mercredi 12 novembre 2014

Gute alte Freunde

Ich habe ein paar gute alte Freunde
Mit denen ich seinerzeit Pferde gestohlen habe, die mich aber
Nicht mehr besuchen, niemals anrufen und mir auch nie
_______________________________________ schreiben;
Rufe ich sie an, fallen wir sofort in den vertraulichen alten Ton
Doch ich merke bald, dass wir nicht mehr viel voneinander wissen
Und es trifft sich auch nie, dass wir uns treffen könnten.
Deshalb werde ich wohl demnächst aufhören mit meinen
_______________________________ einseitigen Initiativen.
Wir sind dann gute alte Freunde, die den Kontakt verloren haben.

Ich weiß nicht, ob ich mir damals die Falschen ausgesucht habe
Doch es kommt mir vor, als ginge es mit diesen guten alten
________________________________________Freunden
Wie den Irdischen mit den Überirdischen:
Die Gottheiten melden sich selbst nie
Doch wenn wir sie anrufen, herrscht sofort wieder der
________________________________ vertrauliche alte Ton
Nur gelingt es nie, ein Treffen zu vereinbaren
Und wir wissen auch nicht mehr viel voneinander.
So entschwinden die Götter allmählich aus dem Bewusstsein
Wie die guten alten Freunde
Mit denen man seinerzeit Pferde gestohlen hat.


De bons vieux amis

J’ai quelques bons vieux amis
Avec qui, dans le temps, j’ai fait les quatre cents coups
Mais qui ne me visitent plus jamais, qui ne m’appellent jamais
Et qui ne m’écrivent pas non plus.
Si moi, je les appelle, nous retrouvons aussitôt ce vieux ton intime
Mais je remarque qu’on ne sait plus grand-chose l’un de l’autre
Et ça tombe jamais bien qu’on puisse se rencontrer.
C’est pourquoi j’ai l’intention de cesser de les relancer.
Nous serons alors de bons vieux amis qui ont perdu contact.

J’ignore si, à l’époque, j’ai choisi les mauvais
Mais j’ai l’impression qu’il en va avec ces bons vieux amis
Comme avec les forces supraterrestres :
Les divinités ne nous contactent jamais
Mais si nous, on les appelle, on retrouve aussitôt ce vieux ton intime
Seulement on n’arrive jamais à fixer rendez-vous
Et nous ne savons plus grand-chose l’un de l’autre.
Ainsi, les dieux quittent-ils peu à peu le champ de notre conscience
Comme de bons vieux amis
Avec qui, dans le temps, on a fait les quatre cents coups.


11 Novembre 2014

lundi 3 novembre 2014

Vom Hörensagen

In der Dunkelheit übernimmt das Ohr
Und eine Welt ersteht neu, die
Im Licht schon längst verblichen war.

Welche Signale aus dem schwarzen Universum?
Fernes Stimmengewirr, des Öftern mündend in Gelächter
Dringt heran zu dem verbannten Kind
Als ob die Großen sich unten vergnügten

Ja, als herrsche nicht überall Nacht
Und eines nur ausgeschlossen sei vom schönen Fest –
Wo doch das Nachtreich keine Grenzpfähle kennt
Und Finsternis alles verhüllt um zu sein.

Was herschallt aus der Welt, ist nicht die Welt
Es sind heftigere Wünsche
Solche vom Hörensagen, früh, noch uneingezäunt, keine
Wie verschwommen auch immer erschaute Vision

Weil schließlich überall Nacht ist
Wenn das lauschende Ohr übernimmt.


De l’ouï-dire

Dans le noir, c’est l’oreille qui prend le relais
Et un monde renaît qui
Dans la lumière depuis longtemps s’était fané.

Quels signaux émet l’univers sombre ?
Un lacis de voix lointaines, souvent éclatées en rires
Montant vers l’enfant relégué
Comme si les grands s’amusaient en bas.

Oui, comme s’il ne faisait pas nuit partout
Et qu’on était seulement exclu de la belle fête
Alors que l’empire nocturne ignore poteaux ou bornes
Parce que les ténèbres voilent tout pour exister.

Ce qui résonne du monde n’est pas le monde
Ce sont désirs plus violents
Ceux de l’ouï-dire, primitifs, pas encore clôturés
Point de vision entr’aperçue dans le brouillard

Puisque la nuit est partout
Lorsqu’à l’affût l’oreille prend le relais.


31 Octobre 2014

dimanche 2 novembre 2014

Eigene Qualitäten


1. Reiner und schöner

Launen des Tages, für die Ewigkeit in den Arm geritzt
Unvergängliche Zeugen dafür, dass Versprechen niemals 
___________________________________eingehalten werden
Sich früh schon den Leib mit gebrochenen Schwüren
_____________________________________verschandelnd –

So kindisch ist auch das Veröffentlichen
(Die Haut ist dann das Papier)
Doch zum Glück finden wenige einen Verleger.

Jungfräulich bis auf den jüngsten Tag, alt werdend
Ohne die sichtbaren Spuren vergangener Jugend:
Derart unüberprüfbar verdirbt es sich reiner und schöner.


2. Moralisch einwandfrei

Keinen juckt es, was der Alte
Auf seinem Grundstückchen werkelt
Wie er da den lieben langen Tag herumfuhrwerkt.

Er könnte eine Leiche verbuddeln bei dem Gerümpel.
Aber dazu bräuchte er zuerst eine Leiche
Und so weit geht er nicht, so weit ist es noch nicht mit ihm.

Er beschränkt sich also auf sein Dreckszeug
Dieser noch lebende, moralisch einwandfreie Alte
Allerdings so diskret, als gäbe es einen Leichnam zu verbuddeln.


3. Robust und dennoch leicht

Jedes Ding hat seine ureigenen Qualitäten
Und so sollte doch auch er seine Qualitäten haben.
Aber welche? Es ist die Welt, die sie vergibt.

Das Schuhwerk sollte bequem und rutschfest sein
Der Anorak auf jeden Fall wasserdicht
Und der Rucksack robust und dennoch leicht.

Das weiß er, und damit begibt er sich auf seine Ausflüge
Ganz ohne eigene Qualität, denn die
Wird vergeben von anderen, und er wandert ins Menschenleere.


4. Und nicht verfallener

In der Einsamkeit kann man immer noch auf Spiegel
______________________________________zurückgreifen.
Auf den so gut versteckten Teich beispielsweise, in dem das
Mythische Wesen sich anschaut.

Selbstliebe, die sich an die Vergangenheit hält
Und eines Tages beginnt, für den jungen Mann, der man war
Quasi zärtliche Gefühle zu entwickeln –

Ist das nun ein Zeichen deiner Verwesung?
Was soll denn gegen solch ein Selbstporträt einzuwenden sein?
Es ist dem Tod nicht stärker eigen als jedes andere Bild.


Qualités propres

1. Et plus pur et plus beau

Lubies d’un jour, pour toujours burinées dans le bras
Témoins impérissables que promesses ne sont jamais tenues
Le corps tôt déjà défiguré par des serments d’ivrogne –

Pas moins puérile est la publication
(Le papier faisant office de peau)
Mais par chance, peu sont ceux qui trouvent un éditeur.

Immaculé jusqu’au Jugement dernier, vieillissant
Sans les traces visibles de jeunesse passée :
Ainsi indémontrable et plus pur et plus beau est ton pourrissement.


2. Moralement impeccable

On s’en fiche du vioc, et de ce
Qu’il fabrique sur son bout de terrain
De ce qu’il y manigance à longueur de journée.

Il pourrait enterrer un cadavre dans sa déchetterie.
Mais pour ça, il lui faudrait d’abord le cadavre
Et il ne va pas si loin, lui, il n’en est pas encore arrivé là.

Il se limite donc à ses immondices
Ce vioc toujours en vie et moralement impeccable
Mais si discrètement comme s’il y avait un cadavre à enterrer.


3. Robuste tout en restant léger

Chaque chose a ses qualités propres.
Ainsi, lui aussi devrait avoir ses qualités.
Mais lesquelles ? C’est le monde qui les donne.

Les bottes doivent être commodes et antidérapantes
L’anorak est censé être étanche
Et le sac à dos robuste tout en restant léger.

Cela, il se sait, et avec ça il effectue ses excursions
Tout à fait sans qualité propre, puisque
C’est autrui qui la donne et lui, il se rend où il n’y a âme qui vive.


4. Et pas plus périmé

En solitude, on peut toujours avoir recours aux miroirs.
Par exemple à cet étang si bien caché dans lequel
Se reflète l’être mythique.

Amour de soi qui s’en tient au passé
Et un jour se met à développer des sentiments quasiment tendres
Pour le jeune homme qu’on était –

Serait-ce là un des signes de ta putréfaction ?
Qu’est-ce qu’il y aurait à objecter à un tel autoportrait ?
Il n’est pas plus du domaine de la mort que tout autre image.


28 Octobre 2014

mardi 21 octobre 2014

Ce qu’on est

          Foyer des travailleurs maliens, un samedi d’octobre
Inhabituellement ensoleillé. Quelque peu à l’écart de la foule
Quatre messieurs d’un certain âge –
          Élancés, en grand boubou, rouge, or
Noir et blanc, aux belles toques assorties, dans les mains
Des cannes cloutées d’argent – posément en discussion.
          Les croisant, je suis touché par la grandeur de l’Afrique
Et je me dis qu’à quelques frais il est possible
D’être reconnu comme ce qu’on est.

           Mais ce type ébouriffé et en loques
Que j’y rencontre été comme hiver, matin et soir
Avec ses colliers rouillés –
          Ses bâtons, ses ballots, son fatras limite ordure
Et son air dérangé, son mutisme, son immobilisme
Puis, oui, son ubiquité sur tous les bancs publics du coin –
          C’est quand même autre chose, lui, et je me dis
Qu’avec un peu de magie il est en effet possible
D’être reconnu comme ce qu’on est.

21 Octobre 2014

dimanche 19 octobre 2014

Du culte de Çiva


1. Tombeau de verre

Un verre dans lequel on a bu pendant longtemps
Avec lequel on a déménagé
Devient apprivoisé. On l’a choisi et apprivoisé.
Presque comme un animal de compagnie.
On l’appelle, et lui, il rapplique
Pour entrer en communication.
Suis-je fou si j’en vois quasiment la queue qui s’agite
Lorsque j’y verse mon vin ?

Celui qui le soigne, qui le lave et qui le soigne
A des responsabilités, mais mieux encore : Pas touche, je
M’en charge moi-même !
Voilà pourquoi, lorsqu’il a été brisé, c’était la rage.

Oui, il y a des verres antiques encore en bonne santé
On a brisé un verre qui aurait pu devenir multi-centenaire
Qui m’aurait survécu restant mon verre à tout jamais
Si l’on ne me l’avait pas arraché de la main
Arraché comme la pomme du Paradis de son arbre.


2. De l’utilisation sensée d’une kalachnikov

On peut tuer quelqu’un avec un rouleau à pâtisserie
Mais ce rouleau est censé étaler de la pâte ;
Il doit y avoir également une manière intelligente d’employer une
______________________________________kalachnikov
Faire des trous dans le fromage, par exemple.

– On n’a pas besoin d’aller si loin.
Il est beaucoup plus facile de faire quelque chose de sensé avec
_______________________________________une kalach.
Serre-là sous ton bras et va-t-en découvrir le monde
En jouissant de ce qu’il t’offrira de beau.
Tu as des doutes sur sa sincérité ?
Dis, la pâte étalée, est-elle sincère ?
Mais oui, on peut transformer le monde à l’aide d’une kalachnikov
Le monde est, pour ainsi dire, déjà en état de paradis ;
Il n’y manquait que quelque chose de sensé dans tes pattes.



Vom Shivakult

1. Glasgrabmal

Ein Glas, aus dem man lange getrunken hat
Das mit einem umgezogen ist
Wird zutraulich. Man hat es sich ausgesucht und zutraulich gemacht.
Fast wie ein Haustier.
Man ruft es, und da kommt es auch schon
Um mit einem in Verbindung zu treten.
Bin ich verrückt, wenn ich es quasi mit dem Schwanz wedeln sehe
Fülle ich meinen Wein hinein?

Wer damit umgeht, wer es abspült und versorgt
Trägt Verantwortung, aber besser noch: Pfoten weg, ich
Kümmere mich selber darum!
Deshalb war ich auch so wütend, als es zerbrochen wurde.

Ja, es gibt Gläser aus der Antike, die noch wohlerhalten sind
Hier wurde zerstört, was Jahrhunderte hätte leben können
Mich überlebt hätte und auf ewig mein Glas geblieben wäre
Hätte man es mir nicht aus der Hand gerissen
Abgerissen wie den Apfel des Paradieses von seinem Baum.


2. Sinnvolle Unternehmungen mit der Kalaschnikow

Man kann mit einem Nudelholz Menschen erschlagen
Aber gedacht ist es zum Ausrollen von Teig;
Man muss doch auch mit der Kalaschnikow etwas Sinnvolles unternehmen können
Etwa Löcher in Käse schießen.

– So weit muss man gar nicht gehen.
Es ist viel einfacher, mit der Kalasch etwas Sinnvolles anzufangen.
Klemme sie dir unter den Arm, mach dich auf in die Welt
Und genieße, was sie dir nun Schönes bietet.
Du zweifelst an ihrer Ehrlichkeit?
Ist der ausgerollte Teig denn ehrlich?
Aber ja doch, man kann die Welt verwandeln mit der Kalaschnikow
Die Welt ist sozusagen schon im Paradieseszustand
Es fehlte bislang nur etwas Sinnvolles in deinen Pfoten.


17. Oktober 2014

samedi 18 octobre 2014

Fähigkeiten

Es braucht nicht viel Grips
          um fliegen zu können
Kaum ein Spatzengehirn.
So war das Frühwerk vielleicht bedeutender
          als alles Spätere.
Er weiß nicht, wann er davonfliegen muss, und
          weiß es doch: Er fliegt auf jeden Fall davon.
So war das Frühwerk verwegener
          als alles Spätere: er konnte noch nicht fliegen.
Doch was half es dem großen Geist, fliegen zu lernen
Wo doch ein Spatzenhirn genügt?

Braucht es Kiemen und Flossen
          um halbwegs schwimmen zu können?
Und einen Karpfenkopf?
So war das Spätwerk gewiss gewichtiger
          als alles Frühere.
Er weiß nicht, wann er davonschwimmen muss, und
          weiß es doch: Er schwimmt auf jeden Fall davon.
So war das Spätwerk weit kühner
          als alles Frühere: er konnte nun halbwegs schwimmen.
Doch, es half ihm, sich ein klein wenig freischwimmen zu können
Um am Ende wie ein Karpfen zu verstummen.




Capacités

Pas besoin de beaucoup de cervelle
          pour savoir voler
À peine le cerveau d’un moineau.
Ainsi, l’œuvre de jeunesse était peut-être plus importante
          que tout ce qu’il a écrit après.
Il ignore quand il faut s’envoler, et pourtant
          il le sait : il s’envole dans tous les cas.
Ainsi, l’œuvre de jeunesse était plus audacieuse
          que tout ce qu’il a écrit après : il ne savait pas encore voler.
En quoi profitait au grand homme d’avoir appris à voler
Lorsque suffit un cerveau de moineau ?

A-t-on besoin d’ouïes et de nageoires
          pour savoir à peu près nager ?
Puis la tête d’une carpe ?
Ainsi, l’œuvre tardive avait certes plus de poids
          que tout ce qu’il avait fait avant.
Elle ignore quand il faut s’ennager, et pourtant
          elle le sait : elle s’ennage dans tous les cas.
Ainsi, l’œuvre tardive était plus téméraire
         que tout ce qu’il avait fait avant : il savait dès lors un peu 
___________________________________________nager.
C’est en quoi il profitait au grand homme d’avoir appris à surnager
Pour finir par se taire comme une carpe.

16 Octobre 2014

mardi 2 septembre 2014

Papou de salon

Un documentaire sur les Papous.
Des gens calmes dans la forêt calme, débarqués dans un salon
___________________________________________ calme.
Je serais presque Papou si le salon n’était pas si petit
Et mon arbre exotique si chétif.
Les spectateurs sont, en tout cas, plus proches des Papous
Que ceux qui ont tourné le film :
De purs produits de la télé, grands voyageurs, personnes du
___________________________________________monde.
Qui n’est pas grand voyageur ne rencontre pas ses semblables.
Heureusement, il y a le poste.
Mais ils sont tout à fait de l’autre côté de la barrière, ces
_____________________________________entremetteurs ;
Qu’ils le veuillent ou non
Ils sont tellement du côté du bruit
Que même le silence rentre dans ce cadre-là.
Quoi donc savoir de ses frères ?
J’aimerais que les Papous sentent
Comme c’est beau
Qu’on ne se connaisse pas.


Salonpapua

Ein Dokumentarfilm über Papuas.
Stille Leute im stillen Urwald, hereingeschneit in ein stilles Wohnzimmer.
Ich wäre fast ein Papua, wäre das Zimmer nicht so klein
Und mein exotisches Zimmerbäumchen nicht so mickrig.
Die Zuschauer sind den Papuas jedenfalls näher als
Diejenigen, die den Film gedreht haben:
Reine Fernsehkreaturen, weit herumgekommen, Leute von Welt.
Wer nicht weit herumkommt, trifft seinesgleichen nicht.
Zum Glück gibt es den Kasten.
Doch sie stehen ganz auf der anderen Seite, diese Vermittler
Ob sie es wollen oder nicht.
Sie stehen derart auf der Seite des Lärms
Dass sogar das Schweigen mit hineinpasst.
Was ist von seinen Brüdern schon zu wissen?
Wenn die Papuas nur spüren könnten
Wie schön es ist
Dass man einander nicht kennt.

1. September 2014

mardi 5 août 2014

La bonne distance

Pour voir le monde tel qu’il est
Il faut se tenir à distance.
Distance, on te connaît
Autant qu’inexistence.

Peut-on depuis l’inexistant
Contempler la réalité ?
Peut-être en insistant
Sur sa fatalité.

Cette fatalité qui fait
Que tout doit rester inchangé
Et que sagacité
Ne saurait déranger.


[Wenn einem niemand zuhört, hat man tatsächlich bald nichts mehr zu sagen. Nicht nur das Verständnis hängt von den Zuhörern ab, sondern auch das Denken dessen, dem nicht zugehört wird. Der, dem niemand zuhört, hört irgendwann auch mit dem Denken auf. Er lebt dann vom Vorrat, und der hält lange, denn er hat ihn ja nun ganz für sich allein.
 
Quand personne ne t’écoute, tu finis par n’avoir plus rien à dire. Pas seulement la compréhension dépend d’un public, mais aussi la pensée de celui qui ne l’a pas, ce public. Celui qui n’a personne pour l’écouter, finit un jour par ne plus penser. Désormais, il vit de ses réserves ; qui tiennent longtemps puisqu’il n’y a que lui pour les épuiser.]

10 Mars et 5 Août 2014

samedi 5 juillet 2014

Gesetze der Logik

Ich saß in einem Sessel und sinnierte. Mein Blick war nach innen gerichtet, denn schaute ich geradeaus, verstellte mir ein dunkler Bücherschrank die Aussicht. Hätte ich durch den Schrank hindurchsehen können, wäre da eine Wand gewesen. Wäre sie nicht gewesen, dann ein fremdes Zimmer, und hinter dem fremden Zimmer eine Reihe weiterer fremder Zimmer. Daraufhin andere Häuser und endlich, irgendwann, Landschaft. Aber auch dann hätte ich noch nicht bis zum Horizont blicken können, den verbarg noch vieles: Zuerst wären das nur Hügel voller Bäume gewesen, schließlich regelrechte Berge. Und so frustrierend wäre es weitergegangen, vermutlich bis nach Sibirien.
Hätte ich meinen Kopf jedoch nur ein ganz klein wenig nach rechts gedreht, wäre sofort ein Fenster gekommen und mein Blick hätte durchaus zum Horizont schweifen können. Mir hätte sich ein wunderbares Panorama geboten, mit ungetrübter Sicht auf die Unendlichkeit.
Keinen Röntgenblick erlernen, sondern nur leicht den Kopf wenden – das lehren einen die Gesetze der Logik. Eine Antwort auf berechtigte Fragen ist das allerdings nicht. Deshalb saß ich in diesem Sessel und sinnierte. Mit Scheuklappen, wenn man so möchte, aber doch auch nicht zum Augentraining.


Les lois de la logique

J’étais assis dans un fauteuil en train de réfléchir, le regard tourné vers l’intérieur, car si j’avais regardé droit devant moi, une bibliothèque presque noire m’aurait barré la vue. Si j’avais pu voir à travers cette bibliothèque, il y aurait eu un mur. Et derrière le mur, une autre pièce, et derrière celle-là encore une suite de pièces. Puis, d’autres maisons, et seulement loin après, enfin du paysage. Mais là encore je n’aurais pas pu voir l’horizon, toujours caché par pas mal de choses. D’abord de simples collines boisées, ensuite de véritables montagnes. Et ce jeu de frustrations aurait continué, probablement jusqu’en Sibérie.
Mais si j’avais tourné la tête rien qu’un tout petit peu vers la droite, j’aurais eu tout de suite une fenêtre avec vue en effet jusqu’à l’horizon. M’aurait été offert un panorama magnifique, donnant sur l’éternité.
Ne pas s’obstiner à vouloir percer les obstacles du regard, mais seulement tourner la tête un petit peu, voilà ce que nous demande la logique. Mais cela ne fournit pas une réponse aux questions justifiées. C’est pourquoi j’étais là, dans ce fauteuil, en train de réfléchir. Avec des œillères, si l’on veut, mais pas non plus pour m’entraîner les yeux.


9 Janvier 2014, trad. 10 Juin 2014

mardi 3 juin 2014

Beunruhigende Symptome


Ich sollte mich eigentlich untersuchen lassen
Dringend sogar, meint die Ärztin.
Sie kann mir aber nur empfehlen, nicht befehlen
Und ich will nicht so recht.

Es ist nicht so, dass ich Bammel davor hätte
Mir hinten oder vorne etwas hineinschieben zu lassen
Nein, prinzipiell habe ich davor nicht groß Angst, ich habe
Bloß keinerlei Vertrauen in die Hineinschiebenden.
Wenn man sich vorne oder hinten etwas hineinschieben lässt
Muss man nämlich ein gewisses Vertrauen haben, jawohl
Bei solchen Vorgängen muss eine Vertrauensbasis herrschen
Und die herrscht leider nicht. Ja, und denjenigen
Die auch noch behaupten, die ganze Schieberei sei doch nur
Zu meinem Besten, denen traue ich zweimal nicht, und
Besonders, wenn sie es von Berufswegen behaupten.
Ich lasse mir eben nur sehr ungern
Von jemandem hinten oder vorne etwas hineinschieben
Falls diese Person von Berufswegen behauptet
Es sei zu meinem Wohl und sich
Dafür bezahlen lässt. Es war schon immer so
Dass ich den Professionalismus ablehne.

Du sagst: Klar, du hasst die Geldgier
Doch wer schiebt denn tatsächlich aus reiner Menschenliebe
Naivlern wie uns hinten oder vorne etwas hinein?

– Ich kann dem seine Berechtigung nicht absprechen.
Du scheinst dich auszukennen, schon oft
Hat mich dein scharfes Urteil überrascht und unsicher gemacht.


Des symptômes inquiétants

Je devrais faire passer un examen
Et d’urgence, dit la toubib.
Mais elle ne peut qu’émettre un avis, pas donner d’ordre
Et je traîne la patte.

Ce n’est pas que j’ai une grosse trouille
De me faire enfoncer un truc par devant ou par derrière
Non, en principe je n’en ai pas très peur ; seulement
Je manque de confiance dans ceux qui enfoncent.
Et lorsqu’on laisse rentrer un truc par devant ou par derrière
Eh bien, il en faut de la confiance, n’est-ce pas
Dans ces cas-là le plus vital est la base de confiance
Et hélas, elle me fait défaut. Et ceux qui, en plus, prétendent
Enfoncer pour mon bien, je m’en méfie deux fois, et
Particulièrement lorsqu’ils le prétendent par métier.
Oui, je déteste qu’on m’enfonce un truc par devant ou par derrière
Si cette personne prétend par métier
Qu’elle agit pour mon bien et se fait payer pour
C’est que depuis toujours je rejette
Le professionnalisme.

Tu dis : Bien sûr, l’appât du gain te révulse
Mais qui enfonce, rien que par amour du prochain
Un truc par devant ou par derrière dans des naïfs comme nous ?

– Je ne puis qu’acquiescer.
Tu sembles t’y connaitre, ce n’est pas la première fois
Que ta sagacité m’étonne et rend perplexe.

29 Mai 2014

lundi 5 mai 2014

L’appel du chat

L’homme étant loin
L’appel du chat devient parfois bizarre :
Rauque, aigu, triste, vif, modulé non sans audace
Et facile à confondre avec le geignement d’un nourrisson.

On le perçoit au loin, mais jamais aucun chat
Ne s’exprime ainsi en notre présence ;
On ne lui connaît pas ce côté-là
Le côté adulte, je présume.

Il y a d’autres innocences
Dont on ignore certains râles, et
Pas plus mal de ne pas être au courant
De toute leur gamme en matière de sonorités.

Et cela bien que ces appels de chat ressemblent
Aux bruits émis par ceux que l’on pense
Encore transparents, si ce n’est
Tromperie dès le début.


[Chez l’humain, l’envie d’être transparent ne veut pas dire envie d’être en verre. Puisque le verre a cette première qualité que l’on voit au travers, on voit à travers un homme en verre, on voit le mur derrière lui lorsqu’il fait sa gymnastique. Or, quelqu’un qui est transparent de cette manière-là, est proche de l’invisibilité, et invisible veut dire caché. Un homme invisible n’est pas un homme transparent, bien au contraire. C’est peut-être le meilleur des agents secrets.
L’envie d’être transparent est autre chose. C’est l’envie d’avoir l’enveloppe transparente, la coque à travers laquelle on voit s’affairer les rouages, les rouages de la pensée etc., rouages parfaitement opaques car rouages visibles, visibles à travers leur carapace de cristal. Un homme vraiment transparent ne peut donc être qu’un homme dont on voit le mécanisme qui, lui, ne l’est pas. Demandez seulement à un mécanisme transparent d’être observable au travail. C’est impossible. L’exigence de la transparence est telle qu’elle ne doit s’appliquer qu’à la peau et nullement au noyau, autrement elle ne vaut rien, autrement elle se transforme en son contraire.]


25 Avril 2014

jeudi 3 avril 2014

Un bref instant

Lorsque le roi décidait de s’y rendre
Il amenait avec lui meubles, baldaquin et tout
Car l’endroit était nu.

Il doit être gratifiant
D’arriver en grande pompe
Chez sa belle au bois dormant, mais
Belle à poil et sans aucun maquillage
Et qu’on parera de fanfreluches
Pour une grande fête
Avant de la rendre, les feux éteints
À sa nudité première.

Comme si tel visiteur
Était nécessaire au lustre
D’un château bâti de pierre

Qui auréole, en vérité, celui qui l’investit
Apportant peu, et rien que du futile :
Quelque bahut, quelque tenture
Et le passage de son enflure.

3 Avril 2013

mercredi 5 mars 2014

Fugato


i. Roseaux rivaux 

Le vent souffle toujours, même un peu mieux
Et que je plie moins bien se fait fâcheux.
Roseau je fus et veut le rester donc ;
Or, qui s’acharne devient mauvais jonc.

Genoux, échine et cou sont engourdis ?
Tu n’as qu’à t’écrouler, mon vieux, pardi !
A chaque époque correspond un style :
Lorsqu’on est raide, on rampe, c’est facile.

Das Licht tritt durch die Ritzen früh am Tag
Es ist jetzt Morgen, sagen diese Ritzen.
Der strahlende Athlet dahinter mag
Zu dieser Stunde schon die Welt besitzen –
Mich hinter Barrikaden kriegt es nicht
Das in den Ritzen sitzende Gelicht.

Wo Elegante heute promenieren
War früher See. Nun Dämme aufgerichtet.
Ein Sturm, der das gewagte Werk vernichtet
Mag sich zwar eines Tages wieder rühren
Doch mich hält ab, was auf die Zeit vertraut
Und unbemerkt sich in den Ritzen staut.

Ich hätte mich auch längst hervorgestohlen
Gäbs da nicht zu viel, das zurückhält, ich
Wär selbst gedrungen, selber unmerklich
Säß nicht schon zu viel zwischen Tür und Bohlen.
So kann den Ekel ich nicht überwinden
Durch solche Ritzen einen Weg zu finden.


ii. Regrets

Un soir, pas nécessairement fait pour, tant pis
Me suis-je dit, il faut tenter de se refaire
Et sans plus de façons j’ai quitté mon repaire
Pour prendre l’air qui m’attendait. Mal m’en a pris.

J’étais glacé lorsque j’ai regagné mon antre
Où je me suis revigoré en moins de deux
Et puisque je m’étais couché seul dans le pieu
C’était mon propre feu qui m’a chauffé le ventre.

L’âme a clamé sa part, la brave, et elle m’a
Expédié en enfer pour expier dans la flamme.
Faute de diable, nul bûcher pour que j’y crame
Ne brûlant que par moi, je suis parti de là.

Me croyant guéri je suis ressorti alors
Pour replonger seul dans ce bordel improbable ;
J’ai regretté mon page et mon enfer sans diable
Tout en me trouvant toujours mieux fiévreux que mort.


iii. That which We Call a Rose

War auch nicht Shakespeare, wer sich Shakespeare hieß
Und schrieb nicht Shakespeare, was ihm zugeschrieben
Ist doch von Shakespeare, was er hinterließ
Egal, was er im Leben sonst getrieben
Als sei Shakespeare von Shakespeare nicht zu trennen
Begann er sich erst einmal so zu nennen.

Wer bleibt schon, wer er ist, sobald es einen
Gibt, der wie er ist, ist er auch nicht er:
Insofern er es ist, darf man es meinen
Und es wär tragisch, wenn es nicht so wär
Dass einzig an den Werken wird erkannt
Ob einer ist, wonach er sich genannt.

Ich allerdings – vielleicht, weil ich noch lebe –
Fänd mich mit einem Double schwerlich ab;
Nicht etwa, dass es einen andern gäbe
Verstörte mich, doch dass es mich nie gab
Sobald ein anderer dies Dasein führte
Und fasste, was nur mich allein berührte.


2. - 4. März 2014

dimanche 2 mars 2014

Die Ansteckungsgefahr

Dort hinten, wo tagsüber totgeschlagen
Ward morgens angetreten zur Kontrolle;
Hygiene spielt damals eine Rolle
Man kanns begrüßen oder auch beklagen.

Wir durften jedenfalls die Beine heben
Und wer verpilzt war, wurde abgesprüht
Woran der Unvoreingenommne sieht:
Es ist nicht alles schwarz und weiß im Leben.

Schaust du dir nun versonnen auf die Zehen
Und weißt nicht recht, was du davon sollst halten:
Gras wächst auf den Ruinen, doch die Alten
Erzählen manchmal Dinge, die geschehen.


Le risque de contagion

Où nul ne savait s’il verrait le soir
À l’aube, on s’alignait pour le contrôle ;
L’hygiène, dans ces temps, jouait son rôle
C’est dire que tout n’est pas blanc ou noir.

On levait, en tout cas, chacun son pied
Et qui avait, disons, une mycose
Recevait sur-le-champ la bonne dose –
Preuve de plus qu’il ne faut pas se fier.

Or, si tu doutes, le regard placé
Sur tes orteils, sache que dans ces lieux
L’herbe pousse à nouveau, mais nous les vieux
Songeons parfois aux choses du passé.

1er Mars 2014

jeudi 6 février 2014

If Deep Calls to Deep

Puisqu’il y a cause et effet, et puisque
Les hommes ne sont pas moins curieux que les singes
On a demandé à des singes de se comporter comme des hommes.
Avec le naturel qui les caractérise, ils se sont prêtés au jeu.

Le temps d’apprentissage était court, beaucoup plus court
Que lorsque l’homme apprend une langue étrangère.
Tout concourait dans le singe à faire l’homme
Comme tout concourt dans l’homme à faire le singe.

Si l’on veut parler d’avance ou de recul, on n’avance
Pas moins facilement qu’on ne recule –
Terrain meuble ou sol stable : progresser
N’est pas plus dur que régresser. Et pourtant.

Puisqu’il y a cause et effet, et puisque
Pour monticuliser il faut creuser et vice versa
Le pelleteur se trouve plus tôt au fond d’un trou
Que monté sur un mamelon même modeste.

Il descend plus aisément qu’il ne s’élève ;
Sans bien comprendre ce phénomène
Il l’observe en se grattant la tête
Fût-il singe ou fût-il homme.

5 Février 2013

mardi 21 janvier 2014

En brasserie

Je déjeunais en brasserie, en pleine baie
Tout près du monde et celui-ci tout près de moi
Les yeux des gens parfois attirés par ma viande
Et moi, les levant pour des chairs rasant la vitre
Parfois pas moins tentantes que mon rond de gîte.

Des yeux donc tombaient en marchant sur un bon plat
Et d’autres yeux suivaient, en mâchant, des rondeurs
Vernies d’être passées si près de ma fourchette.
Vitrine à deux côtés, on aurait pu penser
Qu’il se nourrit, le monde, en brassant les idées.

Lorsque je suis sorti, me mêlant aux passants
Ce monde-là ne m’intéressait plus autant.
Ai-je besoin d’un présentoir pour apprécier ?
J’étais rassasié par un bout de bidoche –
Belles sont les idées, aussi belles que fausses.

21 Janvier 2014

mardi 7 janvier 2014

Ausgewachsen

Ein paar Jahre nicht gesehen, und
Er hatte sich ausgewachsen zu einem richtigen Mann.
Was soll man dazu sagen? Glückwunsch?
Die Dinge werden ernst ohne ihr Zutun, ohne eigene Schuld.
Gefolgt werden muss ihnen –
Doch endlich zur Form gefunden? Unsinn.
Zwar beeindruckend, aber nicht besonders lustig
Dass er fortan wohl auch ernst genommen wird;
Denn wenn etwas nun richtig ist, war es das schon vorher
Und vermutlich sogar ein Stück richtiger.
Anscheinend ist es nur so, dass das Richtige
Erst dann, wenn es seinen Schmelz verloren hat
Glaubhaft zu werden beginnt.

Wenn man sich erinnern muss, wie es früher war.
Ein schon lange aus dem Fluss gefischter Kiesel
Den man nur noch durch die Tränen wiedersehen kann.


Épaissi

Quelques années se sont écoulées
Et le voilà devenu un vrai homme.
Quoi en dire ? Félicitations ?
Les choses se font sérieuses sans leur concours, sans qu’on en soit responsable.
Il faut les suivre –
Ont-elles pourtant trouvé leur forme ? Bêtises.
Certes impressionnant, mais pas spécialement drôle
Que, dorénavant, il sera sans doute aussi pris au sérieux ;
Car si quelque chose est vrai maintenant, ce l’était déjà avant
Et probablement même un petit peu davantage.
On dirait que le vrai ne devient crédible
Qu’à partir du moment où
Il a perdu sa grâce.

Lorsqu’il faut se souvenir
Comment c’était avant.
Un galet longtemps sorti de l’eau
À revoir uniquement à travers les larmes.

6 Janvier 2014

lundi 6 janvier 2014

Thin

Thin is thin
And meager is meager.
The anorexic teen in spandex jeans
Understands she still has baby fat to shed, a
Sure discernible excess when
Crammed into skin-tight.
There is a point from where you dare.
The courage of displaying one’s shortcomings
Isn’t limited to the slovenly elderly.

Huge thigh gap, generational, yes
All set to finish her journey
Astraddle on a gurney.
But the stick legs so far keep her up and spindling
Toward cutoff date.

Bone frame so salient that one can x-ray
The insight she has of herself and also learn from it.
If she should survive the ordeal of such youth, any given age
Will have gone from her, rubbed away
Like antler velvet
Her last loose ounces of derm.

Before, transparency is
A meager trump card.
A hope, a purpose.

January 5, 2014

mercredi 1 janvier 2014

Limbus

Während ich auf die bestellten Bücher warte
Stelle ich mir vor, was drinsteht.
Wenn sie dann ankommen und ich sie öffne
Ist die Überraschung nicht mehr so groß.

Früher verlobten sich die Leute brieflich
Nach Erhalt eines Medaillons mit dem Portrait
Der ihnen noch unbekannten Person, mehr
Mussten sie nicht wissen, um sich unsterblich zu verlieben.
Entstieg diese Person der Kutsche
Begann der Trott.

Auch mir fällt es leichter
Mich in ein Foto zu verknallen.
Eine Wirklichkeit ohne Buch, auf das man warten muss
Ohne Medaillon oder Fotografie
Wäre die Hölle
Für einen liebesfähigen Menschen.


Limbes

En attendant les livres que j’ai commandés
Je m’imagine ce qu’il y a dedans.
Lorsqu’ils arrivent et que je les ouvre
La surprise est donc moindre.

Avant, les gens se fiançaient par lettre
Après réception d’un médaillon avec le portrait
De la personne inconnue, on n’avait pas besoin d’en
Savoir davantage pour tomber éperdument amoureux.
Lorsque cette personne descendait de la voiture
C’était le début du train-train.

À moi aussi, il m’est plus facile
De m’amouracher d’une photo.
Une réalité sans livre qu’il faut attendre
Sans médaillon ou photographie
Serait l’enfer
Pour un être capable d’aimer.


1er Janvier 2014

mardi 31 décembre 2013

La bûche

Si l’on pose, mettons, une sangsue ou un bébé, ils tètent par
___________________________________________réflexe.
Ce n’est absolument pas appris, c’est de l’aube pure. Pose-t-on
Un adulte, s’il déguste, il réfléchit encore à des choses.

Par calcul, un peu comme payé pour, dirait-on, une personne
A ses idées, quoi, c’est obligé, mais j’ai des doutes.
Le feu de l’action ne t’est pas inconnu, toi
Et la dispersion des cendres non plus.

Cela dépend, bien sûr, aussi de l’endroit où l’on te pose
Sinon où toi tu t’es posé, mon papillon à cerveau.
Ce qui ne change pas, c’est qu’on n’a pas trop
De choix dans une vie tout de même.

L’hiver se prolonge, et c’est le temps donc qui
Gonfle, le temps qui fuit. Et alors tu y vas
Pour qu’il finisse par fuir sous tes yeux
Ce longtemps devenu quelque chose.

Cependant quelle routine, du vrai temps mort avant
D’être insufflé par ton espèce de prévenance.
Et l’impatience qui guette. Heureusement
Là, fin décembre, on a presque réussi.

C’est qu’il s’est mis au repos, soi-disant, et à l’aise, mais
Pas la moindre décontraction, que du boulot boulot
Pour un tel arbrisseau, Noël arraché à sa forêt.
Maintenant comme sûr de lui, volontaire

Affermi, même battant (une facette qu’on ne lui connaissait pas)
Au moment même où confiseurs, et pâtissiers, et cetera
Font la trêve : voilà du beau, du réveillon point gâté.
On n’a plus qu’à attendre que le bouchon saute.

Bougies soufflées, assouvissement suivi d’assoupissement
C’est le temps de respirer. Puis le nouvel an commence
Et il faut se le refarcir, celui-là. Quelle époque.

28 Décembre 2013

vendredi 27 décembre 2013

Talking into It

    Say, does it make you laugh, that word exhilaration
Or are you deaf to sounds’ suggestive hue and cry?           
—Why should I ever indulge in their realization
As long as I know what they are supposed to imply?
    The expression may be mild, the thing all wild and tough
Expectoration (though belched forth) won’t make one cough.

    Words you’ve to live to make them feel are trumpery:
Those that don’t signify ere one helps act them out
Are names unborn until their bearer came to be
Not words, mere memory of who had been about;
    The only terms entitled to that queer demand
Are terms of love, regardless whether meant or bland.

    Be it by lark song or by croaking like a crow:
Life surely warns against impressing stuff and so;
You’d rather to be talked yourself into dissecting
These echoes of a deal between the near and far.
    Would one crack jokes to break up audience expecting?
One would. Words have their ways when used for what they are.


[Wir saßen da und sprachen über Dinge
Die nicht mehr waren
Und wir beschrieben
Wie ein Maler aus dem Gedächtnis malt
Wenn er sich die Modelle nicht mehr leisten kann.
Solche Akte werden sichtbare Theorie
Aber was noch da ist, braucht noch nicht beschrieben zu werden
Das Reden beginnt doch erst mit dem Verlust
Und so sprachen wir
Ohne Bitterkeit
Aber auch ohne die Unvorhersehbarkeiten des Lebens, aus der Ferne
Quasi erfahrungslos, weil die Erfahrung nämlich hinter uns lag
Als ob es kein Leben mehr gäbe
Als ob überhaupt nichts mehr erfahrbar sei
Und das, worüber wir sprachen, tatsächlich ganz verschwunden
Und das doch Wiedererweckte
Keine Erfahrung, sondern Leblosigkeit, nichts als
Reine Hypothese, ein Vorher, kein Nachher.
So als hätten wir im besten Fall noch etwas zu erwarten
Als ob Erinnerungen noch bestätigt werden könnten
Den sie ratlos Beschwörenden.]


December 26, 2013

samedi 21 décembre 2013

Nachtfahrt

Zur Nacht war ich in einer Felslandschaft
Was ich dort sollte, schien mir rätselhaft.
Die Felsen zwar gehörten sehr zur Landschaft
Ich allerdings schloss mit ihr erst Bekanntschaft.
Als ich erwachte, war die Landschaft aus:
Kein Fels mehr, nichts, nur ich, bei mir zu Haus.

Hab ich was von der Reise mitgenommen?
Ich weiß es nicht, weiß nicht, wo’s hingekommen
Mir blieb nur dieses Bild: Felsenumstellt
Ich selbst in einer völlig fremden Welt.
Der Grund für die Verschleppung – unbekannt;
So anders war es dann doch nicht, dies Land.

                                             *

Ich reiste oft schon auf besagte Weise
Fast gilt: Wenn ich schon einmal weit verreise
Dann in der Dunkelheit und in Regionen
Wo Felsen, aber keine Menschen wohnen.
Was mit dem Licht verschwindet, ist nur Stein.
Doch frag mich nicht, ob das ein Trost soll sein.

18. Dezember 2013

jeudi 19 décembre 2013

Zum Jüngsten Gericht


i. 

 Da wir so viel Macht über sie besitzen
Ist den Tieren sicherlich nicht klar
Was für sentimentale Schweine wir doch eigentlich sind.
Das eine Karnickel wird gefressen, das andre auf den Tod
_____________________________________verhätschelt –
Wir sind der Allmacht näher, als uns lieb sein kann
Der Gott steckt in uns
Wie in den Tieren das Tier.
Dass sie sich vor dem menschlichen Bannstrahl fürchten
Wie wir Menschen vor dem göttlichen
Und dennoch tun müssen nach der eigenen Natur
Ist aber unwahrscheinlich.
Nur der von uns erschaffene Hund schaut ängstlich herüber
Er ist so sentimental wie sein Herr
Und versteht ein klein wenig von der Vorsehung.
Das Jüngste Gericht hat er sich aber nicht erfunden zur
_______________________________________Beruhigung
So gemein ist er nicht
So gemein ist nur die sich fürchtende Allmacht.


ii.

Wer auch nur ein Zipfelchen Macht hat
– Und woher er das auch immer bekommen –
Hat auch ein Recht darauf, gerichtet zu werden, nicht wahr.
Es bleiben noch Zeiten
In deren daran gedacht werden kann
Mächtigen wie Czerniaków oder Murmelstein
– Um nicht zu sagen: Modellmächtigen –
Gerechtigkeit widerfahren zu lassen.
Gerechtigkeit ist so zeitbedingt
Wie der Rest.
Gerechtigkeit kommt
Womöglich erst lange hinterher
Wenn alle Beteiligten – und vor allem auch
Die unbeteiligteren Zeitzeugen – endlich tot sind.
Daher wohl dieser Gedanke eines Jüngsten Gerichts.
Eine andere Entschuldigung dafür gibt es wirklich nicht.


Du Jugement dernier

i.

Puisque nous possédons un tel pouvoir sur eux
Les animaux ne se rendent certainement pas compte
Que nous sommes, en effet, de gros porcs sentimentaux.
L’un des deux lapins, on le bouffe, l’autre, on le gâte à mort –
On est plus proche de la toute-puissance que l’on peut souhaiter
Le dieu est en nous
Comme l’animal est dans l’animal
Mais il est peu probable que les bêtes craignent les foudres humaines
Comme nous craignons celles du ciel
Tout en continuant d’agir selon notre nature.
Seul le chien, créé par nous, nous lorgne avec appréhension ;
Il n’est pas moins sentimental que son maître
Et a une petite idée de la providence.
Mais il n’a pas inventé le Jour du Jugement dernier pour être tranquille
Il est loin d’être aussi ignoble ;
Il n’y a de si ignoble que la toute-puissance trouillarde.


ii.

Qui a le moindre bout de pouvoir
– Et peu importe qui le lui a octroyé –
A également le droit d’être jugé, n’est-ce pas.
Restera encore un temps
Où l’on peut envisager
De rendre justice à des puissants
Comme Czerniaków ou Murmelstein
(Pour ne pas dire : des puissants-modèle).
La justice ne dépend pas moins de l’époque
Que tout le reste.
Il se peut que Justice
N’arrive que longtemps après
Quand tous les concernés – et surtout les
Moins concernés des témoins – ont enfin disparu.
C’est ce qui a dû nous souffler l’idée d’un Jugement dernier.
On n’a vraiment pas d’autre excuse.


18 Décembre 2013

mercredi 18 décembre 2013

De l'avenir

Pour que l’insignifiant ne prenne
Pas trop d’importance, évitez de mouiller.
L’humidité gonfle, l’humide
Devient vite fait turgide – quel mot déjà ! –
Puis ne rentre plus nulle part, encombre.

Je vous ai dit qu’il faut tout garder au sec
Mais vous n’avez pas voulu entendre.
Vous avez alors fait le lit de l’ennemi, celui
Qui a les yeux mauvais et n’aperçoit que la grosseur
Et maintenant il faut attendre. Quelle bêtise !

Moi aussi, je la connais, certaine soif
Seulement je me retiens car je sais
Qu’il faut combattre cette fichue tendance
À cause du spongieux et du caverneux, il faut
Se retenir si on veut rester bien dans ce peu d’ espace.

La réalité est qu’on n’est heureux qu’à l’étroit
Mais pas dans la gêne exacerbée à dessein.
Depuis que nous sommes arrivés sur la terre ferme
Tout a heureusement fini par sécher sous le soleil
Et si ça brille un peu moins, c’est plus pratique.

Bien plus rassurant, en tout cas.
N’essayons donc pas de revenir en arrière
Le sec n’est pas le mort, le sec
A été notre avenir.

12 Décembre 2013

dimanche 15 décembre 2013

Pictures at an Exhibition


1. The Bum Not Mentioned
                                                      [From I thought It Was in A Boy’s Will]

Overheard an anaemic young Englishman
Talking to his French friend in good French
But rather nebulous terms
About the penis concept in art.
It doesn’t matter to the concept
Whether it is lust-induced or not
Desire-borne or else, the concept
Stands for itself, and so does penis
But the anaemic young Englishman
– And I heard Oxbridge through his good French –
Still tried to foist some figment of his on a ruddier guy
Who may have considered the figment
Or that pale young Englishman
Inextricably clinging to one another
And yet very unrelated.


2. Gender Bias

There were always groups of girls
Clustered before the naked men, chattering
Circles of at least three, the males heroic, some pierced with
___________________________________________arrows
But mostly solitary, behind them only august landscape, and
In their time surely not meant to be
Evaluated by a hen party.

In these halcyon days it was Paris who judged the graces
And men were decent in the presence of nude young ladies
They chose in silence.

I damn well know that it is nothing but sheer justice
That now females decked in exhibit attire
May overtly appraise any beefcake in the buff

Yet I must say that this being the case
I even more deeply admired my pictorial congeners
Who weren’t ever talking back
But kept on standing erect or reclining
Muscles unflappably taut, eyes upward-looking
Just as in making up their minds
Wordless, alone and for themselves
Like real men.


December 15, 2013

samedi 14 décembre 2013

Encounter, Fragmentary

Then you appeared to me, a cutie pie.
Entranced I was and told so, by the by;
But frowning you, pissed off, about to cry
Said: There is more in me than meets the eye.

I wasn’t any wiser then, a lie
To say I was. I had to ask you, why.
Your tears revealed you didn’t know, but I
Then knew there’s more to you than meets the eye.

As there is more in cute than meets the eye
Poor eye upon blind guesses must rely:
Your more belittled to a less in my
Perception, a deception I deny.

December 14, 2013

jeudi 12 décembre 2013

Zwei lückenhafte Liebeslieder


i.

Die Liebe, die so lang am Leben hielt
– Und ich hab es hier nicht von der Empfindung –
Die Liebe jedenfalls hat in Verbindung
Mit Fleisch dann keine Rolle mehr gespielt

Verzog sich ungefragt ins Reich der Seelen
Wo man viel weniger von ihr erbat
Und überlebte so im Reservat
Begann allmählich keinem mehr zu fehlen.

Liebe im Reservat des Wollens, reine
Indianerliebe, frei von jeder Pflicht
So richtig reiner Geist ist auch sie nicht

Wirkt abgestumpft, als wäre sie gar keine:
Ihr Federschmuck – zum Souvenir verkommen
Und sie, von Feuerwasser stets benommen.


ii.

Ist Liebe etwa bei den stillen Dingen
Von Abendlicht beschienen, schmerzlos? Auch.
Nur: Sie erinnern an Abwesenheiten
Die plötzlich doch wie Pfeile mich durchdringen.

Ist Liebe, wenn in wüstestem Gedränge
Ihre Gestalt sich zeigt und ich sie kenne
Ob aus Erinnrung oder nicht, tritt Liebe
Wie ein Prophet aus abgefallner Menge?

Ich weiß nicht, was es leuchten lässt, ihr Licht:
Vermissen oder Aufeinandertreffen;
Wie Rettung aus der höchsten Not benötigt
Sie nichts als ein erscheinendes Gesicht.


1. Dezember 2013

mardi 10 décembre 2013

Deux chansons d'amour


1. Chanson d’amour banale
                                                                                             telle une cathédrale

Comme quelqu’un qui sous la majesté d’un dôme
Se convertit, transfiguré, dévot sincère
Mais dès qu’il a quitté ce sacré tas de pierre
Redevient mécréant, païen, impie, bref : homme

J’ai besoin d’être en toi pour voir le grand mystère ;
Sorti dehors, je chute et ressuscite vite
Ton charme n’agissant que lors de la visite –
Quelle ânerie de croire que l’amour altère !

C’est le défaut patent du sombre bâtiment
Si muet qu’il se prend pour un maître en boniment :
La vie et le soleil ont, toujours et encor

Des arguments plus efficaces, ma jolie.
Mais je regrette mes courts instants de folie
Doutant parfois quand j’ai raison et quand j’ai tort.



2. Chanson d’amour profonde
                                                                                             mais plutôt vagabonde

Je le sais bien : il faut surtout de la constance
L’amour ne vaut son poids d’airain que si ça dure.
Dure le roc, la mort, l’éternité perdure
Même au-delà du raisonnable, l’espérance

Itou. Faut-il donc que le sentiment s’avère
Comme chez le héros, de marbre ou de bronze ?
Touches-y ! Tiens, tu fais la moue, ton doigt s’enfonce ?
Voilà mon truc : C’est mou, c’est flou, c’est éphémère.

Oui, l’âme en obsidienne est un arrache-cœur
Qu’un beau caillou avantageusement remplace ;
Le tendre et délicat ont, eux, ça de robuste

Qu’on n’y trouve de cruauté aucune trace :
Loin d’être l’apanage d’un brutal sans-cœur
C’est le mouvement qui conservera son muscle.


8 et 9 Décembre 2013

samedi 7 décembre 2013

Petit nom II

Si l’on avait voulu m’offrir le choix
J’aurais trouvé un autre nom pour moi.
Je suis sorti chasser un nom de plume
Pas un seul n’est tombé ; depuis, j’assume.

Ce nom ne me dit rien mais me désigne
Mieux que ceux que j’ai pêchés à la ligne.
Souvent, les termes pour aller au fond
Quoique impropres, sont les seuls qui vont.

5 Décembre 2013

vendredi 6 décembre 2013

Petit nom I

Les prophètes et apôtres
D’après qui se nomment
Des nouveaux-nés qui en d’autres
Temps deviennent hommes

Ces apôtres et prophètes
Qu’ont-ils de durable ?
Leurs victoires et défaites
Enfouies sous le sable.

L’héritage qu’on t’inflige
Petit saint, martyr
N’est certes rien qui oblige
Tel ton avenir.

On t’appellerait Adomphe
Judas, Lucifer –
Ni défaite, ni triomphe :
Tout est à refaire.

29 Novembre 2013

vendredi 29 novembre 2013

Scheißland, Wintervögel

Wie ich höre, sind noch Vögel da.
Die, die jetzt noch piepsen, bleiben über den Winter
Denn größere Flüge sind bei dieser Kälte nicht mehr möglich.
Ihre eigene Entscheidung. Sollen selbst sehen
Wie sie zurechtkommen, ich hänge jedenfalls nichts hinaus.
Bei denjenigen, die man gezwungen hat
– Also den Käfigvögeln – ist es etwas anderes.

Man soll doch nicht annehmen
Dass so ein Vogel nicht weiß, womit er zu rechnen hat
Wenn er aus purer Faulheit unseren Scheißwinter auf sich
___________________________________zukommen lässt.
Die meisten haben ihren Bürzel rechtzeitig bewegt
Und sind von selbst abgeschwirrt in den Süden.
Nur bei den Käfigvögeln ist es etwas anderes.

Wenn wir unser Sozialsystem irgendwie retten wollen
Dürfen wir keine Ausnahmen zulassen. Ab sofort
Wird gespart, auch was Meisenkugeln angeht.
Wir sind hier doch wohl nicht im Süden!



Pays pourri, oiseaux d’hiver

J’entends qu’il y a toujours des oiseaux.
Ceux que j’entends encore pépier resteront pour l’hiver
Puisque dans ce froid, les grands vols ne sont plus possibles.
C’est leur propre décision. Qu’ils aillent voir eux-mêmes
Comment donc s’en sortir ; moi, en tout cas, je ne sortirai rien.
Quant à ceux qui sont restés par obligation
– Je pense aux oiseaux en cage – les choses sont différentes.

Il ne faut pas s’imaginer
Qu’un tel oiseau ne sache pas à quoi il doit s’attendre
Lorsque, par pure paresse, il envisage l’hiver dans ce pays pourri.
La plupart se sont magnés le croupion à temps
Pour partir spontanément dans le sud.
Seulement chez les oiseaux en cage c’est autre chose.

Si nous voulons sauver notre modèle social
Il ne faut pas permettre des exceptions. Désormais
Plus de gaspillage, plus de suspension de boules de graisse.
Ici, ce n’est tout de même pas le sud, bordel !


28 Novembre 2013

jeudi 28 novembre 2013

Wie Getier


i.

Wohlan, aus der Tiefe geflohen
Nächtens, als ob Tag sei –
Und wohin gekommen?

Hättest bleiben sollen
Dir die Möglichkeit offenhalten;
Jetzt stehst du vor den Mond spiegelnden Pfützen.

Immer noch besser so
Und eine Geschichte hinter sich
Und unter sich überwundene Tiefe.


ii.

Freilich: kriechen ist nicht gehen.
Wenn jedoch eines nur kriechen kann?
Hochkriechen, davonkriechen? Wohinkriechen?

Bist gleich eingekleidet, Kriechtier
Wo du hingekrochen bist.
Aber wo sonst hin?

Immer noch besser so
Und keine Geschichte an sich kleben
Und den Unrat abgestreift von anderem Unrat.


iii.

Ja, das rächt sich dann alles
In den Nächten, als ob Tag sei
In den wahrgewordenen Träumen.

Die schlimmsten Träume sind diejenigen, die
Sich verwirklichen – die geträumt
Werden nämlich.

Als ob es denn schon einmal Tag würde
Wo du hingeflohen, hingekrochen
Etwa Tag für Getier.


26. November 2013

samedi 16 novembre 2013

Promenade

Et quand – énième fois – la promenade
Tournait rapidement en engueulade
Actualité brûlante ou vieille lune
Tout faisant bois pour nourrir la rancune

Le ciel, compatissant à la misère
Ayant, lui, les moyens de faire taire
S’assombrissait, à son tour se fâchant

Et sans nous rendre compte sur-le-champ
Que nos pas, plus pressés, prenaient le pas
Sur nos arguments, arguties, coups bas

La rage de rentrer coûte que coûte
Avec un seul pépin contre les gouttes
Synchronisait nos enjambées d’urgence
Moquant tout point de vue ou divergence.

16 Novembre 2013

vendredi 15 novembre 2013

Lied vom Stadtbummel

Ich habe das nachfolgende Liedchen prinzipiell im Traum verfasst und nur das wenige, woran ich mich nicht mehr erinnern konnte, im Wachzustand ergänzen müssen. Es geht offenbar darum, dass ich jemandem etwas bieten musste. Man möge entschuldigen, es ist ein Traumgedicht, und ich lehne jede Verantwortung dafür ab.

Ich geh mit ihr auf Schlossbesuch
Und zeig ihr, was man da so sieht
Und sie hört zu und schaut ins Buch
Das ich nicht brauch auf dem Gebiet.
__Darauf hör ich ein Stimmchen, eigensinnig, glockenhell
Das sagt: Mag sein, mag sein, das sieht
Der Führer jedoch anders, gell.

Durchwandernd mit ihr Saal um Saal
Erklär ich alles klitzeklein
Und sie hört zu, schaut jedesmal
Dann prüfend in ihr Buch hinein.
__Darauf hör ich ein Stimmchen, eigensinnig, glockenhell
Das sagt: Mag sein, mag sein, allein
Der Führer sieht es anders, gell.

Ich zeig ihr nun die ganze Stadt
Park, Denkmal, Zoo, Panoptikum
Und sie hört zu, weil sie mich hat
Doch blättert stets im Buch herum.
__Darauf hör ich ein Stimmchen, eigensinnig, glockenhell
Das sagt: Mag sein, mag sein, warum
Auch nicht? Nur steht’s hier anders, gell.

Zum Schluss bring ich sie ins KZ
Und stell ihr dar, was dort geschah;
Sie lauscht, als ob kein Buch sie hätt
Weil sie’s nicht braucht, sie weiß es ja.
__Darauf hör ich ein Stimmchen, eigensinnig, glockenhell
Das sagt: Mag sein, mag sein, das sah
Der Führer aber anders, gell.

12. November 2013

mardi 12 novembre 2013

Trite or Wrong

Dieser wiedergefundene, zeitweilig verlorene Sohn: Viel Neues zu erzählen hatte er jetzt leider nicht mehr. Als er dennoch nach Neuigkeiten gefragt wurde, am Mittagstisch, so als nettes Tischgespräch, würgte er halt ein paar der geschluckten Brocken hervor und begann ganz versunken, darauf herumzukauen.

Aber so ist das doch schauderhaft! Und bei Tisch! – Nein, nein, brachte er hervor, so ist das auch für euch eine Neuigkeit, und belegte mit biographischen Quellen.

Kauen, Kind, kauen! hatte man ihn früher ermahnt, und richtig: Wiedergekäutes ist natürlich bekömmlicher, es fehlt ihm ein wenig an Frische, aber dafür bekömmlicher. Und es geht schließlich vor allem darum: Bekömmlichkeit, bei Mahlzeiten oder auch netten Tischgesprächen.

Warum war er denn zurückgekehrt? Weil es eben alles nichts genutzt hatte. Die Brocken, die er jetzt wieder hervorwürgte, waren jedenfalls halbwegs bekömmlich, bekömmlich gemachte Vergangenheit, wenn der Vorgang auch etwas unappetitlich anzusehen war.


Early away, not without eagerness
To learn and try, tempted to fail, that is
Some last arrival framed for his own lack
Of luck, and waste, and wreck, that go avec

Till in the gloom of age prodigal son
Returns indeed, as if not gone, and none
The worse for wear but no light in his eyes
Makes for the nursery with its toys, and dies.


[Ce fils retrouvé, perdu pendant un petit moment : désormais il n’avait, hélas, plus grand-chose de nouveau à raconter. Sollicité pour donner tout de même des nouvelles, de nature à divertir la tablée, il régurgitait quelques-uns des morceaux avalés, se mettant, comme abîmé dans ses pensées, à les remâcher paisiblement.

Mais c’est abominable ! Et à table ! – Non, non, réussit-il à dire entre les bouchées, comme ça ce sera une nouveauté aussi pour vous, puis étaya par des références biographiques.

Mâche, mon fils, mâche ! Voilà ce qu’on lui avait toujours dit, et c’est vrai : la chose ruminée est naturellement plus digeste, y manque un peu la fraîcheur mais elle est plus digeste. Et c’est quand même ce qui importe le plus : la digestibilité, à table ou dans les propos de table.

Pourquoi était-il donc revenu ? Parce que tout ça n’avait pas eu de sens. Les morceaux qu’il régurgitait maintenant étaient en tout cas à peu près digestes, du passé rendu digeste, même si le procédé pouvait dégoûter des personnes trop sensibles.]


11 Novembre 2013

lundi 4 novembre 2013

Konfrontiert mit Eigenleben

Statuettchen hervorgekramt
Die ich vor vielen Jahrzehnten fabriziert habe.
Sie waren in einige Teile zerbrochen
Und ich hatte nichts fotografiert, wusste
Also nicht mehr, was wie zusammengehörte.
So setzte ich sie halt irgendwie zusammen
Klebte hie und da
Versöhnlich und ungefähr, wie ein Herrgott
Der zufällig nachschaut, was aus seiner Schöpfung geworden ist.

Letzten Endes alles viel zu empfindlich
Und seinerzeit nicht ausreichend dokumentiert.
Kein Wunder, dass selbst der Allwissende vergessen zu haben
___________________________________________scheint
Wie es ursprünglich aussah
Und was er damit hatte eigentlich ausdrücken wollen.



Confronté à la vie propre

J’ai ressorti des statuettes
Fabriquées par moi il y a bien longtemps.
Elles étaient cassées en plusieurs morceaux.
N’ayant rien photographié, je ne savais plus
Comment ces éléments allaient ensemble
Et j’ai donc reconstitué comme j’ai pu
Collant par-ci par-là
Conciliant et brouillon comme un dieu
Qui d’aventure s’enquiert de ce qu’il en est advenu, de sa création.

Beaucoup trop fragile, tout ça
Et pas assez documenté dans le temps.
Pas étonnant que même l’Omniscient semble avoir oublié
Quelle gueule ça avait eu au début
Et qu’est-ce que, au juste, il avait voulu exprimer.

4 Novembre 2013

jeudi 3 octobre 2013

Ehegattensplitting

Am Klischee vom hurenden Dichter
Sind schon auch die Dichter selbst schuld.
Ich verstehe die gute Absicht, und eine Verbindung
Zwischen Wollust und Schöpferkraft
Besteht auf jeden Fall, doch
Sollte man den Vorstellungen des Publikums
Nie so billig gerecht werden, denn dazu
Ist die Kunst einfach zu schade.
Kommt man ihm allzu leichtfertig entgegen
Erinnert das stark an den jüngsten Trend, Libido
Mit Steuerersparnis in Zusammenhang zu bringen:
Dieses Gleiche Rechte für alle! fleischgeworden in der
Forderung nach einer Art von Ehegattensplitting
Auch noch für die sich im Puff miteinander Vergnügenden.


Foyers fiscaux

Le cliché du poète allant aux putes
N’est certes pas né sans le concours des concernés.
J’en comprends l’intention et sans nul doute
Y a-t-il liaison entre luxure et création
Mais il ne faut pas répondre de si bon gré aux
Attentes du client, l’art est trop précieux pour ça.
Il s’agit là d’une complaisance qui rappelle
La nouvelle tendance chic de relier
Libido et feuille d’impôt :
Ce mariage pour tous qui s’incarne
Dans le droit à la déclaration commune
Étendu à ceux qui s’entr’amusent au boxon.


3 Octobre 2013

mardi 1 octobre 2013

Gründe

Ich sehe in ein Gesicht und es gefällt mir nicht.
Falschheit schaut mir aus diesem Gesicht entgegen.
Die ganze Falschheit dieser Erde sozusagen.
Wachsweich, verschlagen, alles, was ich verabscheue.
Ich sage diesem Gesicht freundlich Guten Tag.
Das Gesicht sagt mir freundlich Guten Tag.
Ich bin froh, dass ich wieder wegschauen darf.
Wer ist der Falschere von uns beiden?
Das Gesicht hat vielleicht auch so seine Gründe.


Raisons

Je regarde dans un visage et il ne me plaît pas.
C’est de la fausseté que je vois dans ce visage.
Toute la fausseté du monde pour ainsi dire.
Mou, chafouin, tout ce que je déteste.
Je lui dis gentiment bonjour.
Il me dit gentiment bonjour.
Je suis content de pouvoir regarder ailleurs.
Qui est le plus faux de nous deux ?
Le visage, lui aussi, a peut-être ses raisons.


29 Septembre 2013

lundi 30 septembre 2013

Warten II


1. Schwarzweißmalerei

Hintern in die Höhe (falls man mit dem
Hintern argumentiert) mag seine Berechtigung haben
Wenn man aber nur so herumsteht, bringt das wenig.

Und da steht dieses Vieh auf allen vieren
Und hat zwischen den Füßen die möglichen Hände
Ununterscheidbar.
Mir geht es besser, aber weiß ich deshalb
Viel mit mir anzufangen?

Immer noch lieber so ein Schlacksiger im Wartestand
Vor dem alles ausfüllenden Spiegel.
Toreroartig, enge Hose, mit dem Handtuch über dem Arm
Und quasi sinnierend (oder was er sonst so tut)
Weil die Gäste fehlen.

Aus reiner Langeweile
Ein dickes Rind mit einem dünnen Kellner zu vergleichen
Geht gegen die Menschenwürde, das ist klar, es
Ist sicherlich auch eine Haltungsfrage.
Doch es sind unterbeschäftigte Zeiten und wer will
Der findet eine Arbeit.


2. Malech

Solang ich auf den Morgen warten konnte
War der mit nichts verbrachte Tag noch da.
Bevor ich aber ausgewartet, sah
Ich, dass auch Warten sich nicht wirklich lohnte.

Hörst überm Schädel du kein fremdes Rauschen?
Sprach ich mir Mut in meiner Grube zu.
Noch nicht einmal im Grab herrscht Grabesruh
Man muss nur sorgsam in das Dunkel lauschen.

Der Morgen flog herein, mit Flügeln, prächtig
Versprach mir, alles könne noch gelingen.
Es war der Malech mit den schwarzen Schwingen –
Schon Widerschein von Morgen, todesmächtig.


12. September 2013

lundi 9 septembre 2013

Le vieux s’en branle

Un vieux se branle devant une jeune. La jeune s’en offusque : un jeune qui se branle, passe encore, mais s’est-il regardé, lui ? Qu’est-ce qu’il veut ? Il est fou, ce vieux.

Justement, qu’est-ce qu’elle veut, la jeune ? Qu’il se branle devant une vieille ? Il n’est pas fou, ce vieux.

Ce sont là les effets de l’évidence. Qui ressemble toujours à la bonne littérature, et à la bonne éducation : on ne sait à qui elle est censée ouvrir les yeux – aux vieux face à la jeunesse ou à la jeunesse face aux vieux.

Ce sont en tout cas les vieux qui – même lorsqu’ils s’en soucient d’un peu trop près – forment les jeunes, et les jeunes qui donnent aux vieux matière à réflexion.

Et la voilà dans son élément, la jeune ; car elle finit tout de même par lui faire une réflexion, à ce vieux porc. Mais, hélas, une réflexion de jeune qui ne l’atteint guère, excité comme il est.

Elle a beau s’agacer, la jeunesse, il s’en branle, le vieux. Elle ne lui fera jamais autant d’effet que les chicaneries de sa vieille. Faut du temps pour devenir efficace.

31 Janvier 2013

mercredi 28 août 2013

Trois moi, dont deux d’été


1. Moi, moustique

C’est qu’on me pique beaucoup.
Je dois faire du sang sucré ou un truc dans le genre.
Eh bien, l’idée ne venait pas de moi
Mais une âme bienveillante s’est procuré un produit
Et m’a recommandé de m’en enduire.
Et ce produit fonctionne. Si, la nuit, j’entends
Toujours rôder, le matin je me réveille sans piqûre.
C’est fort plaisant, seulement je me demande
Que deviendraient les pauvres moustiques
Si tout le monde faisait comme moi.
Moi, moustique, je me
Pincerais le pif et piquerais tout de même.
Or, qu’en sais-je des facultés des ces bestioles
Ou de leur force de caractère. D’après Darwin, le processus
D’apprentissage (même en matière de culot) prend des
_____________________________________générations.
Nonobstant mes capacités d’empathie
Je me sens très ignorant
Dans mon corps si sagement enduit.
Je n’arrive même pas à prévoir
Ce qu’il adviendra de moi
Si je sors trop longtemps trop indemne
De mes belles nuits d’été.
Lorsqu’un beau jour apparaîtra un moustique plus hardi
Je serai peut-être cuit.


2. Moi, doré


L’important, c’est la couleur locale, et ces jours-ci
On voit en effet pas mal de gens très bronzés.
C’est vrai qu’il tape, le soleil d’août, mais
Lorsqu’ils sont mordorés comme ça
C’est qu’ils étaient en vacances.

On peut penser ce qu’on veut, je ne vois pas l’intérêt
De s’envoler au loin précisément à une époque
Où, enfin, il fait un peu beau chez soi.
Moi aussi, j’ai pris quelque hâle
Et cela sans avoir bougé.

Moi, bronzé comme eux
Ce serait ma teinte naturelle.
Je demeurerais là où ils ont chopé ça.
Je n’y serais pas juste passé en coup de vent.
Je ne porterais rien en dessous de ma fausse dorure.


3. Moi, président


Moi, président
Je serais un bien meilleur président.
Parce que je sais parfaitement ce qu’il faudrait faire.
Ça, il l’entend avec plaisir, le président à l’écoute du pays.
Avoir de tels électeurs et de telles électrices est une vraie joie.
Ainsi, les choses ne peuvent aller qu’en s’améliorant.
Mieux vaut tout un peuple qui sait quoi faire
Qu’une seule flèche tout en haut.


[1. Wäre ich Mücke

Ich werde ja nun immer sehr verstochen.
Süßes Blut oder wie auch immer.
Der Einfall ging nicht auf mich zurück
Doch eine wohlmeinende Seele hat ein Mittel gekauft
Und mir empfohlen, mich damit einzureiben.
Und das Mittel funktioniert: Ich höre es weiterhin
Schwirren in der Nacht und erwache gleichwohl ohne Stich.
Das ist zwar erfreulich, allerdings frage ich mich
Was mit den armen Stechmücken geschähe
Hielten es alle so wie ich.
Wäre ich eine solche Mücke
Würde ich mir den Zinken zuhalten und trotzdem stechen.
Aber was weiß ich schon von den Fähigkeiten dieser Tierchen
Oder ihrer Charakterstärke. Laut Darwin
Erfordert ein Dazulernen (auch chuzpemäßig) Generationen.
Ungeachtet meines Einfühlungsvermögens
Fühle ich mich sehr unwissend
In meinem klug eingeriebenen Körper.
Kann ja noch nicht einmal voraussehen
Was aus mir selbst werden wird
Sollte ich allzu lange allzu unverstochen
Aus meinen schönen Sommernächten hervorgehen.
Erscheint eines schönen Tages dann eine mutigere Mücke
Ist es vielleicht aus mit mir.


3. Wäre ich Präsident

Wäre ich Präsident
Wäre ich ein deutlich besserer Präsident.
Weil ich nämlich genau weiß, was zu machen wäre.
Das hört er gern, der Präsident, der das Ohr am Land hat.
Solche Wähler und Wählerinnen zu haben ist eine wahre Freude.
Mit derartigen Leuten kann es doch nur aufwärts gehen.
Lieber ein ganzes Volk, das weiß, was zu tun ist
Als so ein einziger Intelligenzbolzen oben.]

6. - 26. August 2013

lundi 26 août 2013

Deux nouveaux nus


1. Silver Lining

Le drap a glissé et voici, lourd nuage
La courbe de la hanche dans la pénombre
Et pas seulement ; il suit son chemin, ce paysage.

On dirait que le corps nu n’est fait que pour la pénombre
Qu’il n’est pas fait pour le plein jour, et pas non plus
Comme une autre âme, pour la nuit obscure.

C’est le tour qui indique ce qu’il est
Qui indique ce qu’il indique, le corps qui
Vallonné, s’étire et bombe le long de lui-même.

Si l’évidence est du côté de la pénombre, lui
Sombre et haut, a son pourtour éclairé
La lumière cachée car il la cache.


2. Il faut d’abord

Il faut d’abord défrusquer.
Nu d’emblée a moins de charme.
L’impatience est alors un don de l’âme
Qui doit découvrir pour se prendre au jeu
Et au mieux faire ses dévoilements elle-même.

En inventant de ces oiseaux de proie
Qui fondent sur leur vif aliment à tire-d’aile
Mais meurent de faim la pâture jetée devant eux
La nature a engendré d’inappréciables incohérences
Déséquilibres, si l’on veut, nécessaires à son équilibre.

Elle a voulu le corps nu en y cachant
Qui le veut découvert bien avant d’être nu
Et c’est à cette âme même qu’elle a confié la tâche.
Fallait d’abord l’empaqueter, le rendre semblable à elle
Pour y aménager des failles : glisser la main dans une fente

Tirer sur un pli
Rabattre un ourlet
Défroncer des fronces –
Voilà ce qu’elle commande
Celle qui est tellement mal engoncée
Qu’en même temps que la chair elle se dénude.


5 et 23 Août 2013

vendredi 9 août 2013

La consabida nalgada

A peine né, la première claque afin qu’il sache où il a atterri.
Plus tard, une irrépressible envie de prendre le train.
Et descendu à destination, l’envie suivante :
Celle de se barrer tout de suite.

Mais trop tard, plus de correspondance.
L’envieux était forcé d’y demeurer un petit moment
Puis de rendre l’endroit tant soit peu habitable.

L’endroit rendu tant soit peu habitable
Il n’a plus voulu en partir. Par paresse, ou plutôt
Parce qu’on s’attache à ses tentatives d’amélioration.
C’est ce qui s’appelle « laisser son empreinte ».

C’est toujours par pure obligation qu’on la laisse, celle-là.
Au lieu amène, le génie n’a point besoin d’auxiliaire.
L’idéal est impersonnel, et on a donc eu raison
De t’expédier dans un patelin pourri.

4 Août 2013

mardi 23 juillet 2013

La pendule

J’ai ramené une vieille pendule. Pas très grande, presque carrée et d’un noir reluisant, elle se limite à faire décoration, car le mécanisme est cassé. C’est donc une de ces pendules qui ne donnent l’heure juste que deux fois par jour, et puisqu’elle ne marche plus, on ne sait même pas depuis quand. Depuis fort longtemps, en tout cas. Néanmoins, elle a survécu. Personne n’a pensé la jeter, cette pendule inutile, elle est trop jolie. Trop pas encombrante, trop presque carrée et d’un noir trop reluisant. Est-elle irréparable ? Nous n’en savons rien. Nous savons uniquement que ce qui est assez joli, on s’en fout s’il n’a aucune utilité. En d’autres termes : si la joliesse survit à l’utilité, cela nous suffit. Chez les hommes, l’utilité survit le plus souvent à leur joliesse, chez les choses, c’est différent. C’est la raison pour laquelle un homme qui n’est plus rien qu’un peu utile s’entoure parfois de choses qui ne sont plus rien qu’un peu jolies. Une question d’équilibre.
– Il regarde la pendule qui est nase, ton bonhomme, il se fout de l’heure, et tu dis qu’il est encore un peu utile, ce type-là ? Belle idée d’utilité humaine. Moi, je les virerais tous les deux, et sans l’attendre, l’heure.

22 Juillet 2013


Et pour une autre : pendule noire.

jeudi 4 juillet 2013

Gedichte von Dichtern

Heute wieder stark genug
Um Gedichte von Dichtern zu lesen.
Viel Außenwelt darinnen und eigentlich
Gar nicht so schlecht, doch gedruckt in Büchern.
Auf „Büchern“ reimt sich da möglicherweise „Blüchern“.
Blücher oder Zieten, alles Generale, jedenfalls
Hopp, hopp, immer flott aus dem Busch.
Ich selbst hab es mir ja im Unterholz
So halbwegs gemütlich gemacht.
Schlachten werden nun mal
Anderswo geschlagen.

4. Juli 2013