Sans pouvoir oublier combien elle est profonde
Je la caresse en jardinant, ta chère tombe.
Ainsi, ma main t’effleure encore, aimante, et passe
Désespérée de n’en fleurir que la surface
Avidement tout le long de ta peau chérie
Et tente de toucher ton cœur enseveli.
30 Décembre 2020
jeudi 31 décembre 2020
Sans pouvoir oublier
mercredi 30 décembre 2020
La question non posée
Au lit, plus ou moins pris de froid, je redeviens parfois celui
D’avant, du temps de ta présence
Puis je me surprends à vouloir demander ton avis d’experte.
Or, en prenant conscience que
Tu ne pourras répondre, ma question s’envole dans la nuit
Comme afin de t’y retrouver.
Alors, question et celle à qui elle a été posée sans qu’elle
Soit en état de réagir
Se réunissent quelque part au noir mystère du néant –
Le même qui m’entoure ici.
Du coup, ça calme un peu mon désarroi d’être dorénavant
Confit dans mon propre silence.
Die ungestellte Frage
Lieg fröstelnd ich im Bett, dann werd ich oft zu dem von früher
Als du noch bei mir warst
Dann überrasch ich mich dabei, nach deinem Rat zu fragen.
Doch merk ich dann, dass du
Nichts sagen kannst, entschwindet meine Frage in die Nacht
Wie um dich dort zu finden.
Die Frage und diejenige, die außerstande ist
Sie zu beantworten
Vereinen sich dann irgendwo im rätselhaften Nichts
Das mich auch hier umgibt.
Dies tröstet mich in meiner Ausweglosigkeit, der ich
Im eignen Schweigen schwele.
29. Dezember 2020
mardi 29 décembre 2020
Through the Grapevine
i.
Maintenant que tu es partie, ce sont de drôles
De phénomènes que j’entends parler de toi :
Bestioles sur le mur deviennent messagères
Fins rayons sous les portes, lourds appels.
Tuyaux ronflants, lignes de téléphone.
Pourtant, je reste clairvoyant
Clairentendant
Et clairpensant –
Juste à l’affût, en somme.
ii.
J’ai développé un drôle d’autocontrôle
Maintenant que tu n’es plus là.
Suivre ma pente naturelle me désole :
J’invente donc d’étranges lois.
Pour garder la main sur les choses, je m’enjôle
En me grondant avec ta voix.
Le prix de perdurer est bien ce double rôle
Tant je me sens réduit à moi.
iii.
Maintenant que tu m’as laissé seul derrière la porte
Tel un garçon sage, tout crispé pour entendre
Le fin tintement qui l’autorise à la rouvrir
Un drôle de sentiment m’envahit
Un drôle de je ne sais quoi.
Découvrirai-je, au beau milieu du salon transfiguré, la gloire
De l’énorme sapin constellé des lumières de l’enfance
Avec sa montagne de cadeaux autour du pied ?
Ah, ce sentiment qui m’envahit
Ressemble bien à la peur
De ne plus mériter
Aucune fête.
26 Décembre 2020
mercredi 23 décembre 2020
Si la chimio avait abîmé tes cheveux
Si la chimio avait abîmé tes cheveux
J’ai cependant pu en conserver une mèche.
C’est tout ce que de toi je peux toucher encore.
J’aurais aussi coupé un ongle, prélevé
D’autres rognures, voire un durillon, que sais-je
Pour les mettre à l’abri dans un écrin en or.
Caresser celle qui a dû s’absenter, c’est
Pénétrer dans le rêve de ma Blanche-Neige
Qui, endormie dans son cercueil, défie la mort.
22 Décembre 2020
mardi 22 décembre 2020
Je réagis comme un paysan plaqué
Je réagis comme un paysan plaqué
Surtout soucieux de ne rien chambouler
À la maison, pour que, le jour de ton retour
Tu puisses retrouver les affaires en place
Puis, tes précieuses paperasses
Ensemble avec l’amour ;
Pour que, l’heure de ton retour
Tu t’assoies sur ta chaise en face
Comme de rien, comme jamais partie
Juste, peut-être, avec un indicible tout petit
Sourire en coin réintégrant ton ancien monde.
Espoir de fou ? Mais pas une seconde :
Connaissant où tu gîtes
Je saurais t’y rejoindre à la limite.
Ce jour, nous fêterons nos retrouvailles en silence
Je penserai à peine en ta présence :
Qu’est-ce que t’as bien pu ficher là-bas
Ces longues années, terrée chez les cancrelats ?
21 Décembre 2020
lundi 21 décembre 2020
En attendant la yahrzeit
Désormais, je m’endors la nuit tout seul
Le drap tiré sur moi tel un linceul.
Ce lit est devenu ma tombe à moi
Ressemblant à la tienne dans le froid.
J’ai bien du mal à savoir si je souffre
Du vide ou de ton souvenir béant
Craignant l’oubli, ou désireux du gouffre
Qui, devant moi, m’attire en ton néant.
Je ne prie plus les dieux, mais les déesses
Et fussent-elles sourdes à l’écoute ;
Car même si, elles aussi, s’en foutent
Tournant le dos aux cris de ma détresse
Dans leurs chitons qu’ami Zéphyr froufroute
Elles me font revoir tes belles fesses.
C’est qu’il ne reste pour me consoler
Que le reflet frivole d’un mirage
Image de ton déchirant courage
Des derniers jours du court bonheur volé.
20 Décembre 2020
samedi 19 décembre 2020
Quatrain, Reprise & Coda
i.
Vom Smegma der Adoleszenz
Zum Phlegma alter Knaben:
Das Schöne ist vom Nichts umgrenzt
Das Glück nur kurz zu haben.
ii.
Doch wie sie noch hinter den Gräbern hervorhuschen
Fangerles spielen zwischen Gräbern
Und nicht zu fassen sind
Bleiche, Nebelgestalten der Jugend
Wo doch unten liegt
Was wir geliebt haben
Und nun – selbst auch wortlos und reglos
Und steinern – weiterlieben.
iii.
Warte aber.
Ich muss für uns beide
Nur den Grenzstein noch setzen.
11. Dezember 2020
samedi 5 décembre 2020
Resilienz
i.
Tut dir einmal der Zahn weh
Dann hat der Zahn schlicht Hoamweh.
Dann reiß den Zahn schnell aus
Und schick ihn nach Haus.
Tut dir einmal der Hals weh
Dann friss halt keinen Schmalz meh
Und wisse: Drachensaft
Gibt Rachen Kraft.
Tut dir einmal der Bauch weh
Dann tuts dem Bäuchlein auch weh:
Das will auch sein Vergnügen
Und mag nicht lügen.
Tut dir einmal der Kopf weh
Dann lerne aus dem Kopfweh:
Lass die Gedanken schweifen
Aufn Rest magste pfeifen.
Tut dir einmal der Zeh weh
Dann eil schnurstracks aufs WC.
Drauf scheißen, jemineh
Heilt auch den Zeh.
Tut dir einmal der Schwanz weh
Dann tut er dir nie ganz weh:
Freu dich, was du gehabt
Wenns nicht mehr klappt.
Tut dir einmal der Po weh
Dann tut dir halt der Po weh –
Kurz währt des Rösleins Blüte
Kallipyge Aphrodite!
Tut dir auf einmal nix weh
Dann danke deiner Glücksfee:
Die letzte Medizin
Ist ste-her-bin.
ii.
Ich koche wieder, schreibe wieder
Nur die Gerichte und Gedichte
Schmecken nach Tod, sind Todesfrüchte
Singen vom Tod, sind Todeslieder.
23. November 2020
mercredi 4 novembre 2020
Doctrinette
In any truth a madness
In any rudeness something smooth
In any sphere a flatness
In utter virtue badness
In seasoned cruelty callow youth
In any poise hysteria
In artwork no mysteria
In any freedom some obtrusion
In science a core of self-delusion
In sheer anemia blood transfusion
In health lots of bacteria
In any bore a hidden wit
For there is not the slightest bit
Of sense in stating the opposite.
October 27, 2020
mardi 3 novembre 2020
On Infinite Parallels
The road runs out way off the city:
Hopeful like Moses on the verge
I’ve hummed along the desert dirge.
I’ve drunk lush pills, to no avail
And tried where schnooks and calves prevail
Earned but one lifetime of remorse.
Could all have gotten worse, of course.
Since all winds up the way it started
And all the wiser you’re outsmarted
And soundest arguments turn lame
If raised, in hunter’s stead, by game
Don’t blame the players, name the game.
The rules abjectly say the same:
When lines are crooked, the crooks unbend
To silted ruts that never end.
October 26, 2020
lundi 2 novembre 2020
Grob fahrlässiges Muskelspiel
Nicht warf Apoll den Diskus aus Versehen...
Es fand sich Hyazinth nur leider dort.
Nachlässigkeit passt ebenso zum Sport
Wie töricht in der Nähe rumzustehen.
Wollt Hyazinth ihn denn nur siegreich sehen
Und er verstand’s? Pech ist bei Göttern Mord.
Der Zeitpunkt ist sein eigenes Geschoss.
Hermes ist mal dasselbe unterlaufen
Doch niemand scherte das. Immerhin spross
Dann auch was, um es nach dem Kind zu taufen.
Ob’s Krokus oder Herbstzeitlose wär:
Ich selber fürchte nun den Tod nicht mehr.
Serein, Apollon propulsa son disque...
Mais, pas de pot, Hyacinthe traînait là.
Tout sport, pour l’amoureux, comporte un risque.
Est-ce que, le garçon rendu fada
De l’admirer, son dieu, lui, l’imita ?
Divine, l’erreur n’est qu’assassinat.
L’instant en soi est instrument de tir.
Plus tard, Hermès a fait la même erreur –
On s’en fichait. Par chance, une autre fleur
A bien voulu pousser en souvenir.
Crocus, colchique, à raison ou à tort :
En attendant, je ne crains plus la mort.
Self-confident Apollo hurled his disk...
Alas, a gaping Hyacinth fell smitten.
Sports, for the fan, don’t come without some risk:
Stood that boy by that near since idol-bitten
And idol, thus, just bore in mind to shine?
Error turns into murder, if divine.
The moment is a shot of its own kind.
The other day, swift Hermes slew one too –
Nobody cared. Love had it, out of rue
Yet a wee flower sprang up to remind.
Let’s call it crocus, saffron, spring, or fall:
Death doesn’t scare me anymore, withal.
October 18, 2020
dimanche 1 novembre 2020
Schuld und Unschuld
Aktäon hat im Internet gespannt
Die Nymphchen waren aber noch zu frisch.
Der Ordnungsmacht ging er ins Netz, der Fisch;
Nun liegt er da – zerpflückt, zerfleischt, entmannt.
Selbst hier scheint die Empörung zu betonen:
Man kämpft mit seinen eigenen Dämonen.
Indem Narziss sich keuschlings widersetzte
Ward er zu dem gemacht, was er schon war:
Ein Blümelein, schuldlos und wunderbar.
Gut möglich, dass er die Verwandlung schätzte;
Gut möglich auch, dass keiner wissen mag
Wer er im Grunde ist, und blüht und klagt.
Actéon mate à fond, sur son ordi.
Mais ces nymphettes sont trop fraîches, dis !
Coup de filet, mon chou. Te voilà pris ;
Dès lors c’est toi qui, sacrifié, y gis.
L’indignation générale le prouve :
C’est notre propre opprobre qu’on réprouve.
Narcisse, en se refusant, faux rebelle
S’est mué en ce qu’il a toujours été :
Petite fleur, trop innocente et belle.
Peut-être la transformation lui plaît ;
Possible aussi que nul n’aime connaître
Soi-même, fleurissant dans le mal-être.
Actaeon peeping at Net’s nymphets. Boo!
These sometimes are a bit too young and fresh.
Police barged in. Poor perv, now it is you
Who lies that prone, weltering unmanned raw flesh.
The general indignation seems to show:
The world basically fights its inner foe.
Lovely Narcissus spurned them all and so
Was morphed into what he had always been:
Some beauteous plant, too innocent and green.
The idea might have pleased him, we don’t know;
One may be loath to learn about himself
Choosing to flourish, mournfully, on the shelf.
October 16, 2020
vendredi 30 octobre 2020
Mag es denn möglich scheinen
Mag es denn möglich scheinen
Sich mit der Toten zu vereinen
Muss man kein Jenseits meinen:
Ich rede von Gebeinen.
Alles kann hier geschehen.
Vereinigung konkret zu sehen
Meint ein Zusammengehen
In Tiefe, nicht in Höhen.
Ob droben oder drunten:
Wir hatten uns ja hier gefunden
Und uns auch hier verbunden
Bevor du mir entschwunden.
Ob drunten oder droben:
Bis diese Trennung aufgehoben
Und wir erneut verwoben
Wars doch nur ein Erproben.
29. Oktober 2020
jeudi 15 octobre 2020
L’âme de mon amour
C’est l’âme qui s’affirme encore.
Reste aussi forte que toujours
En préparant le grand retour.
Les rochers n’ont pas d’âme en eux
Mais ceux qui pleurent sont si creux
Et vastes qu’âme crécerelle
Déploie en eux déjà ses ailes.
Ce n’est certes pas un outrage
D’appeler le corps une cage :
Quand elle s’ouvrira, l’oiseau
S’envolera vers le plus haut.*
23 Janvier 2020
lundi 20 janvier 2020
Vom Klimawandel
i.
Die Windschutzscheiben bleiben fortan sauber
Die Winter werden milder, wegen uns.
Der geht noch ein paar tausend Jahr, der Zauber
Bevor sichs wieder einrenkt, ohne uns.
Was sind schon hunderttausend für Planeten?
Da hauste kurz ein Rudel kluger Affen
Nicht klug genug, zu hören auf Propheten
Doch immerhin so schlau sich abzuschaffen.
ii.
Voll Langmut und Geduld, Mutter Natur
Als wartete sie aufs Erwachsenwerden:
Sie geht vorbei, fast ohne jede Spur
Der wilden Kinder Tollerei auf Erden.
Brains teeny tiny commanding giant shapes
Those dinos had to vanish from this place.
We aren’t smarter, bunch of ill-bred apes
Our time is running out at a growing pace.
When rowdy youngsters cannot help but spoil
And plunder and corrupt their native soil
Then Mother Nature must rise up to teach
The very lesson taught to all and each.
19. Januar 2020
mercredi 1 janvier 2020
Tierfreunde
Sogleich ein Hitler oder Himmler sei
Doch Schäferhunde sind nun einmal Arier
Und ihren deutschen Herrchen arisch treu.
Ich sag ja nicht, dass Hammelchen zu schächten
Allein schon höhere Menschlichkeit beweise
Doch wer die Bösen sind, wer die Gerechten
Entscheidet nicht das Vieh, glücklicherweise.
31. Dezember 2019
lundi 2 décembre 2019
Only Fuckwits Tour the World
But sometimes some flight stops off southward bound
And while they line the ridge I try to count
Them roughly, vivified in my recess.
Should you surmise that I’m not born a bird
I notwithstanding feel bestowed with wings:
There’s further distance in the realm of things
And more belonging than can be inferred.
Since destinies amount to destination
Mine isn’t done with pondering to and fro
And watch a fledgling host come, sit, then go
And register their drive and hesitation
For there is always someone ready last
That is, I’m just the one who follows past.
December 1st, 2019
dimanche 1 décembre 2019
Devenir
i.
Tels des chiens se fiant à leurs maîtres
Enfants, ils se fient aux adultes
Ou au moins aux adultes présents, ceux
Qui les ont à la limite engendrés –
Rien que pour les singer en fin de compte.
Les chiens ne vont pas aussi loin.
À qui doivent se fier les adultes ?
À leur soi-disant Créateur absent ?
Pour en imiter l’élégante défection ?
Mais on finirait tous en chiots abandonnés.
Remercions toutefois le Ciel pour ses efforts
Éducatifs.
Ils sont, ma foi, du plus bel effet.
ii.
Ce qui est sombre et obscur dans la masse du corps
Ne s’éclaircira pas.
Qui a échappé à ta vue à quinze ans
Tu ne l’apercevras jamais.
Tu as beau barboter à la surface du lac
Impossible de plonger dans ses profondeurs
Et en revenir instruit.
Si tu y plonges, tu t’y perds.
Car, plus encore qu’au barbotage en été
Lac invite, en hiver, au patinage sur le leurre de sa surface.
Mais attention, poète !
Le romantique
T’avertit que la mort rôde dans le plaisir
Et que la lune est très proche quand nous courons la nuit.
iii.
Je regarde mes mains. Elles ne savent plus rien faire.
Je regarde mes pieds. Ils ne savent plus rien faire.
Je regarde mon sexe. Il ne sait plus rien faire.
J’écoute ma bouche. Elle ne sait plus rien dire.
Seulement mes yeux savent voir
Seulement mes oreilles savent entendre
Je suis réduit au réceptacle
C’est peu de chose de devenir soi-même.
Lorsque j’étais encore autrui, je savais faire.
C’est assez facile d’être autrui, il ne faut que faire
Mais ça ne tient pas.
Longtemps, sans rien dire, sans rien faire
Toi-même t’attend.
Fin Novembre 2019
dimanche 3 novembre 2019
A Center Theory
i.
Weast and est and sorth and nouth
Bear with me, I keep the mouth
Keep that maw, which is the center
Nothing leaves, but all must enter.
Nothing funnels in for free
Since the times of memory:
To collect the toll I stand
Tiniest landmark of the land.
Do I tell the things I’m learning?
Do I honor those I’m earning?
Do I play the death knell’s role
Or do I just hoard the toll?
It depends on how you quest
Seast and outh and worth and nest.
ii.
Maryse
Être au milieu
Être au centre du monde, dis-tu
N’est jamais un choix, mais une obligation
Pas choix de vie, mais obligation et de vie et de mort.
Tant que tout gaze, nulle raison de s’en plaindre
Mais lorsque ça commence à être le bordel
On se verrait mieux retiré à la périphérie
Pour observer, à la télé par exemple.
Quelques vagues infos suffiraient
Pour continuer à se regarder
Calmement le nombril.
Ce n’est pas possible.
Le plus contemplatif de tous
Reste toujours au centre du monde
Et, le cas échéant, prend tous les coups
Parce qu’il se trouve, le pauvre, exactement là.
Même la tombe, dis-tu, sera encore au centre du monde.
Et même si, comme on suppose, on n’y sent plus rien
Sous une armure devenue à la fin un peu efficace
On ne s’en enfuira jamais, du centre du monde.
Voilà tes paroles, et je commence à les saisir.
26 Octobre 2019
vendredi 1 novembre 2019
Especially the Bridle
To admire things depicted looking true.
I would that art’s effectual truism
Made things so thin that life shone merely through.
If mine were not intolerably real
There might glow some hope through it in its joy;
I’d rather feel an urge for haze to feel
At last myself, a small receptive boy.
And should it simply be indifference
That gives the outer world its power and glaze:
The light shed over, ruthless, age-old, tense
A varnish wall impossible to raze
No matter if my days froze into nights
Would keep my trust in telling wrongs from rights.
October 29, 2019
samedi 19 octobre 2019
Ein Waggerl für unsere Zeit
Wie man liest, ein altbekanntes
Phänomen, denn zum Quijote
Il lui manque la jugeote.
18. Oktober 2019
vendredi 18 octobre 2019
El oro del Inca
i.
Prinz Eitel gibt sich frech und still
Du aber weißt schon, was er will
Er schreit herum und gibt sich leise
Du aber weißt, ihn locken Preise.
Die Katz ist kein Charakterschwein
Die Katz will sein ka Hund
Und der will keine Katz nicht sein –
Auch das hat seinen Grund.
Du schließlich werde, was du bist
Du schließlich wisse, was das ist
Du schließlich pfeif auf Lob und Preis
Und folge höherem Geheiß.
Prinz Eitel pfeift auf seinem Ast
Als ob im Himmelszelt
Und weil du keinen Vogel hast
Hast du sein Ziel verfehlt.
ii.
Liber de causis, 165
Hätten es die alten Peruaner nicht so mit dem Gold gehabt
Hätte man sie wahrscheinlich in Ruhe gelassen.
Nichts besitzen, was Räuber anlocken könnte –
Das ist leicht gesagt.
Was weiß ich denn, was Räuber anlockt?
Ich frage mich, ob die alten Peruaner
All ihr Gold für besonders wertvoll gehalten haben
Sie hatten ja so viel davon.
Ihre Werte waren vielleicht gar nicht die der Räuber.
Die Welt ist unergründlich, und
Wenn wir Pech haben
Nimmt uns noch jemand unsere guten Ratschläge ab
Die wir auch für wohlfeil halten.
16. Oktober 2019
mardi 15 octobre 2019
Vom Einhorn
i.
Hübsch vormodern mit ihren Eigenheiten
Dörren sie Pilzchen wie in alter Zeit.
Dazu gehört: Sie mögen sich nicht leiden
Im Nachbarkaff schon dörrt der böse Feind.
Wir, glatt, global, zurechtgehunzt, Ikea
Den Blick zum Bildschirm, schaufelnd Fertigfraß
Entseelenden Konsums, immer noch meha...
Wir, Spaßgesellschaft ohne rechten Spaß.
Dort hinten weiß man sich noch zu bescheiden:
Statt Pille ein Pogrom, ist dir nicht wohl.
Dann gleich zurück, Erdäpfel grob zu schneiden
Das gute Schwarzbrot, Speck und Winterkohl.
Zu vieles, Freunde, hat man überwunden;
So mancher wurde krank, statt zu gesunden.
ii.
Man weiß so einiges über das Einhorn, Unicornis communis
________________________________________communis.
Seit Jahrhunderten ein gern gesehener Gast etwa auf
____________________________________Wandteppichen
Findet es sich neuerdings bis hin auf ganz bildungsfernen
_____________________________________Schlafanzügen
Doch man zweifelt noch, ob es zu den Paar- oder den
_________________________________Unpaarhufern gehört
Also eher zu den Wiederkäuern oder zum Pegasus hin tendiert.
Falls Unpaarhufer, stellt sich außerdem die Frage der
______________________________________Genießbarkeit.
Einhörner sind aber auch wegen des Elfenbeins gefragt:
Ihr Horn ist ein annehmbarer Ersatz für den Elefantenstoßzahn
Dessen kommerzieller Vertrieb mittlerweile nicht mehr zulässig ist
Denn das Einhorn kommt einfach zu häufig vor, um geschützt zu
___________________________________________werden.
Nur das Seltene ist es wert, gesetzlich geregelt zu werden;
Das allgegenwärtige Einhorn springt im rechtsfreien Raum herum.
Ich halte es für unsportlich, Einhörnern vorzuwerfen
Sich auf ihre stille Art nicht mehr zurückzuhalten, oder gar
Zu vermuten, es sei nichts Edleres als Publicitysucht, was sie
_________________________________________antreibt –
So ein Einhorn fügt sich damit nur brav in seine Unmündigkeit.
Es ist bei aller falschen Scham richtig schwer zu verkraften, dass
Mythologische Haustiere kein klein bisschen vom Aussterben
_______________________________________bedroht sind.
14. Oktober 2019
lundi 7 octobre 2019
Missverständnis, existentiell
Husserl, Logische Untersuchungen VI, §58
Das verstehen die Werbeleute:
Es fällt sofort auf, dieses frische Gesicht
Ausgesucht glatt, rosige Backenknochen, die dunklen
Augen schmal, fast asiatisch, vom lichtgrünem Hintergrund
Magisch abgehoben und doch so eingebettet
So unwiderstehlich anziehend
Dass ich immer wieder zurückblättern muss
Und sinnlos den Blickkontakt suchen.
Das verstehen sie nicht, die Reklamefritzen:
Dass ich die geringste Ahnung hätte
Wofür geworben wird.
Das Gesichtchen bleibt im Gedächtnis
Vom Prodüktchen, keine Ahnung.
Genauso ist sie mir, die gesamte Welt:
Magnetisch angezogen
Übersehe ich die Gründe.
6 Octobre 2019
dimanche 6 octobre 2019
Nos pisciculi in aqua nascimur
Diekamp, Katholische Dogmatik I, 1, §2
Wir werden im Wasser als Fischlein geboren
Und wachsen uns aus zu verschiedenen Kerlen
Und kriechen zu Ufern manchmal, wo die Flossen
Uns wachsen zu Füßchen, und dann gar zu Flügeln
Wogegen die, die jede Ausflucht verübeln
Stets brav weiterschwimmen im Bauch, unverdrossen
Nur Luftbläschen spuckend, und ihr Urteil fällen
Dass wir unsre Unschuld gen Himmel verloren.
Ja, Unschuld von Ehemaligen
Als ob es von Belang wäre
Was der Bibelgürtler über das Flüchtlingspack denkt.
Fällt das ins Ursprungsmilieu zurück
Kann es nicht mehr gerettet werden, zu
Verändert schon, es erstickt jetzt.
Kiemen muss haben die Unschuld, sie muss
Sein gemütlich, Mitschwimmertum, nicht dessen Gegenteil
Was auch immer behaupten mag ein Tertullian
Dieser negative Kopf, der es dennoch nicht zum Kirchenvater
__________________________________________schaffte.
Immerhin das.
Nochmal Glück gehabt, Engelchen.
5. Oktober 2019

vendredi 4 octobre 2019
Urvögel
i.
Noch gibts uns kaum und scheinen wir schon fast
Zu Ende, als Gelegenheit erschöpft, verpasst
Wo es vorher Äonen brauchte, bis ein Tier verschwindet.
Wer eines Tags Menschenfossilien findet
Wird sagen: Zwar nicht ganz zum Opteryx gelungen
Doch immerhin mit Schädeln schön geschwungen.
Noch gibts mich kaum und scheine dennoch fast
Erschöpft, ein Stimmlein unerhört verklungen
Weil Zwitscherei allein kein Dasein je begründet
Und bloßes Rumgeflatter in Vergessen mündet.
So fühl ich mich schon selbst in Stein gezwungen:
Höchstens bewahrter früher Himmelsgast.
ii.
Kann nicht mal fliegen und zu Fuß muss gehen:
Dem Tod entgegen Welt zu übersehen und verstehen –
Es mögen spätre sich damit befassen.
Kann nicht mehr richtig gehen, nur noch fliegen
Um sei’s nur einen Fuß auf den Boden zu kriegen
Von allen guten Geistern längst verlassen.
Sich festen Trittes in die Lüfte zu erheben
Scheint letztlich einzig Grobmotorikern gegeben.
Wer Hosianna pfeift, hat sich drauf eingelassen.
3. Oktober 2019
samedi 21 septembre 2019
On Social Exchange
1. This Beggar’s Belief
At any supermarket
The payer’s eyes must first be met –
How dare you frigging beggar blindly beg?
I’m deaf, but when I’m slighted
My ear grows quick, it must construe:
You buggers should be taken down a beg or two.
2. Mendicus, mendax
S’il est jeune et vigoureux – il y en a de plus en plus – je l’assigne à la prostitution informelle, et dans l’éventualité que cela lui rechigne, aux secteurs sous-payés qui manquent de bras. S’il est mince et a l’air dégourdi, il n’a qu’à faire acrobate de rue, et s’il est carrément chétif et nul, il pourra toujours prendre la peine de maltraiter un petit piano en plastique pour divertir le public rarement averti du métro. S’il présente une tare quelconque, est vraiment moche, contrefait, voire mutilé, ou encore manifestement dépendant d’une substance toxique, je suis prêt à lui signaler avoir droit à de multiples allocs et à la Cotorep, aides d’État pouvant dépasser le Smic. S’il joue au pieux, je le renvoie illico aux bons soins de l’Église, ou plus probablement de la Mosquée, et s’il crache sur le bourgeois et cetera, je lui recommande de tout cœur de s’en remettre à la belle solidarité des amicales révolutionnaires. S’il est très jeune, il n’a qu’à taper papa maman, ses oncles et ses tantes, ou à défaut se retourner vers nos méritoires institutions de protection de la jeunesse, et enfin, s’il est très vieux, je lui file d’office la retraite minimale.
Il y en a donc peu qui passent le test et que je déclare aptes à exercer ce subtil métier qu’est la mendicité pure et simple. À ces aptes, je ne leur donnerais toujours rien, car je suis radin, mais du moins accepterais-je que d’autres leur donnassent. Sinon, tout acte de charité irrégulière me blesse personnellement. C’est triste que la réalité ne cesse de s’éloigner de l’image idéale que je lui réserve, mais ce n’est certes pas ma faute s’il y a désormais trop de gratuité dans le monde.
While tight ass winces, wears a frown, or jerks
He who hands alms out may not smile, and smirks.
I, pokerfaced – not blindly – go my way
Hating capitalism anyway.
Those begging are still of the trading sort
And whine to exploit each flaw the giving sport.
I’d rather kiss or hug ye, hapless brothers
Since loath to stoop to humiliating others.
You’d think I’ve got a heart no one can touch;
It’s the reverse: I love us all too much.
You’d then presume I’ve got a twisted mind.
See, things are worse: I simply am too kind.
September 19, 2019
dimanche 15 septembre 2019
Chicken Lost
Je le savais. Peu de temps après, un véhicule des éboueurs s’est arrêté, un jeune en bleu de travail en est sorti, rigolard, le gars de souche paysanne ou apparentée, en tout cas d’une de celles où l’on sait quoi faire d’un volatile perdu, puis il l’a attrapée et embarquée sans façon, la pauvre bête caquetant comme une folle, et c’est peut-être encore dans son camion qu’il lui a tordu le cou. Quoi qu’il en soit, ce soir-là, quelque part en banlieue, on boufferait du couscous à la poule.
J’ai un rapport sentimental, pas tout à fait normal avec les animaux, comme j’ai un rapport sentimental, pas tout à fait normal avec mes congénères. C’est que si j’ai en partie, moi aussi, des aïeux paysans, ils ont déménagé en ville il y a presque cent cinquante ans, et le reste, s’ils n’étaient pas citadins depuis toujours, et s’ils ont peut-être, quelques automnes, coupé le sifflet à de la volaille, ils l’ont fait par expiation et certainement pas en rigolant. Tout ça te rend incapable de réagir comme il faut lorsque tu tombes sur une poule en pleine ville. Des gens comme moi, c’est assez tragique, ne sauveront pas le monde. Mais les autres encore moins.
I looked into one bay-red eye
And it stared back, straight into mine
And I would so have wished that I
Could be that knight in armor’s shine.
Take off my sword, throw in my towel
I have to yield before I fall
But were I he who saves lost fowl
I’d literally save you all.
Surely I could identify
With chicken I’ve sustained the eye
Brave enough to empathize with men
Not apt to save the humblest hen.
Ich wusste es. Wenig später hielt ein Fahrzeug der Müllabfuhr, und ein junger Mann im blauen Anton sprang raus, so einer, dem noch Bauernblut oder Vergleichbares durch die Adern pulsiert, der also weiß, was man mit einer verirrten Henne anstellt, hat sie gepackt, die wie verrückt gackernde mir nichts, dir nichts in seinen Laster verfrachtet und ihr womöglich schon dort den Hals umgedreht. Jedenfalls gab es irgendwo in der Vorstadt an diesem Abend garantiert Hühnerkuskus.
Ich habe ein sentimentales, verqueres Verhältnis zu Tieren. So, wie ich ein sentimentales, verqueres Verhältnis zu meinen Mitmenschen habe. Ich habe zwar auch teils Vorfahren aus dem Bauerntum, doch die sind schon vor weit über hundert Jahren in die Stadt gezogen, und die übrigen, falls sie nicht seit jeher Städter waren und vielleicht manchmal im Herbst irgendwelchem Geflügel die Gurgel durchgefiedelt haben, dann aus Sühne und sicherlich nicht lachend. Das alles macht einen unfähig, sinnvoll zu reagieren, wenn man mitten in der Stadt auf eine Henne trifft. Leute wie ich, es ist traurig, werden die Welt nicht retten. Aber die anderen noch weniger.]
14. September 2019
samedi 14 septembre 2019
Aus der Nähe, aus der Ferne
Die alten Zeiten waren mies, ach, mies
Doch waren es immer noch weniger
Und das will etwas heißen.
Ich würde gern drauf scheißen
(Und bin doch kein Beschöniger)
Was seinerzeit die Zukunft noch verhieß.
Es ist mir leider nicht möglich
Drum leid ich unsäglich:
Mist und Müll, Kehricht und Kot
Vergolden sowohl Morgen- als auch Abendrot.
12. September 2019
mardi 10 septembre 2019
Talking
i.
Es ist noch früh, ich lese Creeley:
So schön und einfach sind nicht viele.
Zu spätrer Stunde kommen dann
Die kompliziertern Kumpel dran.
Das Komplizierte in der Dichtung
Ist wie das Dickicht um die Lichtung:
Es gäbe niemals ohne Wald
Jene naive Lichtgestalt.
Sie zeigt allein aus Plötzlichkeit
Das Dunkel mehr als Dunkelheit:
Wer vordrang bis ins Glück
Weiß, er muss zurück.
ii.
Habe wieder einmal davon geträumt
Mit anderen Menschen zusammenzuwohnen.
Ein Zimmer nur war für mich reserviert
Und wer ins Bad wollte, musste durch.
Mein Bett, leicht versteckt hinter einem Schrank
Doch wüsste jeder, der ins Bad ging: ich lag da noch.
Käme einer durch die Tür, würde ich mich rechtfertigen
Wie zufällig telefonieren und ins Leere sagen
Ich hätte die ganze Nacht über gearbeitet
Denn nur da hätte ich die nötige Ruhe
Doch es stimmte nicht. Ich hatte
Geschlafen wie jeder und lag jetzt einfach noch im Bett
Während die Mitbewohner, tätige Leute, schon längst auf waren.
Ich, schlechten Gewissens, hörte ihr dämliches Herumfuhrwerken.
Ja, ich, überlegen und mir doch Ausreden ersinnend.
Das habe ich wieder einmal geträumt.
Ich träume immer realistisch.
8 Septembre 2019
lundi 9 septembre 2019
Maximae morales
1. Widerlegung
Schön ist nicht, sich in der eigenen Nase zu bohren
Noch, sich am Hintern zu kratzen, wo es einen juckt
Oder zu klauben den Schmalz aus den eigenen Ohren;
Unschön tut, wer seinen Kodder einfach von sich spuckt.
Schön ist, dem Liebesobjekt in der Öffnung zu fingern
Schön, dessen Spucke zu mengen dem eigenen Speichel
Schön, mit der Zunge in ein fremdes Öhrchen zu dringen;
Hässlich ist Eigenlob; schön, dem Geliebten zu schmeicheln.
Moral:
Was du willst, dass man dir tu
Das füg dir bloß nicht selber zu.
2. Xenia, Sort of
For quite a stretch no longer underage
The old boy claimed to have been relentlessly pursued for sex
At school, a grudge now sounding like regrets.
Song bird, whether its strain be premature, or timely, or belated
Does never trill of yesteryear, poor dater
While wailers have some clockwork integrated.
The recollecting mind can’t ever be as clear as a blank sheet
Foul memories are at no time flawlessly foul indeed
And that’s the most morally painful thing in them it seems.
3. Zitate zur Avantgarde
Vollkommner Freiheit droht der Leerlauf, fehlt
Was sich als Zwang dem Sang entgegenstellt
Und doch kann Künstlerwillen nicht erhalten
Was Schöpfung braucht an überwundnem Alten.
Vom Fluch ihrer Vergeblichkeit kurierte*
Was anderweitig die Kultur verschmierte:
Sind Dramen zu Komödien erst verkommen
Dann wurde die Tragödie ernst genommen –
Nur sag das mal dem, ders nicht selber merkt.
Moral: Ohnmacht bleibt das, was Ohnmacht stärkt.
7. September 2019
* Vgl. Th. W. A.: Eingriffe, Ffm 1963, S. 64 ff.
lundi 2 septembre 2019
Météo
Sur un bout de campagne antipathique ;
Je m’en foutais, bien au sec dans ma tire.
Après, m’a-t-on dit, il refaisait beau ;
Or, j’étais déjà loin de la musique.
Que voulez-vous, un temps de chien m’inspire.
Là où je vais, les condamnations tombent
Comme des couperets sur le fautif
Mais je m’en fous. Moi, j’ai des essuie-glace
Qui aident à traverser sans encombre
Et, toutefois, je n’ai pas de motif
Je ne suis là que par hasard, puis passe.
Faut être en position de force pour
Décréter s’il fait beau ou si ça barde ;
Sinon, tout n’est qu’avis ou opinion –
Voilà le résultat de mes parcours.
On se chamaille un peu dans la guimbarde
Tandis qu’en haut, ça prend des décisions.
1er Septembre 2019
dimanche 1 septembre 2019
Sonnenuntergänge
1. Die Tage enden, wie sie enden müssen:
Jeder wie der vorher, mit seinem Au=
Gentrost vor des Verdunkelns Kümmernissen.
Tagsüber trügt der Sommerhimmel blau;
Erst gegen Ende ändert sich die Färbung
Stirbt stilvoll immer gleich, als Dauerwerbung.
2. Zerwühlte Laken sind nicht mehr ein Zeichen
Für wilder Nächte Rausch, der Eremit
Macht bei sich einfach keine Ordnung mehr
Es kommt nicht mehr drauf an, er wirft sich schwer
Noch unter Tags ins ungemachte Bett.
Zerwühlte Laken sind doch stets ein Zeichen.
3. Wer weiß, ob drohen schlimmer ist als lieben
Und fürchten leichter als geliebt zu werden –
Dies abendliche Leuchten, sonderbar:
Solang nur alles bleibt, wie es schon war
Ya sea por amor o por temor
Gibt es ein Hinterher und ein Zuvor.
31. August 2019
mercredi 28 août 2019
On the Tendency to Ride Up
1. Deus Culex
Du glaubst
Dich unbeobachtet, doch
Bist es nie. Aus heiterm Himmel flattert
Dir ein Strafzettel ins Haus: Der Schöpfergott
Sieht alles, alias der Teufel. Der
Teufel Natur.
Der geflügelte Culex, um nur ihn zu nennen
Erstanden, ach, aus unwägbaren Wassergründen
Menschenvergessner Finsternis schlechthin
Ist eine Kreatur, die einzig und allein
Dazu bestimmt scheint, andrer
Kreatur, womit ich selbst
Mich meine, schuldig oder schuldlos
Schaden zuzufügen, und nicht etwa aus Versehen
Sondern mit Absicht. Der Schöpfergott, der
Alles sieht, alias der Teufel Natur:
Soweit geht die Fürsorge nicht
Mich, schuldig oder nicht
Dem Culex zu verbergen, ich werde
So bitter verfolgt, dass mich in meiner Nacht
Gehüllt nicht ganz in Laken, noch menschliche Wärme verrät.
Der Culex sticht, grad wie ein Gott, gewissenlos
In preisgegebene Empfindlichkeit, und darf
Das offensichtlich – immerzu wird
Mit zweierlei Maß gemessen.
Mit sehr viel Glück zerquetsche ich zuweilen einen
Rein aus Eigeninitiative, mit Hilfe
Gerollter Tageszeitung –
So, als hätten ich keine Religion;
Der Schöpfergott hilft jedenfalls nicht dabei.
Culex gleicht dann dem Menetekel an der Wand.
Beobachtet und doch erbärmlich auf mich selbst gestellt
Als ob im Feldversuch, und mehr noch als Culex
Ursachen ausgesetzt, versuche ich
Mich in Gerechtigkeit.
2. Suicide Attack
Snatch an inhabited battledress.
Try and find its camoed breach flap.
Fumble for the hidden bomb, just grab it.
Pull it out.
Gawkers gathering.
Pull to trigger, do not quell it – smell it.
Then shell it.
Reeks even headier than battledress.
Start to swell it.
More rubbernecks gaping, reluctantly share
Rubbing concertedly that smell away.
Now, let’s see what happens.
Lone wolf outnumbered, over
Powered, overwhelmed
But not outsmarted.
August 27, 2019
jeudi 15 août 2019
West-östliches
Freund, mach die Fenster zu. Es leben hier
Laute Bevölkerungen bei uns leisen Individuen
Dabei bestehn auch die Bevölkerungen in der Theorie
Durchaus aus Individuen; allein, dem widerspricht der
_____________________________________Ohrenschein.
Ist Lautsein an sich anti-individuell?
Wer plappert, denkt nicht nach, so sieht’s der Brauch
Und bis zum Denken brauchte es Jahrhunderte.
Wer zugereist ist, tauscht bloß laut sich aus.
Ist Austausch etwa anti-individuell?
Jetzt mach nur bittschön erst einmal die Fenster zu
Danach ist es mir möglich, drüber nachzudenken
Denn dafür braucht der Abendländer halt ein bisserl Ruh.
Ach, ihr Kolonialisten, ihr denkt alles her von euch;
Wir andern sehen’s vielleicht kollektiv, doch auch in Stücken.
Was euch das Individuelle deucht
Ist leider ebenso vom Ganzen blöd vermittelt.
Lernt fremde Sprachen und hört unseren Palavern zu
Statt eure dicken Ökofenster zuzuknallen:
Ihr würdet lernen, wie die Unnatur
Einsame Grübelei beschränkt bei allen.
Ihr selbst seid jene Jugendlichkeit, die
Allzusehr mit sich selbst beschäftigt
Um Traditionen dankbar sein zu können, wie
Monaden sich umkreisend stetig selbst bekräftigt.
14. August 2019
lundi 12 août 2019
Vanessa atalanta
On ne voit bien, dit-on, qu’avec le cœur –
C’est qu’on peut être pris pour une fleur.
Voilà le comble de toute insouciance :
Confiance de se poser où l’on pense.
Papillon papillonne à chaque instant ;
Mon cœur à moi est autrement constant.
Seul, il ne ferait pas de ces rencontres
Mais l’inconstance du vulcain lui montre.
11 Août 2019
dimanche 11 août 2019
Inverted Snob
„Wie die einen die Unschuld verfolgt
Hetzt den andern sein schuldloses Herz
Und haben alle doch gewisslich
Dasselbe nur sich vorzuwerfen.“
The Maker, slouching on his cloudy throne:
Non-being is a being of its own.
In-vi-si-bility stirs all alone;
The crowd best worship phony thunderstone.
Too far away from where they tit for tat
When He chose cloud, non-being came with that.
Man, mortal, will, uncomfortably sat
Pray to the stony stool beneath his prat.
Those boulders dropped from high up were designed
To fit the tougher asses of mankind.
Non-being is no being that would mind:
Cloud-slouching Maker pampers His behind.
August 10, 2019
mercredi 7 août 2019
Dreierlei Ungeheuer
1. Zahnlose Glocken
Sonntagmorgens erschallt Glockengeläut bis hier
Lädt das Christenvolk ein, als wär es noch die Zeit.
Neuzugänge erfreut es;
Ältre sind des Vergangnen leid:
Nun, jahrhundertelang war das Geläut Befehl
Und wem das nicht gefiel, der sah sich besser vor.
Heuchelei ward entbehrlich
Doch so leicht überhört man nicht.
Manche hören auch jetzt noch das Gejohle von
Hexenjagden hindurch, oder Pogromgeschrei;
Solchen läutet es nicht den
Sonntag still und friedlich ein.
Wenn das Raubtier nur noch aus der Erinnrung faucht
Hinter Zoogittern dann, glänzt dessen Wildsein mild
Und dich rührt’s, wie es fortan
Seine Freiheit verloren hat.
2. Acerca del sueño de la razón
Hierzulande erstehn jetzt wieder Winkel wo
Rechtes Glauben erneut zu ’ner Verpflichtung gerann.
Ob nun Pflicht oder Kür – wie
Deutlich ist doch der Augenschein.
Man erkennt äußerst leicht, wem das Gemüt erfüllt
Daran, was Mensch so trägt oder nicht abrasiert;
Keck wird Innres nach außen
Umgestülpt zu des Himmels Lob.
Aus dem Smartphone erklingt krächzend das heilige
Donnerwort, überall – und sei’s im Untergrund –
Lässt an Ketten sich legen
Gottes innerer Leinehund.
Dass die Evolution Monster gebären kann
Wissen wir, aber dass sie nun gar eine Art
Theokratischen Phäno-
Typ hervorbringt bleibt wundersam.
3. Einhandhochseesegelei
Wer nur gründlich genug sein Universum leert
Der hockt freilich am Schluss in seinem Eigenbau
Auf dem Grund einer Pfütze
Statt umtost von der hohen See.
Wer vom Sturm übermannt hektisch den Stöpsel zieht
Der gerät in den Sog, ja in den Mahlstrom, denn
Badewannen sind häufig
Was ihm dünkte ein Ozean.
Transzendenz über Bord, Skipper, ist schnell vollbracht
Ebenso ist es leicht, noch auf dem Trockendock
Ungeheuer zu planen;
Alles andre ist von Gefahr.
5. August 2019
jeudi 1 août 2019
Apollon musagète
Moi, comme toujours, je suis là, je
Suis resté sur le carreau, carrément suspendu
Dans le vide, quoi... Pas moyen de s’envoler avec
Le monde, et c’est à cause d’Apollon, maître des Muses.
Même dans le vide, il y a des dérangements
Et peut-être spécialement dans le vide.
Des ennuis particuliers, d’artiste.
Sous prétexte de canicule
Il y traîne un subtil parfum de caca :
Les habitants se sont barrés, mais ils ont
Abandonné derrière eux toutes sortes de nourritures
En décomposition, dirait-on, et on doit même constater
Qu’ils sont partis en laissant leurs radios allumées.
Août vide, fenêtres ouvertes, s’est donc empli
Et d’odeurs et de musiques de merde
Un véritable festival pour les sens
Et tout ça, la faute à Apollon
Maître estival, des Muses.
Parfois, par chance
Il y a un pauvre qui fouille
Pour délester un peu les poubelles ;
Or, le néant garde ses bruyantes puanteurs –
C’est bien ça son véritable secret – et
Ce n’est pas tel nomade égaré
Dans l’espace interstellaire
Qui saurait vider le vide
Causé par Apollon.
Il est parfaitement inacceptable, pensé-je
Que le ballet, le cortège des Muses
Soit aussi peu conséquent, mais
Je n’ai pas perdu ma raison pour autant :
Dans le néant de ces désagréments
Il me reste un peu de religion
Quelque foi dans la réelle beauté du monde
Bien que j’en sois exclu
En ce mois d’Août, simplement
Suspendu dans le vide.
Bah, si les dieux guident nos pas
Ils ne les guident surtout pas
Pour nous amener quelque part ;
Leur truc c’est mener nulle part.
21 Juillet 2019
samedi 27 juillet 2019
Ode zur süßen Einfalt mit alkäischem Schwänzchen
Und worüber wir einer Meinung waren
Hat sich durchgesetzt. Alles.
Und was haben wir erreicht? Nichts.
Dass sich alles durchgesetzt hat und man dennoch
Nichts erreicht hat, ja noch weniger als das
Ist ohne Zweifel das Schlimmste
Was einem passieren kann.
Auch meine Heimat war Griechenland, voll schöner
Jugend so groß, und mit so kleinen Göttern:
Jenem, oft unter der Sonne des Abends
Nackt zwischen Olivenhainen ein Ziel anzustreben
Nur das, worüber wir nicht einer Meinung waren
Hat sich also nicht durchgesetzt – und mit
Welcher Leichtigkeit, Freunde! – rein
Gar nichts davon, nichts vom Edelsten, nichts
Und nur deshalb ist es um die Welt heute
Nicht besser bestellt als gestern.
Und des Olymps unerbittlichen Wundern
Eifersuchtsvoll manchen Lorbeerbekränzten
Just in ein weiteres Bäumchen verwandelnd
Ästchen wie siegreich gereckt in die ruhige Bläue.
Übereinstimmung ist fürchterlich. Jede.
Nur das Feige hat die Chance zu gewinnen.
Was ist, das sei auch; logischer geht es nicht.
Was nicht sei, sei – auch Wunder erfüllen sich:
Es bleibt dem Himmel die Gewalt, den
Sterblichen jeden Triumph zu trüben.
26. Juli 2019
samedi 20 juillet 2019
One Loose Lips Sink Ships Dialogue
1.
So locker deine schönen Lippen auch ein Innerstes verraten:
Den Schlachten, die es zu verlieren gilt, folgen am besten Taten.
Ich weiß erst was von dir, und du von mir, nach ganzer Niederlage;
Wer nie zu weit geht, geht nicht weit genug, nichts steht mehr
______________________________________außer Frage.
Und wirft das auch einen Vorausschatten auf alles künftige
_____________________________________Kriegen, es ist
Dies stolze Verplappern von lockeren Lippen des Gegners
___________________________________verwegenste List.
2.
Lieber noch lockere Lippen als verräterisches Schweigen
Frech behauptend, mit der Stille des Aethers eins zu sein;
Es ist nämlich nur eins, was, beiläufig, nicht auf
Einssein pocht, sondern zwingend auf Andres hinauswill.
18. Juli 2019
lundi 15 juillet 2019
Poesiegeschichte mit dem Ohr
Ob Copilot bei Aeroflot
Und Heldentod aus Atemnot:
Im Abendrot wie Hundekot
Die ganze Welt fällt aus dem Lot
Wenn Reimerei zu passen droht.
Fabrikschlot obgleich Rauchverbot
Despot im Sonderangebot:
Hier Butterbrot, dort Flüchtlingsboot
Schon kommt die Welt wieder ins Lot
Wenn Wahrheit ihr zum Reim verroht.
Ja, es gab einmal Zeiten
Da war nur richtig, was harmonisch klang:
Gleichklang und Richtigkeit
Richtigkeit und Nichtigkeit
Wahrheit und Klarheit;
Dann aber trat ein, was eintreten musste –
Am Ende genügten die Bilder sich selbst
Und mit ‚selbst‘ harmoniert eben nichts so recht außer
Einem weiteren ‚selbst‘, dem eigenen Echo.
Hungertuch und Trickbetruch
Warten, bis die Stunde schluch;
Bilderbuch und wilder Fluch
Kreucht so lange, bis der Kruch.
Wahr seien nur die Gedanken, so formulierte es ein ob seiner
Subtilität Gefürchteter, die sich selber nicht verstünden.
‚Selber‘, nicht ‚selbst‘, und
Darauf passt dann zum Glück wieder ein wenig.
15. Juli 2019
samedi 13 juillet 2019
Rathaus und Möwenflügel
1. Rathaus
Das Rathaus scheint dafür zu sein, dass jeder Bürger sich
Auf eine Art von Einrad oder Radelrutsch begebe
Und derart ausgerüstet durch ewige Jugend schwebe
Und wisse nicht mehr, wer er sei und was Bewegung solle
Doch dafür mit Musik im Ohr dem Nichts entgegenrolle
Und es seh aus wie Daseinsglück, nicht etwa fürchterlich.
Rathaus begrüßt auch, dass die Einwohner der Weltstadt ganz
Entspannt nicht weiter als die eigne Nase vorwärts schauen
Namentlich, wenn durch Kot sie radeln rein aus Selbstvertrauen.
Ich wär noch lieber ein Stück Hundedreck auf dem Trottoir
Als einer, der nicht merken soll, was einmal besser war;
Doch von Vergänglichkeit kennt man im Rathaus nur den
_________________________________________Schwanz.
2. Möwenflügel
Dem Urschleim wuchsen Flösslein voll aus Feuchte
Und hinterher gar Flügelchen (klagt Benn)
Und als er demnach seiner selbst entfleuchte
Flog der Gedanke auf: Was wäre, wenn?
Was wäre, wenn es mich so gar nicht gäbe
Und ich Gedankenschleim noch immer wär?
Gottchen, das Fragen nützt nüscht. Schlag und lebe!
Die Antwort ist doch bloß nach unten schwer.
Sehr tief hinab zieht es den, der fein grübelt
Und wer sich solche Urschleimrätsel stellt
Der wäre wo? – es sei mir nicht verübelt:
Dem geht es meist recht gut in seiner Welt.
12. Juli 2019
mercredi 10 juillet 2019
Von Ehr und Treu
1. Pferde kotzen sehen
Der Roßtäuscher von Brassenheim täuschte einmal so dreist Roß und Reiter, dass er für ein paar Jahre nur noch durch die Gitterstäbe des Brassenheimer Zuchthauses täuschen durfte. Doch manche wollen es ja nicht besser, und so kam er reicher aus dem Turm heraus, als er in ihn hineingegangen.
Moral:
2. Heldendarsteller auf sanftem Ruhekissen
Gerade auch hierzulande lesen manche das Zeug mit Begeisterung, das ist wahr. Was mögen die Gründe sein? Sicherlich Lust am Tratsch und weil die finstere Zeit schnell ein Ende hatte; vor allem aber, man darf sich darüber nicht täuschen, weil man sein Bild vom deutschen Tölpel bestätigt findet. Wenn schon der stilistisch gepflegtere Teutone so stockblind und unerbittlich reinen Gewissens durch die Welt vandaliert, wie tumb muss dann erst der Rest sein... Die Lektüre des deutschen Salonlöwen befriedigt Germanophile und Germanophobe.
Es findet der auch schofel seitens der Natur
Dass die für zwei Funktionen – die eine sublim
Die andere gemein – dasselbe Körperteil
Bereitstellt. Gott, was stellt er sich denn vor?
Dass Sex und Exkretion sich mit demselben Winkel
Begnügen müssen, ist dem Saubermann ein Witz
Und eine Zumutung; allein, wo man mit allen
Fünf Sinnen lebt, erkennt man gleich den Segen.
Ei, soll er sich das sentenziöse Maul, wodurch
Er freilich auch die Gänseleber in sich stopft
Dann noch bei seiner Art von Beischlaf stöpseln lassen
Und reservier das andre Loch der Scheiße.
9. Juli 2019