sich selbst verwirklichend“ handelt – denn so viel muss sein – und namentlich, ob nun Sozialtourismus oder nicht, die erschwinglich gewordenen Reisemöglichkeiten ausnutzt. Das ist der wahre Untergang des Abendlandes; er wird aber vielleicht erst dann seinerseits auf dem Misthaufen landen, wenn von Abendland tatsächlich keine Rede mehr sein kann, und von „Reisen“ auch nicht mehr.
– Richtig: Wenn nichts mehr geht, kriegt man unweigerlich dieses Kribbeln, und fängt an, sich irgendwie zu bewegen. Und je mehr man sich irgendwie bewegt, desto weniger ist. Dabei wird am Ende sogar das Sprechen verlernt: „Jet Airways“, „Udaipur“, „Jodhpur“, „Peshawar und so“, „was es aber in Gujarat zu machen gibt, weiß ich ehrlich gesagt auch nicht“ – so die Kauderwelsch-Blödigkeiten aus den unbefriedigten Fressen am Nebentisch. Welch Glück, dass unsereiner hier nicht mitreden kann.]

Whenever I’ve met some dreadful beast
I hadn’t met before, I knew
This dreadful beast I’ve met at least
Has met me for the first time too.

First times beget odd company
Since fear and dread have paired on earth;
Who’ll ever say which curse is worse:
I bred the beast, the beast bred me.

(But then first times grow sloppy seconds
And turn the tamed one into pet
Till the cruel habitude that beckons
Confirms the fear felt when we met.)

December 7, 2015

mardi 8 décembre 2015

Des fourmis

[Wenn einen etwas kratzt, beißt oder juckt, ist da etwas. Oder es ist nichts. Wenn nichts ist, hat es einen umsonst gekratzt, gebissen oder gejuckt.
Hat man etwas versäumt, kann das einen jucken oder nicht. Hat einer sein ganzes Leben versäumt, war da nichts, und es juckt ihn umsonst – falls es ihn juckt. Er sollte aber froh sein, dass da nichts war, denn wenn es einen kratzt, beißt oder juckt, kann es schließlich auch etwas sein, und das ist dann möglicherweise dumm.]

Qui n’a pas craint que sa
Petite vie ci-bas
Puisse être dérangée
Quand ça l’a démangé ?

Quand ça m’a démangé
Je me suis arrangé
Avec ma vie ci-bas
N’en faisant pas grand cas.

N’en faisant pas grand cas
Petite vie ci-bas
À défaut de danger
S’est autrement vengée.

4 Décembre 2015

samedi 28 novembre 2015

Städtische Baumfürsorge

Man hat die Stämme einfach auf halber Höhe abgeschnitten.
Vielleicht macht man das so, vielleicht
Ist das fachgerecht, ich weiß es nicht.
Im Sommer ging es ja noch, aber jetzt...
Was ich sehe, ist jedenfalls nicht schön.

Manchmal wurde krumm abgesägt
 – Vielleicht ein Arbeiter mit künstlerischer Ader...
Man könnte dann meinen, das sei der Blitz gewesen; es hat
Aber auch dann nur die städtische Baumfürsorge eingeschlagen.

Ahmt die Stadt die Natur nach, hält die Täuschung nie lange;
So geht es mit den menschlichen Unternehmungen. Ob insofern
_____________________________________________den
Regeln der Kunst folgend oder nicht, entzieht sich, wie gesagt,
____________________________________meiner Kenntnis.


Le Service de l’Arbre et des Bois de la Mairie

Ils les ont simplement coupés à mi-tronc, les arbres.
Peut-être cela se fait-il, peut-être
Est-ce selon les règles de l’art, je n’en sais rien.
Eh ben, en été ça allait encore, mais maintenant...
En tout cas, ce que je vois n’est pas beau.

Parfois on a scié de travers
– Peut-être un ouvrier à la veine artistique...
Ça ressemble alors à un coup de foudre ; or là encore
Ce n’est que le Service de l’Arbre et des Bois de la Mairie qui a frappé.

Lorsque la ville imite la nature, l’effet trompe-l’œil est fugace ;
Ainsi en va-t-il des entreprises de l’homme. Si en suivant
Les règles de l’art ou pas – ça, je me répète, je l’ignore.

27 Novembre 2015

vendredi 27 novembre 2015

De Silentio et Secretis


i. Quasi eine Schweigestunde

Im Dichterclub
Hat es ihnen
Nach den Attentaten
Die Sprache verschlagen.
Man befürchtete nun auch noch
Den gewohnten Großen Aufschrei
Aber es kam nichts.
Die Attentate
Waren zu nah, sie
Hätten auch die Dichter
Des Dichterclubs treffen können
Und das verschlägt
Hinterher noch
Die Sprache.

Schau an, die unendliche Macht des Schweigens:
Wenn er bloß die Klappe hält
Wird aus so manchem
Fast ein Dichter.


ii. Eine Frage des Wo und Wann


Sich anschweigen
Und daraus eine ganze Geschichte machen
Es gar in Buchform zu veröffentlichen
Ist auch so etwas.
Man hat den Eindruck, dieses Anschweigen
Sei etwas Neueres.
Nichts Uraltes, eine Neuheit. Bio.
Ein urbanes Bioanschweigen
Das sich ländlich, natürlich und tief will
Aber nur gesucht ist
Weil eben alles gesucht ist
Was sich absetzen möchte
Und sozusagen keine Glotze bei sich stehen hat.

Nein, ich glaube diesen Stillen ihre Stille nicht.
Zu unseren Städten passt sie nicht, und nicht in diese Viertel.
Ob es einem nun gefällt oder nicht:
Halbwegs wahrhaftig ist
Jetzt nur noch der kleinen Leute Geschwätzigkeit.
Alles andere ist Karriereplanung.


iii. Wie Noah

Und es endet immer gleich.
Als ob er gesoffen hätte
Sagt er den einen Satz zu viel.
Jenen Satz, der ihn entblößt, scheint es
Wie Noah vor seinen Söhnen.
Ja, besoffen und biblisch, der Depp.

Plötzlich entblößt er sich also
Als ob ihm zu warm wäre
Mit einem überflüssigen Satz.

Kennenlernen lässt er sich dadurch aber nicht.
Der Satz ist nur eine von einem Windstoß aufgeschlagene Tür
In einen Wohnungsgang hinein, einen Durchgangsort
In dem sich keiner länger aufhält;
Der Salon bleibt zu hinter einer anderen Tür
Und umso mehr das Schlafzimmer. Vor allem das Schlafzimmer
Ist durch Worte nicht zugänglich, sein Schlüssel ist das Schweigen.

– Ah ja, wieder das Schweigen. Und was willst du damit sagen?
Es mieft aber gewaltig, dieses dein Schlafzimmerschweigen.
Ich ziehe dem noch deine gängigen Wirrheiten vor.



i. Quasi une heure de silence

Dans le club des poètes
Ils avaient
Le sifflet coupé
Après les attentats.
On craignait en plus
Le Grand Cri habituel
Mais rien.
Les attentats
S’étaient passés trop près, ils
Auraient pu les toucher
Les poètes du club
Et ça
Même après
Coupe le sifflet.

Tiens, l’immense pouvoir du silence :
Fermer la gueule
Fait de certains
Presque des poètes.


i. Question de temps et de lieu

Se taire ensemble
Et en faire toute une histoire
Publier le mutisme mutuel carrément sous forme de livre
Est un autre de ces trucs.
On a l’impression que ce silence
Est quelque chose de tout nouveau.
Rien d’ancestral, une nouveauté. Bio.
Un silence bio, hyper-urbain
Qui se prétend rural, naturel et profond
Mais n’est que recherche
Puisqu’est recherche tout désir de se distinguer.
À l’instar de la téloche qu’on n’a pas chez soi.

Moi en tout cas, cette taciturnitude-là, je ne la gobe pas ;
Elle ne va pas avec nos villes, ni avec ces quartiers.
Qu’on le veuille ou non
La seule chose encore à peu près authentique
C’est la faconde des petites gens.
Tout le reste ressemble à un plan de carrière.


iii. Tel Noé

Et ça finit toujours pareil.
Comme s’il s’était bourré la gueule
Il dit le mot de trop.
Qui le découvre, semblerait-il
Tel un Noé face à ses fils.
Oui, bourré et biblique, pauvre tache.

Brusquement, ils se découvre donc
Comme s’il avait trop chaud
Par un mot de trop.

Mais ce n’est pas ainsi qu’il se fait connaître.
Ce mot n’est qu’une porte ouverte par un coup de vent
Donnant sur le couloir, un lieu de passage
Où on ne séjourne pas ;
Le salon reste fermé derrière une autre porte
Et plus encore la chambre. La chambre surtout
N’est pas accessible par des mots, sa clé est le silence.

– Ah bon, le silence encore. Et pour exprimer quoi ?
Ça schlingue bon le renfermé, ton silence d’alcôve.
Quant à moi, je préfère encore tes insanités de passage.


26 Novembre 2015

dimanche 22 novembre 2015

Eine Äußerung der Ewigen Wahrheit

Ich ärgere mich immer mehr
Nur ist nichts mehr zu retten;
Doch wäre alles halb so schwer
Wenn Vöglein Flügel hätten.

Wenn Fischlein schwimmen könnten
Dann wäre vielleicht noch was drin;
Nun, spart mit Komplimenten:
Ich weiß auch, dass ich sterblich bin!

Wenn nur die Würmlein wollten
Wär freilich alles halb so wild;
Doch bleibt unabgegolten
Was ewig währt und ewig gilt.

So weiß ich nur, was ihr auch wisst:
Dass Vöglein Flugangst peinigt
Und wasserscheu das Fischlein ist
Und Würmlein nichts bereinigt.

18. November 2015

jeudi 12 novembre 2015

An mich

Sind das, was ich höre, frühmorgendliche Vögel
Oder Pfeifgeräusche aus der eigenen Brust?
Der Seelenhauch, ein Vogel: Einmal musst
Du dich entscheiden, ob du fliegen willst, Schlegel!

Abzwitschern oder nicht – so früh am Tag
Schon garstige Fragen auf Leben und Tod?
Es bleibt dasselbe Morgenrot
Wer immer es vertonen mag.

11. November 2015

mercredi 11 novembre 2015

The Eggs Demanded

We now can see the downstream preening of here and now:
The age demanded us, back then tufts ruffled, to
Lay and breed a clutch who some soon day
Would have their thatches ruthlessly cropped wishing
To keep in key with time in age’s clutches.

What has been lopped off wasn’t brush, it
Was another’s fierce panache
Like an achievement of a bygone art.
The age demanded, thus, redecoration
To stay perceptible as such.

The age was never really ours, it was its own, a truth
Which, wingèd, we ignored until in time
We picked up on the fact that we’d lost track of it.
Yet aren’t finished, begetters regardless.
Of ages, too, that don’t belong.


November 7, 2015  [On One of Two, II]

jeudi 22 octobre 2015

By That Time Summer and


i.

Wer in Pantoffeln
Durch die Wohnung schlurft
Dem ist kein Platz in der Geschichte sicher

Der hinterlässt keine Pantoffelspuren
Im Buch der Geschichte
Für die Ewigkeit.

Ei, man muss
Fein wählen zwischen
Pantoffelei und Nachwelt...

So dachte, wer sich die Stiefel schnürte, und
Nicht wusste, dass auch die Wanderer
In der Natur verschwinden.


ii.

Was hilft einem Crane der Nachruhm? Der
Vorruhm der Stipendiaten ist nützlicher.
Allein, was hilft Nutzen?

Unnütz Kerlchen
Von Land zu Land gelobt
Um hinterher verscharrt zu werden;

Nützes Kerlchen
Vom Land aufs Meer gejagt
Um danach aus nassem Grabe geborgen zu sein –

Ach, das alles ist ja auch Werk
Und das Werk Späterer
Also keines.

Die Tage des einen
Wie die Tage des anderen:
Allzu nutzlos dahingegangen

Wie hilflos die Bemühungen beider
Es möge zu dem Ruhm doch der
Ruhm noch hinzukommen.


iii.

Endlich quasi geschlechtslos
Am eroberten Herd die dunkle
Heimatküche wiederentdeckend:

Die Ruhe, welche da einkehret
Kennet einer sein Leben
Ist noch kein Tod.

Zwar ausgewandert
Jedoch nicht ausgelebt
Und ausgedacht, -gedichtet

In solcher Pantoffelzeit
Um den rührenden Nachtod
Vielleicht doch noch zu erleben.

Allerdings selber schuld
Wem die Geduld dafür abging
Und wer jetzt immer noch wartet.


22. Oktober 2015  [On One of Two, I]

jeudi 1 octobre 2015

Symbiose

Wenn Bäume rauschen, ich aber nicht mitrausche
Wird mir das Rauschen schnell zuviel.
Rauschen Bäume und rausche ich mit, ist alles gut.
Kann mich jemand zum Mitrauschen zwingen? Nein.
Kann jemand Bäume zum Nichtrauschen zwingen?
Nur die Kettensäge kann das, doch ich liebe sie nicht.
Ich bedaure, nicht immer mitrauschen zu können
Aber freue mich, dass Bäume nicht andauernd rauschen.
So eng liegen Bedauern und Freude zusammen
Wenn es um das Rauschen geht
Und man auf die Meinung der Betroffenen
Keinen argen Wert legt.

Dennoch hängen wir alle miteinander zusammen
Wie zum Beispiel besagte Bäume mit irgendwelchen Giftpilzen
Oder überhaupt der ganzen Umwelt, wie
Etwa Nachbarn, von denen einer ein rauschendes Fest feiert
Und die anderen nicht dazu eingeladen hat.
Es wäre besser gewesen, er hätte, denn dann stünde
Nicht mitten in der Nacht urplötzlich die Polente vor der Tür.
Weiß man, wer angerufen hat? Nicht alle Symbionten leiden
___________________________________________stumm.
Ja, wir Bäume sollten beim Rauschen an die Folgen denken
Und wir Folgen an die Bäume.
Dann wäre alles, alles gut.

28. September 2015

jeudi 24 septembre 2015

L’Invincible Armada

               S’il fonctionne moins bien
               C’est peut-être parce qu’on en a moins besoin ;
               Quand le besoin se fera sentir, ça marchera !
               Ainsi se rassurait-il.
               Mais si, justement, ce besoin ne se faisait plus sentir
               Puisqu’il fonctionne beaucoup moins bien ?
               Alors, ce ne serait pas grave non plus.
               Ainsi se désespérait-il.


Peut-on continuer à vivre
Sans les images apportées par les tempêtes de la nuit ?
Des rêves d’aveugle suffiront-ils ?
La mer nocturne reste calme
Lorsque la fin approche.

On a bâti tout un monde sur le principe des grands vents.
L’Invincible Armada qui, les voiles gonflées, sait dominer la houle
S’anéantit dans les eaux étales :
Ce n’est point l’ouragan qui la fracasse en morceaux
C’est la conclusion qu’il n’y a pas d’Amérique
Là-bas, au-delà des hautes vagues.

23 Septembre 2015

mercredi 23 septembre 2015

Whatever Stirs

Still a trifle alive and cooking
Once again stewing stuff, often stirring
Whereupon meaty scents rise and wriggle through the hood.
The incorporeal by hook or by crook goes to evaporate
While substance, in turn, tends to sink and cluster:
Even in the gravy there is gravity at work;
To battle against it, stubborn stirring.

– That’s why the sagging, I see. But are there
Any other signs for the coming nigh of doneness?
Certainly. Fattening.
Does that fattening prevent the sagging?
No, it emphasizes.
No other?
Yes, vanishing.
Does vanishing emphasize anything?
Wish it would.

In the meantime, let us serve brother dish.

     “The doneness of a piece of man 
     Depends on how long he’s on fire.
     You say you’re rare, you’re but a liar:
     You’ve broiled a lifetime in the pan.

     Quite sure, the outside doesn’t tell
     But Cookies got a fork to stab.
     You are not blue, you’re simply drab
     This roasted on some stake of hell.”


September 17, 2015

mercredi 16 septembre 2015

Fragment (Barbaren)

Sie standen an der Grenze und hielten Ausschau
Um das Reich vor den Barbaren zu beschützen.
So groß war die Bedrohung geworden, und so
Mutlos sie selbst, wie sie im Schnee sich die Hände rieben
Dass sie schon besprachen
Ob die Barbaren das Reich würden regieren können
Dabei waren diese in der Hauptstadt
Schon längst an der Regierung.
Wer sie an die Grenze geschickt hatte
War eine Regierung von Barbaren gewesen
Die barbarischen Hosen verborgen unter Senatorentogen
Nicht erkennbar als Barbaren namentlich denen
Die an der fernen Grenze standen, Ausschau zu halten.

Hatten sie einzeln um Einlass gebeten
Und hatte den Einzelnen man etwa Einlass gewährt
Weil keine drohende Heerschar herangeritten war
Sondern jeder für sich so freundlich angefragt hatte?
Weit gefehlt. Die Barbaren waren
Der edelsten Römer
Eigene fremde Kinder
Die nicht mehr das Reich, sondern nur noch sich selbst
___________________________________beschützten.

18. März 2013

jeudi 13 août 2015

Hinterhalt

Ist das zu Recht im Hinterhalt zu nennen
Was nur eben bei sich selbst ist?
Wen blendet denn schon die aschgraue Verheißung
Des Steins, bevor draus Feuer geschlagen wird?

Vielleicht verborgen der Grund, doch nicht die Weise.
Vielleicht verborgen das nicht billig zu Habende.
Deswegen etwa auch der Hinterhalt.
Ein ganzes Leben steckt dahinter.

Allein hermetisch das Warum.
Wer es nicht lebt, ja, der sieht es vielleicht nicht:
Das zumindest sollte augenfällig sein.
Aber was ist schon Licht?

Schon so spät jetzt. Das Eigne
Hängt auch an dir wie schwere Ketten
Nur eben Eisen im Goldglanz versinkender Sonne
Nicht ordinäre goldne Ketten.


Réserve

Peut-on appeler à juste titre en cachette
Ce qui, simplement, est chez soi ?
Qui donc éblouirait la promesse cendrée
Du silex avant que n’en parte le feu ?

Cachée peut-être la raison, pas la manière.
Caché peut-être rien que ce qui n’est facile.
Voilà pourquoi la réserve.
Là-derrière, planquée, une vie entière.

Est hermétique le seul pourquoi.
Peut-être faut-il la vivre, cette vie, pour la voir :
Cela au moins devrait être une évidence.
Mais qu’est-ce après tout que la lumière ?

Il est déjà tard. Ta nature
T’encombre, toi aussi, de lourdes chaînes ;
Seulement, des fers dorés par le soleil couchant
Pas de vulgaires chaînes en or.


Reserve

Who can call with good reason lying in wait
The thing that simply abides in itself?
Who’d be dazzled by the ash-gray commitment
Of a flint yet before fire struck from it?

Maybe hidden the grounds, not the manner.
Maybe just hidden what isn’t easy to get.
That’s why the reserve.
And behind it, stashed away, a proper lifetime.

Hermetic only the grounds.
If you don’t live it, you might happen to not see it:
This at least should be apparent.
But what is light after all?

It is getting late now. Your belongings
Do encumber you, too, like heavy chains –
Irons gilded, indeed, by the sunset
No gaudy gold chains.


August 12, 2015

dimanche 2 août 2015

Ernte

Das aus dem Frühnebel tretende Einhorn
Das nichts ankündigt

Die klaren, kalten Tage
Ohne Botschaft oder Auftrag

Die Dämmerung mit ihren Buckelgestalten
Fäuste ballend, aber stumm

Die erscheinenden Gedanken
Aus dem einsamen Meer aufgestiegen

Jenes Leben aus Erschütterung und Ängsten
Nutzlos jähem Bemerken:

Nicht kann die Ernte doch eingefahren werden
Nein, nicht vor Nacht und Schlaf.


Récolte

La licorne surgie des brumes matinales
Sans annoncer une chose

Les journées claires et froides
Sans tâche ou message

Les créatures bossues du crépuscule
Serrant les poings, mais muettes

Les pensées qui apparaissent
Jaillies de la mer déserte

Cette vie faite de chocs et d’angoisses
De la brusque et inutile aperception :

La récolte ne sera pas engrangée
Non, pas avant nuit et sommeil.


Harvest

Stepping out of early mist the unicorn
Herald of nothing

The clear and cold days
Without message or mission

Twilight’s hunchbacked apparitions
Clenching fists but in silence

The thoughts cropped up
Sprung from the desolate sea

This life of anguish and commotion
Of unhelpful sudden insight:

There shall be no harvest to reap
No, not until night and sleep.


July 29 & EN 31, 2015

samedi 1 août 2015

Ein Dichter meines Alters

Ein Dichter meines Alters beklagt sich
Etwas erreicht zu haben. Eventuell zuviel.
Dahin, die holde freie Jugend, weh
Ach weh, die Zwangsjacke des Erreichthabens!

Ich bin auch meines Alters
Und habe nichts erreicht, gar nichts.
Dahin, die hoffende Jugend, weh
Ach weh, die bewahrte holde Freiheit!

Wir spielen beide bei den Alten Herren
Nur nicht in derselben Liga.
Soll ich nun Gefühle entwickeln für dich
Der du einer Vorgeschichte nachtrauerst?

Wirst eben Eintrittsgeld bezahlt haben müssen.
Ich weiß es jedoch nicht, blieb unerfahren;
Der so viel banalere Misserfolg lässt
Keinen Platz für Schadenfreude.


Un poète de mon âge

Un poète de mon âge se lamente
D’avoir réussi. Éventuellement trop.
Adieu, belle jeunesse libre, las
Ô las, camisole de la réussite !

Moi aussi, je suis de mon âge
Et cela sans avoir réussi quoi que ce soit.
Adieu, jeunesse pleine d’espoir, las
Ô las, belle liberté conservée !

Tous les deux chez les vétérans
Nous n’évoluons pas dans la même ligue.
Faudrait-il que j’aie des sentiments pour toi
Qui regrettes désormais une préhistoire ?

T’as dû payer ton billet d’entrée, mais
Je n’en sais rien, faute d’expérience ;
L’autrement banal échec ne laisse
Pas de place pour m’en réjouir.


29 Juillet 2015

mercredi 29 juillet 2015

Herkunft

Man wurzelt schnell ein –
Zwei oder drei Generationen genügen.
Die Vorfahren waren eingewurzelt

Und zogen doch immer wieder um
Gehörten verschiedenen Völkern an
Darunter auch speziell umziehendem

Und wirken doch überall schon verwurzelt
(Oder wenigstens nicht entwurzelt)
Falls einmal die Sprache auf sie kommt.

Liegt das an der Sprache, an den
Vorfahren oder war es damals einfach so?
Zu lange her, man kann es nicht mehr entscheiden.

Ich bin jedenfalls auch umgezogen
Und Einwurzelung ist gerade nicht, jawohl
Das glatte Gegenteil scheint an der Tagesordnung

Und darum weiß ich kaum, wie sie gedacht haben
Was sie allweil so umtrieb, geneigte Vorfahren
Inwiefern in ihrer grauen Vorzeit

Sie sich also auch voneinander unterschieden
Und nicht nur etwas andre Rituale pflegten
Und sich etwas anders ernsthaft gaben.

Wie ein Frankenstein aus ihnen zusammengefügt
Lebe ich so, als sei alles neu: neu, ungedacht
Und unterschiedlich, aber alles in allem

– Das heißt im Anderswo irgendwo –
Muss ich ihnen dann wohl ähneln, meinen Vorfahren.
Ist das gleichgültig?

Man gewöhnt sich an das Neue
Doch an das Alte kann man sich nicht mehr gewöhnen
Denn es ist schon wie vergangen.


Origine

C’est vite arrivé qu’on prenne racine –
Deux ou trois générations suffisent.
Les ancêtres avaient pris racine.

Pourtant, ils ne cessaient de bouger
Appartenant à des peuplades diverses
Dont une qui est spécialement déménageuse

Tout en donnant l’impression d’être enracinés
(Ou du moins pas trop déracinés)
Quand il se trouve qu’on parle d’eux.

Serait-ce à cause du parler, à cause d’eux
Ou était-ce tout simplement comme ça autrefois ?
Cela fait bien trop longtemps, on ne saurait plus le dire.

Moi aussi, j’ai bougé, pour l’instant
Sans qu’il y ait eu enracinement, hélas
C’est le contraire qui est à l’ordre du jour ;

Et voilà pourquoi je ne sais guère leurs pensées
Et ce qui a dû les remuer, ces chers ancêtres
Et en quoi, en leur immémoriale grisaille

Eux aussi se distinguaient nettement l’un de l’autre
Au-delà de s’adonner à des rituels différents
Et d’être sérieux chacun à sa manière.

Tel un Frankenstein composé d’eux tous
Je vis comme si tout était neuf : neuf, impensé
Et dissemblable, mais, tout compte fait

– Bien quelque part dans mon ailleurs –
Je dois alors leur ressembler à mes ancêtres.
Serait-ce sans importance ?

Si l’on finit toujours par s’habituer au neuf
Impossible de s’habituer à l’ancien
Car celui-là, il est déjà comme parti.


25 Juillet 2015

lundi 27 juillet 2015

Von den Fundstücken

Er sagt, er sucht nicht nach ihnen
Erwartet jedoch, dass sie kommen.
Dass sie auf ihn stoßen, ihm zustoßen.
Damit sie aber kommen, muss er gehen.
Er muss rennen, damit sie ihm nachlaufen.
Doch wenn sie dann irgendwo auf ihn stoßen
Haben sie sich von ihrem Geburtsort entfernt.
Es wäre schön, sie noch an ihrer Quelle zu finden
Ganz herrlich, gleich an der Quelle darauf zu stoßen.
Also dort, wo sie sich tränken. Aber das geschieht selten.
Und ob es dann die gelungensten sind, ist eine andere Frage.

Darum behilft er sich mit dem reinen Wegrennen vor ihnen.
Mit jenem Wegrennen, das freilich einem Warten ähnelt
Dem wenigstens hoffnungsvollen Fliehen sozusagen
Und solche Kühnheit hat immerhin zum Ergebnis
Dass sie tatsächlich irgendwann auf ihn stoßen
Wenn auch erst weit entfernt von der Quelle
Denn um sie an der Quelle zu überraschen
Bräuchte es weniger Hoffen und Fliehen
Als schieres, ungetrübtes Nichtwollen
Was jedoch seine Kräfte übersteigt
Die allzu wunschbereiten Kräfte.

27. Juli 2015

dimanche 26 juillet 2015

On a Close Shave

     Now any different, shaven pan?
So, was that soul’s patch naught but fly
A stylish trick and alibi
    The mental piece (you’ll catch my drift)
Being a barren bluff again
And no more hotbed breeding thrift
Nor nest for knickknack, chin-aware?

    Like any other, barbered skin
Must shine its truth, in mirror style
As if lost outgrowth by some wile
    Would clear one’s mind, and yet lay bare
The yarn spun by the raffish chin.
So, any different? Anywhere?
– Nah. Just another fashion shift.

July 25, 2015

mardi 14 juillet 2015

Sündenfall


i. Worauf es ankommt

Die Früchte der Erde genossen –
Nicht als Obst, sondern durch die Brennblase gegangen;
Das Destillat zuvor bezahlt mit Geld;
Dieses Geld durch Nichtstun erworben (schändlich!);
Destillat aber die Grundlage für ein neues Gedicht.

Lebenswasser = Menschenwerk
Dichtereien = Menschenwerk
Jedoch unter anderen Bedingungen.

Mit den Früchten der Erde weiß jeder etwas anzufangen;
Mit dem daraus Gebrannten eigentlich auch;
Aber mit dem aus Brand sublimierten Wortgebäude?

Es gibt Menschenwerk und Menschenwerk
Insofern es hierzulande an Erwartungen mangelt.


ii. Wo wird es sein?

Wartet einer darauf?
Nein, niemand.
Arbeitet einer daran?
Ja, jemand.
Wo wird es sein, dieses Werk?
In der Erwartung: nirgendwo
Aber irgendwo.

Das Werk kommt seinem Schöpfer gleich
Und der Schöpfer seinem Werk –
Das ist hiermit bewiesen.

Und rechtfertigt selbst das verborgene.


iii. Die Lehre

Was freilich sollen Rechtfertigungen
Wo doch der reine Alkohol genügt?
Der Mensch soll sein Werk nicht zu weit treiben
Wenn er möchte, dass es für sich selbst spricht.

Das Werk, das nicht mehr für sich selbst spricht
– Ob erwartet oder nicht –
Ist nur noch den Menschen wert
Der es fabriziert hat.

Eine Lehre, egal
Ob für den Menschen
Oder sein Werk.

8. Juli 2015

mardi 30 juin 2015

Großes Rätsel

Jemand sitzt in einem vergitterten Raum.
Alles vergittert. Alles.
Wie ist er nur hineingekommen?
Es muss ihm doch jemand geöffnet haben.
Jene vergitterte Tür.
Jetzt sitzt er da wie das Segelschiff in seiner Pulle.

Man fragt sich zwar, wie er es geschafft hat
Aber er passt hinein. So perfekt
Als sei er dort geboren, hineingeboren wie die Williamsbirne.

Glas oder Gitterstäbe –
Was das Lebendige dahinter hält
Ist einzig und allein, dass es nicht hindurchkommt.
Diese Binsenweisheit löst aber keineswegs das Problem
Dass es durch sie auch nicht hineinkommt
Und zuweilen dennoch dahinter ist.

Es ist ein arg gewitzter Helfer
Der das zustande bringt.
Von selbst schafft man es nicht.
Von selbst schafft man nur das Unglücklichsein.



Grande énigme

Celui-là est dans un pièce grillagée.
Grillagée partout. Partout.
Comment donc a-t-il pu y entrer?
C’est que quelqu’un a dû lui ouvrir.
Cette porte grillagée.
Maintenant, il fait le voilier dans sa bouteille.

Si l’on se demande bien comment il a pu faire
Il y semble tellement à sa place
Qu’on le dirait né dedans, comme une poire Williams.

Du verre ou du grillage –
Ce qui retient le vivant derrière
C’est uniquement qu’il ne saurait passer à travers.
Ceci dit, il y a toujours le problème
Qu’il ne passe pas non plus de l’autre côté
Et pourtant s’y trouve parfois prisonnier.

Doit être par trop malin
Celui qui aide à réussir un tel coup.
Tout seul, on n’y arriverait pas.
Tout seul, on n’arrive qu’à être malheureux.

28 Juin 2015

lundi 29 juin 2015

Verwilderte Gärten

Verwilderte Gärten
Oder romantisch zugewachsene Grabstätten
Haben in Deutschland nur in Gedichten ihren Platz;
In der Wirklichkeit
Kommt ein Brief von der Stadt- oder Friedhofsverwaltung
Und es muss gerichtet werden.

Dass wegen eines krumm eingesunkenen alten Steines
Mit der Zwangsauflösung des Grabs aufgrund von Ungepflegtheit
_____________________________________  gedroht wird
– der Fachausdruck ist „Abräumen“ –
Allein diese Tatsache
Lässt des Landes historische Flächenbombardierung
In durchaus milderem Lichte erscheinen.

Was man will, das bekommt man auch.

28. Juni 2015

dimanche 28 juin 2015

Tugenden


i. Was erhält und was zerstört

Lieblos waltende Gestalten
Wollen ihm sein Glück erhalten
Wesen, die das Herz betören
Wollen dieses Glück zerstören.

Warum ist das so, warum
Ist es denn nicht andersrum?
Vielleicht fehlt an seinem Glück
Einfach noch ein kleines Stück.


ii. Was hilft

Gut ist es zu gehen.
Hat einer genug, kann er sich davonmachen.
Nichts mehr sagen, sich wortlos abseilen.
Jedoch würdigen Ganges, nicht etwa
Zetermordio schreiend flüchten.

Gut ist auch zu stehen.
Allem Druck zu widerstehen. Wortlos. Beharrend.
Hier stehe ich, ihr Armleuchter, ich wenigstens
Kann nicht anders; und wer eben auch nicht
Anders mag können, der stehe mir bei.

Das Beste aber ist zu flehen.
Gelobt seien stürzende Tränen, seien ringende Hände;
Denn es sind die vom Leid geplagten Wortreichen
Sowie die zungenfertig ihr Leid Klagenden
Denen die Glorie winkt.

Gehen ist gut, stehen ist gut
Wer aber gar zu flehen versteht
Der hat in dieser Welt von Unbarmherzigkeit
Den Weg zur Glorie beschritten.
Ja, so edel geht es dann doch auch wieder in ihr zu.


iii. Ce qu’il en est


Les vertus de l’enfance
Ne sont pas les vertus de l’âge adulte
Ne sont pas les vertus du grand âge

Mais ce n’est pas ton âge que tu as
Mais celui de tes vertus.


25 Juin 2015

jeudi 25 juin 2015

Délestage

En perdant un peu de poids
Je me suis amusé à remonter cette pente
Qui veut que je m’alourdis
Tout en glissant vers l’état final, squelettique.

Entre le mouvement réversible
Et l’irréversible
Je me suis donc un peu amusé. Oui, un peu, sans
Grand espoir, en lâchant quelque lest.

Allégé glisserai-je moins vite
Et sera-t-il moins choquant, le contraste
Entre le futur moribond trop en chair
Et son cadavre rongé ?

On n’en est pas à un paradoxe près
Et je me suis donc amusé avec moi-même
M’acharnant péniblement contre ce qui m’attend.
Mais, rassurez-vous, le résultat des efforts était minime.

24 Juin 2015

mercredi 24 juin 2015

Schatten

Man hat partout den Schatten bemüht
Als ob es ein Schatten wäre
Wer einen vom Licht in die Dunkelheit zieht
Und vom Leichten ins Schwere.

Mein Schatten zeigt mir keinen Weg
Er fängt nur an bei mir
Denn steht mir eine Wand im Weg
Strebt er hoch an ihr.

Und gibt er so die Richtung an
Verhöhnt er mich zugleich.
Hinweg, du hämischer Schattenmann
In das Schattenreich!

23. Juni 2015

samedi 6 juin 2015

Parfois, je me demande


1. Nuit de fièvre

C’est une créature qui a le feu au derrière.
Je l’ai touchée et je peux te l’assurer :
Elle a le cul en feu.

C’est qu’elle a dû prendre un sacré coup de froid.
Si je continue à l’avoir aussi près de moi, cette
Créature tellement chaude

Je finirai comme elle.
Alors nous serons deux à avoir le feu au derrière
Et plus vraiment envie de nous amuser.

Parfois, je ne comprends rien à nos façons de parler.


2. L’intelligence d’en rire

Il y a des gens aux rires importants.
Ils ont peut-être de très grandes bouches
Et quand ils rient, bruyamment, cela va de soi.

Ce peuvent être des personnes fort intelligentes
Qui ne rient que de circonstances
Risibles aux yeux des personnes fort intelligentes

Mais leurs éclats habillent comme un uniforme :
En s’esclaffant, ils se mettent à ressembler aux autres
Y compris les imbéciles que font se gondoler les pires bêtises.

Oui, la vie même se rapproche de la bêtise
Une fois devenue cause de risée ;
Le rire, à l’instar de la mort, efface donc les distinctions.

Alors, comment faire si l’on trouve une chose cocasse
Et qu’on a peut-être une très grande bouche
Tout en étant terriblement intelligent ?

Parfois, le rire trompe son monde, et je suis gentil, là.


3. Un cas d’empathie instinctive

J’ai recommencé à me taper un classique moderne
Et au chapitre 3 déjà, j’étais repris par mon ancienne fatigue ;
J’en avais, me semblait-il, assez lu.

C’est comme ça, moi et la grande littérature :
Ne la prenant pas pour un pensum
Quand je sature, je referme et repose.

Peu d’ouvrages ont tenu jusqu’à la dernière page
Et pourtant, je les chéris, tous ;
Je ne méprise point l’œuvre que je rechigne à finir

Car j’admire l’effort de l’avoir écrite
Certes autant que mon envie, vaine, réitérée
D’en venir à bout avant qu’elle ne me tombe des mains.

C’est que le temps ici-bas est compté
Et l’auteur et moi – voilà le véritable miracle –
Ayant fait quelque peu connaissance, on se comprend sans mots.

Seulement, parfois, je me demande à quoi ça sert.


24 Mai / 5 Juin 2015

samedi 9 mai 2015

Left Out in Rain

Lorsque la pluie s’abat en ville, un peu de réalité se déverse. Petite ondée révélatrice, montrant l’humanité sous son vrai jour. La mienne aussi.

Tout naturellement, les uns hissent leurs boucliers et les déploient de conserve, tandis que d’autres pressent juste le pas ou se mettent carrément à courir. Puis certains parmi ces désarmés sortent l’arme secrète : leur propension à réparer en payant, faisant le bonheur du premier qui propose des expédients. D’autres encore, de la race du gibier, cherchent refuge et tant pis s’il s’y presse déjà foule, alors que d’encore plus petites natures y renoncent et reprennent leur fuite en avant victimale. Remarquons néanmoins que personne ne se bat et que nos cigales ne tentent pas non plus de s’approprier par la force les trésors des détestables fourmis enriflardées ; et pourtant ce serait souvent chose aisée. Il est toutefois bien rare de voir un gaillard se protéger sous l’ombrelle fleurie forcément arrachée à une frêle demoiselle. Ce n’est pas encore le moment des soldes, et le vernis civilisationnel nous préserve donc tous de l’opprobre au même titre que le dais portable les plus chanceux d’entre nous des caprices du ciel.

Loin de moi l’idée d’y trouver une consolation. On aurait à la limite pu prévoir la pluie ; mais jamais qui réagirait de quelle manière. On bute là contre une énigme qui désespère. Comment savoir pour de bon ? Nous faudra-t-il un autre totalitarisme ? Quels piteux impératifs que ceux de la prescience.

Si j’ai échappé jusqu’à présent aux véritables catastrophes, je me rends compte du principe : le moindre contretemps découvre. C’est un exploit d’avoir réponse à tout, même si ce « tout » est un peu prévisible ; en attendant, mes sympathies vont à ceux qui, supportant leur insouciance avec grâce, en récoltent les fruits nécessaires. Faute de bouleversements historiques c’est l’averse d’un instant qui me persuade, et loin des calvaires c’est le petit désagrément d’une après-midi parisienne qui arrive à me faire reconnaître en celui qui, vite trempé jusqu’aux os, court en silence – soit plus ou moins à mes côtés, soit dans une direction qui me surprendra toujours.


          Me, pour, and thoughts “par for the course”:
          I need no other (pelting) source
          No further circumbendibus
          That skies are empty. Empty plus.

          It’s not about materialism
          Or if clouds, burst, might prompt a schism
          Cutting the host of “dumb” from “shrewd”;
          It’s just about a state of mood.

          Need no umbrella to keep dry
          No Red-Sea drench to liquefy;
          Suffice a welkin keen to meet
          Its own requirements, and sheet.


[Zur Erinnerung. Ich habe wieder keinen, stellte er fest. Ich habe nie einen. Und wenn ich einen habe, bin ich nicht in der Lage, korrekt damit umzugehen. Dabei ist es doch ganz einfach: Du kannst die Leute mögen und dennoch lernen, dich so zu benehmen, dass es nützlich für dich ist. Normal nützlich. Egoistisch genug bist du ja, oder?
Man muss auch Nützlichkeiten zu gehorchen lernen. Auch dann parieren, wenn man anderer Meinung ist, das Geschwätz vom Kadavergehorsam hin oder her. Wer pariert schon gerne; aber wir leben jetzt in so erträglichen Verhältnissen, dass es wirklich normal ist, im Regen zu stehen. Nicht schlimm, normal. Vor allem „Pech“ ist das nicht. Nicht gewappnet außer Haus zu gehen, bleibt allerdings unnormal, es bleibt schlicht lächerlich – nicht zuletzt im Metaphysischen. Weil ein Niederschlag den Himmel von der Erde nämlich nicht trennt, sondern die beiden erst vereint miteinander.]


7. Mai 2015