Wenn zwei sich gegenseitig gefallen
Sich erwählt zu haben scheinen unter allen
Was ist daran Glück, was Imitation
Eines fremden Verlangens? Wer, zum Teufel, weiß das denn schon.
Wenn die sich gegenseitig kopieren
Und tun, als hätten sie sich auserkoren
Sich klammernd wie Schiffbrüchige, und spüren
Vielleicht nicht einmal, was sie miteinander verloren:
Kein Liebesgott hat ihre Augen getrübt
Damit sie vor Beidseitigkeit aneinander vergehen
Narziss aber, in einen Onan verliebt
Den Spiegel mit eigener Hand aufgewühlt, um zu sehen.
Das Bild ist geschaffen, sich selbst zu erhalten
Und überall bilden sich neue, geformt aus den alten;
Wer Augen hat, sieht nichts als Zwittergestalten –
Eindeutig genug, sich in feindliche Hälften zu spalten.
28. April 2016
vendredi 29 avril 2016
jeudi 21 avril 2016
De la terreur
Job
20, 4-5
[C’était le moment. Comme
chaque année j’ai changé de terre et resemé mes graines.
Je prends des mélanges, sans savoir ce qui en sortira.
Actuellement, ça a déjà un peu poussé, mais les petites feuilles
sont encore toutes pareilles. Donc vraiment pas moyen de prévoir ce que
j’aurai. J’ignore s’il y a des fleurs qui se distinguent dès
qu’elles sortent de terre ; les miennes pas. Ou à peine. Mais
je sais déjà qu’il y a parmi elles des plus fortes et des plus
faibles. Quand elles seront plus grandes, une espèce de lutte pour
la survie commencera. Les plus fortes terroriseront les plus faibles.
C’est assez ridicule, des fleurs qui en terrorisent d’autres,
mais c’est comme ça. Alors, je serai encore obligé de sévir :
c’est moi qui arracherai quelques-unes des plus terrorisantes pour
qu’elles n’envahissent pas tout le bac en étouffant les autres. Elles
ne savent pas encore que la terreur ne paye pas, parce qu’il y a un
jardinier qui surveille. Un jardinier amateur avec une idée plutôt
floue, mais quand même une idée derrière la tête. Et cette terreur-là
est la plus efficace en l’occurrence. Car elle s’abat pour la
bonne cause. Je n’admets pas le darwinisme floral sur mon balcon,
je corrige, tout comme l’État-providence
qui corrige, lui, parmi les hommes, et également au service des plus
faibles. La terreur qui protège, c’est moins ridicule que la
terreur entre fleurs. On ne peut simplement pas laisser faire la
nature, le résultat serait toujours le même, horrible, on ne veut pas de ça. Donc,
sans merci, il faut rebattre les cartes. On est trop naturellement
terroriste, nous. C’est les idées floues qu’on a derrière la tête.
Sans elles, où irait le monde ?]
The
fighting flowers in my trough
Don’t know there is someone above:
A heart that cares for big and small
A hand to terrorize them all.
Some of those darlings got to pay
Some others get away with it.
Who’d ever judge that anyway
Once pushing up the daisies’ pit?
There is some force in any floret
There is some strife in any clod
In every verdict plots a god
For his own grave, hate or adore it.
21 Avril 2016
Don’t know there is someone above:
A heart that cares for big and small
A hand to terrorize them all.
Some of those darlings got to pay
Some others get away with it.
Who’d ever judge that anyway
Once pushing up the daisies’ pit?
There is some force in any floret
There is some strife in any clod
In every verdict plots a god
For his own grave, hate or adore it.
21 Avril 2016
dimanche 3 avril 2016
Voilà une réponse
[Ich lese sehr gerne die
Amerikaner, unterhalte mich auch sehr gerne mit ihnen, doch halte es
nicht aus in ihrem Land. Kaum angekommen, will ich schon wieder weg.
Nichts gefällt mir dort, bei der Ernährung angefangen, die doch
weder unorganisch noch organisch sein sollte, sondern schlicht
genießbar. Die Oberfläche des weiten Landes weist mich ab wie eine
wasserabweisende Fläche, ich armer Tropf rolle ab an ihr. Und dieses
Bild, so falsch es auch immer ist – denn nichts ist glatt am
groben, zerklüfteten Amerika – scheint zu gelten für die gesamte
Modernität, für die es bekanntlich die Verantwortung trägt. Ich war
niemals angezogen vom tatsächlichen Land, nur von seinem Begriff,
und diesen Begriff habe ich stets verteidigt, genau wie den von
Modernität. Es ist ein überwältigender Faktor, der auch in einem
selbst bestehen muss, stellt insofern die Wahrheit dar, falls es eine
geben sollte, und dennoch finde ich mich davon abgestoßen, komme ich
einmal damit in Berührung. Kein Wunder, dass so nichts aus mir
werden konnte. Man sollte nur verteidigen, was einem nützt. Aber das
scheint mir dann doch auch wieder der moderne amerikanische
Pragmatismus, und insofern abstoßend. Ich ziehe es vor, noch dem
eigenen Spiegelbild zu misstrauen, nur ist das eben hoffnungslos als
Verfahren.]
Quand au milieu de lourds
silences
Comme abîmé dans des
intenses
Absences, il se fait
surprendre
Puis, désarmé, veut s’en
défendre
Par un réflexe inefficace
Qui fait que tout devient
surface :
Il est certain que face à
moi
J’ai un miroir de mon
émoi.
C’est vrai, il me fait
toujours peur
Quand je lui parle avec
mon cœur
Et lui, répond avec ses
yeux
Puisqu’il ne peut pas
faire mieux
Oui, je le sais et je
l’excuse
Trouvant quand même qu’il
abuse
Vu le museau qu’il me
renvoie
En miroir calme de mon
moi.
2 Avril 2016
mercredi 30 mars 2016
Postoperative Complications
anapestic trimeter
Had old Adam had any more spare ribs
The Lord could have created more Eves
Could have even contrived other tidbits
For all those who have different beliefs.
– But he did, don’t you see how it is?
Just look at your own range of desires.
If there is any option to miss
This is due to one’s personal bias.
Did it not fan out each strain or streak
When He took the piece out of his toy?
Spread metastases, some gay, some bleak
And all for the same heavenly joy.
March 29, 2016
vendredi 25 mars 2016
Début de printemps
i.
Le matin, le lit tremble
Non pas parce que ces deux personnes-là font l’amour
Mais parce que l’une s’adonne à son rite matinal
Gymnastique qui consiste à pédaler avec les jambes ;
C’est pour se garder en forme
Car la vieillesse, sclérosante, menace.
Les oiseaux chantent, les fleurs repoussent
Les porcs-épics grognent –
Tout ça a l’air d’une belle idylle.
ii.
Le printemps qui s’éveille sous un crâne
Est, somme toute, un printemps étiolé.
Pompé de sa sève par trop de commentaire désabusé.
Trop de tout savoir d’avance :
Si c’est sous un crâne, il n’y a pas d’alternative ;
C’est ça la gymnastique du crâne, c’est ça qui maintient.
Ces prairies printanières, je les longe certes sur mon vélo
D’appartement, et il faut bien que j’en aie conscience
Pour ne pas me tromper à la croisée des chemins.
iii.
Le savoir et le printemps – je sais parfaitement
Que ça ne va pas ensemble ; or, si c’est l’ignorance
Qui fraye et qui éveille, comment trouver où chercher ?
L’ignorance est statique, elle ne va même pas
Par les quatre chemins, et le printemps, il faut aussi
Aller à sa rencontre. C’est sans issue.
À partir d’un certain stade de conscience
Tout ça ne sert plus à rien, tu peux donc tranquillement
Continuer à faire des moulinets avec tes jambes.
24 Mars 2016
jeudi 24 mars 2016
Del tuétano intraducible
Ça fait vraiment longtemps
que j’ai lu les pages sur le sentiment tragique du Maître ou ce
que, du haut de sa Salamanque, en roi rugueux et tragique il tenait à
nous raconter, soit du Christ de Vélasquez,
soit des
cocottes en papier. Parlait-il de choses différentes ou d’une
seule et même chose ? De si loin, tout se mélange. Or, si je
ne me souviens plus très bien de ce qu’il y avait dans ces
écritures d’un autre âge, il m’en reste une vague sensation
néanmoins distincte, des allusions vagues liées à des résonances
précises – d’abord la belle, quasiment éternelle, sonorité
Unamuno
el salmantino,
si peu appropriée à sa manière d’être. Puis m’arrivent déjà,
voletant comme de ces cocottes, les conchas.
C’est peut-être sexuel, mais qu’importe, tout est sexuel à la
fin, même la barbe du crucifié. S’ensuivent des sons ascétiques et
fougueux tel Bergamín,
Fuenterrabía...
et nous y revoilà : carne
de lidia. La
langue est une chair of its own. Ressuscitée uniquement parce que je
viens de passer par une boutique de fringues quelconque, branchément
appelée « desigual ». Leurs mannequins vraiment très
peu en rapport n’y sont pour rien.
I strayed along the sloping street
No map or plan to check my wayward feet
The musing mind of any slant or wheeling freed.
Speech sound that lingers on beyond forgetfulness
Good language, long died out, is faintly heard
No more a life but language of some life
And still conforming to its very rules
Just of a day what night might be of it
No more a landscape but its poignant pattern:
This journey, if not finished yet, draws to a close
Stirring the sightless more than any view he’d ever had.
Immobile presence woven of “no-longer” and “not-yet”
Seems a mirage, such airy turmoil tends to tell
That only past and future can exist.
March 22, 2016
mercredi 16 mars 2016
Seed-Saucer Act II
Definitely one bird.
There is one bird left. And, sure, a
Seed saucer where this one bird continues to shop.
It wasn’t planned this way, this one wasn’t
Supposed to visit personally unto the thick of nowhere
But the flock has migrated and only one is left. “My” bird.
Birdie, it shouldn’t have occurred to me
To call a vagrant chirper “mine”, but you’re this constant
And I didn’t ask someone to stay and come.
So, it must be unsolicited love
Or something close to that
Sort of actual bother.
I don’t know your manners, bird, I do know mine.
And I do know the sinister significance conveyed by
A lonely bird haunting an otherwise deserted seed saucer.
March 16, 2016
[Cf. Aucun regret possible]
There is one bird left. And, sure, a
Seed saucer where this one bird continues to shop.
It wasn’t planned this way, this one wasn’t
Supposed to visit personally unto the thick of nowhere
But the flock has migrated and only one is left. “My” bird.
Birdie, it shouldn’t have occurred to me
To call a vagrant chirper “mine”, but you’re this constant
And I didn’t ask someone to stay and come.
So, it must be unsolicited love
Or something close to that
Sort of actual bother.
I don’t know your manners, bird, I do know mine.
And I do know the sinister significance conveyed by
A lonely bird haunting an otherwise deserted seed saucer.
March 16, 2016
[Cf. Aucun regret possible]
mardi 15 mars 2016
Émissions nocturnes
[Je m’endors.
Je me garde un peu un paysage et presque une logique
derrière. Ils semblent aller ensemble, les deux, et c’est pour me
protéger, on dirait. Or, dès que je me retourne, tout change. C’est
inexorable, quel oubli : pas une miette ne peut être retenue.
C’est comme dans un kaléidoscope : tu bouges un tout petit
peu et tout est autre. Souvenir : zéro. Il faut que je me
reconstitue un milieu à partir de rien. Et la logique, bien sûr,
surgit, elle aussi, tout autre. Aussi peu descriptible, mais rien à
voir. En fait, elle est juste l’esclave du milieu. Et tout ça
uniquement parce que j’ai décidé de me tourner un peu dans mon
lit.
Quand je pense que, debout, éveillé, dans la clarté
du jour, c’est à peu près la même chose, je prends peur. Je me
rends compte combien le milieu pèse peu. Je suis plongé dedans en
entier, mais le monde est si fragile qu’il dépend de la position
de ma tête s’il peut rester tel quel ou doit changer radicalement
d’apparence et de logique. C’est qu’il constitue, plutôt que
multiplicité de possibles, une suite aléatoire d’astreintes.]
1. Tangram du cœur
L’alcôve est un petit espace, l’un de ceux
Où peut se loger le grandiose et l’inouï
Voire l’énormité – ou ne se passe rien ;
C’est ça, le secret du petit, secret enfoui.
Mais qu’il s’y passe quelque chose ou rien du tout
Vu d’outre-alcôve, ça ne se voit point, ma foi.
Du grand, tu ne peux pas dire autant, car le grand
Ça marque, il en sort même le détail parfois.
*
Celui-là, ayant entendu l’appel du large
En a chopé l’emblème, genre matelot
Petit Éros voguant par les rues, par la ruse ;
Or, plus discret butin reste souvent trop gros.
Il l’a traîné comme un insecte, ce poncif
Errant, en terre ferme, un antre, sa cachette
Tellement minuscule que, pour qu’elle y rentre
Il a fallu toucher au pompon sur la tête.
Poussant la crête à son béguin pour l’abaisser
A découvert la nuque rase, puis d’avance
Su qu’il devait s’en occuper d’un peu plus près...
Si la passion prévoit, l’émoi est une science.
La tête, en amour, n’a jamais trop d’importance
Surtout une autre est secondaire ; qu’on écime.
La ferveur dépassant ce plafond bien trop bas
L’y garder en entier aurait été un crime.
(Parlant de la découpe : Et combien de morceaux ?
Ce culte n’a qu’un but, indépendant du nombre ;
Alors, on ne va pas chipoter là-dessus
Disons donc : à détailler sans donner encombre.)
Retour au quotidien. Rangé dans son tiroir
Chaque élément marin, l’esprit d’ordre l’impose :
Voilà qui rend la vie au large sous les combles
Bien plus intime encore et cependant grandiose.
Où peut se loger le grandiose et l’inouï
Voire l’énormité – ou ne se passe rien ;
C’est ça, le secret du petit, secret enfoui.
Mais qu’il s’y passe quelque chose ou rien du tout
Vu d’outre-alcôve, ça ne se voit point, ma foi.
Du grand, tu ne peux pas dire autant, car le grand
Ça marque, il en sort même le détail parfois.
*
Celui-là, ayant entendu l’appel du large
En a chopé l’emblème, genre matelot
Petit Éros voguant par les rues, par la ruse ;
Or, plus discret butin reste souvent trop gros.
Il l’a traîné comme un insecte, ce poncif
Errant, en terre ferme, un antre, sa cachette
Tellement minuscule que, pour qu’elle y rentre
Il a fallu toucher au pompon sur la tête.
Poussant la crête à son béguin pour l’abaisser
A découvert la nuque rase, puis d’avance
Su qu’il devait s’en occuper d’un peu plus près...
Si la passion prévoit, l’émoi est une science.
La tête, en amour, n’a jamais trop d’importance
Surtout une autre est secondaire ; qu’on écime.
La ferveur dépassant ce plafond bien trop bas
L’y garder en entier aurait été un crime.
(Parlant de la découpe : Et combien de morceaux ?
Ce culte n’a qu’un but, indépendant du nombre ;
Alors, on ne va pas chipoter là-dessus
Disons donc : à détailler sans donner encombre.)
Retour au quotidien. Rangé dans son tiroir
Chaque élément marin, l’esprit d’ordre l’impose :
Voilà qui rend la vie au large sous les combles
Bien plus intime encore et cependant grandiose.
2. Émission nocturne
Cette nuit, j’ai assisté à une
émission
Dont j’avais entendu parler, j’ai
voulu voir
Mais n’y ai pas tenu plus de quelques
instants –
L’homme est ainsi, il veut savoir et
pas savoir.
C’était un rendez-vous criard,
grouillant de fats
Avec un art de raconter abominable ;
Je n’avais aucune envie d’y
participer
Et me suis donc sans bruit dissipé de
la table.
Je n’ai pas attendu l’entrée de la
pitance
Je n’ai même pas dit au revoir à
l’hôtesse
Et si, discrètement, j’ai traversé
la porte
C’était par gêne plutôt que par
politesse.
La belle blague ! Ayant regagné
mes esprits
J’ai compris comme en rêve l’étendue
du leurre :
En fait, j’avais été leur invité
fantôme
Pour être là, il avait fallu que je
meure.
Puisqu’ils ont besoin de fantômes
pour leurs fêtes
Le corps devient astral trop près de
ces vedettes ;
C’est seulement ainsi qu’on
franchit un écran –
Vivants, nous sommes trop épais, trop
lourds, trop bêtes.
5 Mars 2016 et 13 Mars 2016
lundi 14 mars 2016
Arbres
1. Constatation indécente
Des arbres en face, deux longs rameaux se sont rencontrés ;
Maintenant, c’est comme s’ils se donnaient la main.
On ignore si c’est le vent qui en est responsable
Ou si c’est à l’initiative des rameaux
Mais ils se donnent la main en public.
Plus concrètement, ils enlacent leurs doigts très fins
Montrant ce faisant leur affection mutuelle.
C’est sûr, autrement on ne saurait rien sur eux.
On ne peut pas regarder dans le cœur de la nature
Pour savoir, il faut des signes.
On est encore en hiver et je trouve un peu gênant
De les voir ainsi, tout nus, en face
Ces rameaux qui se donnent la main.
L’avoir constaté et ne pas détourner l’ œil
Me semble plus indécent
Que la nudité même des arbres.
– Désolé, mon ami, mais ta vue est bien courte.
La plupart de nos semblables ne voient pas d’inconvénient
À mettre des plantes jusque dans leurs alcôves ;
Si tes voisins d’en face te rendent la pareille, ne t’en offusque pas
Et ne fais pas non plus ta chochotte.
Il faut le regarder sous cet angle-là.
2. Tombeau pour deux arbres
Le voisin qui dispose déjà d’énormément de place
M’a averti qu’il agrandira encore sa maison.
Cet agrandissement m’ôtera la vue sur deux beaux arbres, les
_______________________________derniers de ce côté-ci.
J’aurai à la place un mur blanc
Sur lequel mon imagination pourra s’exercer.
On n’est pas poète pour rien, n’est-ce pas.
Serait-ce un cadeau qu’il me fait ?
On verra plus tard.
Actuellement, je regarde tout le temps ces deux arbres
Qui sont encore nus, mais peut-être ne verrais-je plus leur
_________________________________prochaine floraison.
En tout cas, ça sera la dernière.
J’essaie donc d’en profiter au maximum, comme
Si je pouvais engranger pour l’au-delà, tout en sachant
Qu’on n’y amène rien, pas de trésor égyptien, ni de dernière vue
Et que, sous cet aspect-là, je serai comme mort, après.
Le voisin m’a condamné à une mort partielle :
Mort par rapport à ces deux arbres
Et à la place une surface de projection
Comme l’est le ciel pour ceux
Qui s’imaginent une vie éternelle.
Le paradis, juste un mur blanc devant des arbres (dont un
________________________________________pommier) ?
La perspective n’est pas moins effrayante.
Il faut l’entendre, la vérité schillérienne sur la vie du pieux et
___________________________________le méchant voisin.
1er - 12 Mars 2016
jeudi 10 mars 2016
Knack of Tongues
1. A Borne Poet
L’autre jour encore
Un traducteur fantaisiste
Très sérieux, mais fantaisiste, ça va ensemble
A pris « borne » pour « born ».
Chez Hart Crane on s’en fout, quoi.
Toi aussi, tu finiras par écrire de ces trucs
Où l’on s’en fout.
Si un jour, ils sont traduits
Par un fantaisiste
On te prendra au sérieux.
La fantaisie, ça déteint.
2. Unanswerable
Tu te poses une question ? Pose toujours.
Chez le poète à foi on s’en fiche aussi.
Pas la peine de t’exciter, parce que
Là, c’est toujours Lui qui gagne :
Enterré pour gagner à la fin –
À tous les coups une astuce.
Va savoir de quoi je parle.
(Une piste : Pentecôte.)
(Une piste : Pentecôte.)
3. On a Third Neighborhood Row
Oui, le don des langues, c’est quelque chose.
Si on les entend dans la tête, ce don est double ; et si
En plus, on entend ce qu’on veut ou croit entendre, il est triple.
Ce triple don est le plus répandu.
Hier encore je m’en suis rendu compte – j’ai
« Discuté » avec mon prochain et on a dû entendre des langues.
Oui, il suffit d’un triple don
Pour une seule idée qu’on se fait d’une chose.
Un monde entier s’est construit à partir de la multiple entente.
1er - 10 Mars 2016
mardi 8 mars 2016
N’enfonçons point les émergents !
[Ce que je possède, en
partie je l’ai acheté, en partie je l’ai fait. Uniquement ce que
j’ai fabricoté moi-même m’appartient vraiment. Ce que j’ai
acheté, je peux le revendre et alors il ne m’appartient plus. Mais
ce qui est de mon cru, même si je réussis à le fourguer à
quelqu’un, m’appartient encore. La question « De qui
est-ce ? » pourrait aussi être « À qui est-ce ? »
Une fois aliénée, ma production personnelle m’appartient même
encore plus. Tout ça vit maintenant sans moi et me remplace d’une
certaine manière. Tout ça m’appartient désormais comme je
m’appartiens moi-même, autant en grande star sur la photo
dédicacée qu’en petit délinquant sur le mug shot.]
Frustré d’être
inutile, moi aussi
Sur ce qu’on veut
me vendre, je me jette
Puis, infichu
d’apprécier mes achats
À leur juste
valeur, je les regrette.
Sensible aux vies
laborieuses dans
Leurs lointaines
usines, ma paresse
Me coûte jusqu’au
tout petit plaisir
Que j’ai eu
payant tel bidule en caisse.
Puisque je ne sais
pas en profiter
Je jure alors au
Fabricant Suprême
Que, si j’ai
besoin d’un nouvel ersatz
Je le bricolerai
dès lors moi-même.
Mais vite je
renonce, le bonheur
De trop de gueux
dépend de ma déprime.
Si l’on cessait
d’en être le mécène
La frustration
s’avilirait en crime.
8 Mars 2016
lundi 29 février 2016
Betroffen
i.
Wie das Hündchen
Das sich so freuen und so trauern kann
Aber nichts von Moral weiß, nur von Meute.
ii.
Sich kümmern, bekümmern
Um das, was man nicht ändern kann.
Kein Schlemihl, einfach moralische Standpunkte.
Wie soll einer auskommen ohne? Moral
Ist wie dies Leben selbst, das der Lebendige
Einmal verlieren wird, bloß hat er ja nichts anderes.
Ohne die geschenkte Moral
Tritt er aus dem Nichts nicht hervor;
Mehr als Liebhaberwert haben Grundsätze jedoch nicht.
Nur für dich da, prekär
Falls auf dem Prüfstand, und auf alle
Fälle nicht ausreichend jenseits des Engsten.
Uneingeschränkt in
Ihrer Beschränkung, die natürliche Moral
Gleicht auch darin völlig jenseitsloser Lebenszeit:
Beide, curo wie non curo
Kennen in diesem Leben keine Grenzen
Oder Größenverhältnisse, denn das dürfen sie nicht.
Ein unendlicher Eintageskosmos, Mikro- oder Makro-, egal.
Dass, wenn es hart kommt, bald Schluss damit ist
Wird nicht das Übelste dran sein.
iii.
Wo einer der unsrigen hintritt, wächst kein Gras mehr
Und das weiß auch das Hungergetier
Wie es die Wege begleitet.
Schlecht ist niemand.
Schlecht ist auch nicht das Gesetz
Das es so eingerichtet hat, im Gegenteil:
Das beste und menschlichste ist schon
Aasfresser folgen zu lassen
Auf jenen Wegen.
28. Februar 2016
samedi 27 février 2016
Bewegte Rückfahrt
Ist er gut, weiß der Mensch ja, was er zu sagen hat
Es ist ihm kein Vorwurf daraus zu machen;
Glaubensdinge sind nun einmal Glaubenssachen
Und der Winter verlangt warme Kleidung. Die Fahrt
Mit der uralten Freundin vom Ausflug zurück
Wurde schwierig: Umwege, Nachtnebel drang vor;
Schlecht erleuchteten Schildern galt mein ganzer Blick
Und den Schrecken der Welt mein bemüht halbes Ohr.
Spät kamen wir, doch unbeschadet ans Ziel
Heil auch durch alle Schrecken der Welt
Denn der Menschheit ist klar, was sie will und nicht will
Und was letztendlich nur zählt.
February 26, 2016
Es ist ihm kein Vorwurf daraus zu machen;
Glaubensdinge sind nun einmal Glaubenssachen
Und der Winter verlangt warme Kleidung. Die Fahrt
Mit der uralten Freundin vom Ausflug zurück
Wurde schwierig: Umwege, Nachtnebel drang vor;
Schlecht erleuchteten Schildern galt mein ganzer Blick
Und den Schrecken der Welt mein bemüht halbes Ohr.
Spät kamen wir, doch unbeschadet ans Ziel
Heil auch durch alle Schrecken der Welt
Denn der Menschheit ist klar, was sie will und nicht will
Und was letztendlich nur zählt.
Emotional Return
Candor and honesty have things to say
You cannot blame them for concern or grief;
Matters of faith are issues of belief
And winter calls for winter gear. The way
Back home with this old friend grew tough: satanic
Detours and nightly fog, the desperate eye
Squinting at signposts while the ear would try
To stay deaf to the horrors of the planet.
Though late, we got in safe and sound, withal
Unscathed by humankind’s predicament
For there’s no doubt about our sort’s intent
And what is most important after all.
February 26, 2016
vendredi 26 février 2016
Waldgedicht
Die Falterspur, der Häherschrei
Der Mond schon, ein Bovist
Sind solche, die von fern herbei
Zum Zentrum dringen. List
Und Tücke feiern die Natur;
Das Menschenherz ist dumm:
Pilz, Vogel, Mond und Falterspur
Führns an der Nas herum.
Wärs klüger, würd es garantiert
Die Schatten übersehn
Die, wenn es durch den Wald spaziert
Im Innern schwirren gehn.
Poème sylvestre
Trace de papillon, jase de geai
February 25, 2016
Der Mond schon, ein Bovist
Sind solche, die von fern herbei
Zum Zentrum dringen. List
Und Tücke feiern die Natur;
Das Menschenherz ist dumm:
Pilz, Vogel, Mond und Falterspur
Führns an der Nas herum.
Wärs klüger, würd es garantiert
Die Schatten übersehn
Die, wenn es durch den Wald spaziert
Im Innern schwirren gehn.
Poème sylvestre
Trace de papillon, jase de geai
Et la lune déjà, et la vesse-de-loup
Sont de celles qui, venant de loin
Poussent vers le centre. À coups
De ruse la nature célèbre sa fête ;
Le cœur humain est si bête :
Geai, lune, lycoperdon et telle trace
Le mènent par le bout du nez.
Mais j’en suis sûr, s’il était plus perspicace
Lorsqu’il se promène en forêt
Ces ombres qui volètent en lui
Il ne les apercevrait plus.
Woodland Poem
A trail of fritillary, a jaybird’s call
The moon already up, a true puffball
Are of those which from far away
Push into the center. Decoy
Is nature’s celebration guise;
The human heart isn’t this wise:
Orbs, puffballs, butterflies and jays
Lead it a merry chase.
While strolling through some stretch of wood
A wiser heart I’m sure it would
Quite miss the shades that inside it
Whirr, buzz and flit.
February 25, 2016
jeudi 25 février 2016
Sprachlehre. Von der Zeichensetzung
i.
Man kann die Dinge einfach sehn,
Jedoch auch doppelt, das ist schön.
Mach ich am Ende einen Punkt
War das ein Satz, und der ist um
Denn setz ich einen Doppelpunkt
Dann deshalb, weil noch etwas kommt:
Direkter Rede, als Zitat
Jemand noch was zu sagen hat.
Ich weiß nicht recht, ob Ungeduld
Den Punkt setzt, und den Doppelpunkt
Geduld, noch weiß ich, worans liegt
Wenns das noch nicht gewesen ist.
ii.
Was störts dich, wenn bescheiden
Wir beiden bei den Sätzen
Zum Fragezeichen greifen
Statt zum Ausrufezeichen?
Du darfst dich selbst entscheiden!
Du kannst dasselbe Zeichen
Ohne es zu verletzen
Auch in die Länge ziehn
Zum Ausruf, oder stauchen
Zur Frage immerhin.
iii.
Der Strichpunkt ist nicht Fisch noch Fleisch;
Transsexuell der Strichpunkt ist;
Es geht ein Punkt hier auf den Strich;
Ob zum Vergnügen? Frag mich nicht.
Doch fährst du durch den dunklen Wald
Triffst du den Strichpunkt in Gestalt
Dunkler Personen, weit verstreut
Lichtpunkte in der Dunkelheit.
Und hältst du mit dem Wagen an
Bei einem Strichpunkt, tritt heran
Die Lichtgestalt mit rundem Mund
Weil auf dem Strich doch steht ein Punkt.
iv.
Da kommt vielleicht ein Komma her und trennt
Was ungetrennt kein blödes Herz kapiert
Weil, ordnungslos, bloß das Gefühl regiert
Und man solch Chaos schon von früher kennt.
Du Beistrich sollst es richten, Komma, hier
Die Ursuppe, nun aber frisch ans Werk:
Hineingeschüttet, Schnittlauch, umgerührt –
Heißt hierzulande „Ordnung“, glaub es mir.
22. Februar 2016
jeudi 18 février 2016
Fliegen können
Ich konnte plötzlich fliegen.
Hob zuerst nur ein paar Zentimeter ab, so dass es nicht auffiel,
wagte mich dann aber immer mehr in die Höhe, und schließlich hielt
mich nur noch die Decke auf, denn – das muss schon auch gesagt
werden – ich flog nur in der eigenen Stube, und zwar waagrecht und bäuchlings, als läge ich weiterhin im Bett.
Dennoch konnte ich von da oben gut erkennen, wie unten alles
kleiner wurde, mithin auf seine eigentliche Größe zu schrumpfen
bereit war, wenn ich das nur wollte. Es ist schon etwas, fliegen zu
können in der lebenslangen Matratzengruft.
Lass ab von deinem Klagen
Die Not ist nicht so groß;
Hast du etwas zu sagen
Dann sag es umstandslos.
– Ich hab genug zu sagen
Und sag es möglichst schlicht
Mit hoffnungslosem Klagen;
Die Not berührt das nicht.
Vögel, die sich von Getier
Nähren, fliehn zur bösen Zeit
In den Süden, weil dann hier
Nichts mehr rumschwirrt weit und breit.
Vögel aber, die von Samen
Leben, bleiben; solche Kost
Findet sich in Gottes Namen
auch im Nebel und im Frost.
Ob sie vorher aufgefressen
Oder keimen in der Erde:
Soll ichs hoffnungslos vergessen
Dies verfluchte „Stirb und werde“?
18. Februar 2016
mardi 16 février 2016
Moissonneur, Bronze von Maurice Constant
Es steht in meinem Buchregal
Halbnackt ein hübscher kleiner Tagelöhner
Und seine Bronze macht es gleich viel schöner
Das harte Leben anno dazumal.
Der junge Kerl wischt elegant
Sich von der Bronzestirn den Arbeitsschweiß;
Hat nachgeharkt, der Sommertag war heiß
Bevor Herr Claas den Hercules erfand.
Doch Bücher gabs auch damals schon
Und er steht neben solchen seiner Zeit.
Ob er am Abend nach der Fronarbeit
Was las, die Bronze im Petroleumton?
Ich weiß es nicht und bin so frei
Die Welten zueinander zu gesellen
Um so etwas ins Buchregal zu stellen:
Zum Goldschnitt, Schnitters bronzne Schufterei.
16. Februar 2016
Halbnackt ein hübscher kleiner Tagelöhner
Und seine Bronze macht es gleich viel schöner
Das harte Leben anno dazumal.
Der junge Kerl wischt elegant
Sich von der Bronzestirn den Arbeitsschweiß;
Hat nachgeharkt, der Sommertag war heiß
Bevor Herr Claas den Hercules erfand.
Doch Bücher gabs auch damals schon
Und er steht neben solchen seiner Zeit.
Ob er am Abend nach der Fronarbeit
Was las, die Bronze im Petroleumton?
Ich weiß es nicht und bin so frei
Die Welten zueinander zu gesellen
Um so etwas ins Buchregal zu stellen:
Zum Goldschnitt, Schnitters bronzne Schufterei.
16. Februar 2016
lundi 15 février 2016
Mein Tenach
Meine hebräische Bibel ist nicht meine Bibel, aber es ist meine. Denn ich habe mit einem Freund vor langer Zeit die Bibeln getauscht, so wie Indianer ihr Blut miteinander tauschen, wobei wir beide mit dem Tausch augenblicklich höchst zufrieden waren. Mein Freund bekam so ein feines, quasi neuwertiges Exemplar, das ich eigentlich nur zu Repräsentationszwecken besaß, und ich ein ganz einfaches, dem man allerdings nicht nur ansah, dass es über Jahrzehnte eines Menschen enger Begleiter gewesen war, sondern das in einer Uniformjackentasche sogar einen wahrhaftigen Krieg recht und schlecht überlebt hatte.
Aber so zerfleddert wie seither diese Bibel selbst ist, so muss einer wie ich auch die in ihr stehenden Sätze zerfleddern, bevor er sie versteht. Ich kann diese Sätze nicht einfach lesen; ich muss sie zuerst mühsam auseinanderklauben, will ich hinter den Sinn kommen. Es passt also alles zusammen.
Ich habe die von mir weggegebene Bibel seither nicht mehr unter die Augen bekommen, doch vermute sehr, sie ähnelt mittlerweile der dafür ausgetauschten, denn der Freund hat eine Bibel weiterhin deutlich nötiger als ich. Aus der meinen wurde durch Gebrauch die seine, doch aus der seinen wurde mangels Gebrauch nicht so recht die meine. Dennoch ist sie es, und jedes seltene Mal, wenn ich sie in die Hand nehme, freue ich mich darüber, dass sie viel erleben durfte – wenn auch nicht mit mir. So geht das mit Sammlerstücken im Gegensatz zu Gebrauchsexemplaren.
Ist das bei mir nun etwa Angeberei in Bibeldingen?
Es entspricht auch nur dem, was das kanonische Buch enthält. Der Künstler akzeptiert, dass es ein wildes Leben außerhalb des eigenen gibt – Philisterkriege und vergleichbaren Firlefanz, die ihren Sinn aber durch erst noch Hineinzudenkendes, aus ihnen Herauszuschälendes, bekommen. Es braucht da noch einen Schöpfergott, sonst ist das alles schlicht Mord und Totschlag, das reine Chaos. Und liebt einer das hiesige Leben, lebt er doch dafür, es vielleicht nur zu beobachten, beobachtend mitzuerleben. Er braucht es, und er braucht es für sich selbst doch auch wieder nicht. Er kann es eintauschen.
14 Février 2016
Aber so zerfleddert wie seither diese Bibel selbst ist, so muss einer wie ich auch die in ihr stehenden Sätze zerfleddern, bevor er sie versteht. Ich kann diese Sätze nicht einfach lesen; ich muss sie zuerst mühsam auseinanderklauben, will ich hinter den Sinn kommen. Es passt also alles zusammen.
Ich habe die von mir weggegebene Bibel seither nicht mehr unter die Augen bekommen, doch vermute sehr, sie ähnelt mittlerweile der dafür ausgetauschten, denn der Freund hat eine Bibel weiterhin deutlich nötiger als ich. Aus der meinen wurde durch Gebrauch die seine, doch aus der seinen wurde mangels Gebrauch nicht so recht die meine. Dennoch ist sie es, und jedes seltene Mal, wenn ich sie in die Hand nehme, freue ich mich darüber, dass sie viel erleben durfte – wenn auch nicht mit mir. So geht das mit Sammlerstücken im Gegensatz zu Gebrauchsexemplaren.
Ist das bei mir nun etwa Angeberei in Bibeldingen?
Es entspricht auch nur dem, was das kanonische Buch enthält. Der Künstler akzeptiert, dass es ein wildes Leben außerhalb des eigenen gibt – Philisterkriege und vergleichbaren Firlefanz, die ihren Sinn aber durch erst noch Hineinzudenkendes, aus ihnen Herauszuschälendes, bekommen. Es braucht da noch einen Schöpfergott, sonst ist das alles schlicht Mord und Totschlag, das reine Chaos. Und liebt einer das hiesige Leben, lebt er doch dafür, es vielleicht nur zu beobachten, beobachtend mitzuerleben. Er braucht es, und er braucht es für sich selbst doch auch wieder nicht. Er kann es eintauschen.
Ma Bible hébraïque
Ma Bible en hébreu n’est pas ma Bible, et pourtant elle l’est. C’est qu’il y a bien des années, j’ai échangé avec un ami des Bibles, comme les Indiens d’Amérique échangent leur sang, et nous étions aussitôt très satisfaits de ce troc. Mon ami recevait ainsi un bel exemplaire quasiment neuf, exemplaire que je ne possédais que pour des raisons de représentation, et moi, un tout simple, dont on voyait non seulement qu’il avait longuement accompagné un homme de très près, mais qui de plus, embarqué dans la veste d’un uniforme, avait survécu, tant bien que mal, à une véritable guerre.
Depuis, cette Bible est en loques ; et de la sorte, quelqu’un comme moi doit disloquer les phases qu’elle contient avant de les comprendre. Je ne peux pas simplement les lire, je dois d’abord les disséquer avec minutie afin d’en saisir le sens. Tout concorde donc.
Je n’ai plus revu la Bible que j’avais donnée ; or, je suppose qu’elle ressemble entre-temps à celle-ci, car l’ami a toujours bien plus besoin d’une Bible que moi. En l’utilisant, il l’a à coup sûr faite sienne, tandis que cette autre-ci, faute d’être compulsée, n’est jamais vraiment devenue mienne. Et pourtant elle l’est, et toutes les rares fois que je la prends en main, je suis heureux qu’elle ait pu vivre autant de choses – seulement, pas avec moi. Ainsi en va-t-il des pièces de collectionneur par rapport aux exemplaires d’usage courant.
Serais-je un peu fanfaron en affaires bibliques ?
Cela correspond, une fois de plus, au contenu du livre canonique. L’artiste accepte qu’il y ait une vie turbulente en dehors de la sienne – des guerres contre les Philistins et autres conneries du genre qui ne reçoivent un sens qu’au moment où on leur en donne un, où on les en charge. Ce qui nécessite un dieu créateur. Sinon, on reste au niveau du massacre, du meurtre gratuit, du pur chaos. Et si quelqu’un aime cette vie ici-bas, il vit peut-être uniquement pour l’observer, pour l’accompagner en contemplant. De cette vie, il a à la fois besoin et pas du tout. Il peut la récupérer en la troquant.
Depuis, cette Bible est en loques ; et de la sorte, quelqu’un comme moi doit disloquer les phases qu’elle contient avant de les comprendre. Je ne peux pas simplement les lire, je dois d’abord les disséquer avec minutie afin d’en saisir le sens. Tout concorde donc.
Je n’ai plus revu la Bible que j’avais donnée ; or, je suppose qu’elle ressemble entre-temps à celle-ci, car l’ami a toujours bien plus besoin d’une Bible que moi. En l’utilisant, il l’a à coup sûr faite sienne, tandis que cette autre-ci, faute d’être compulsée, n’est jamais vraiment devenue mienne. Et pourtant elle l’est, et toutes les rares fois que je la prends en main, je suis heureux qu’elle ait pu vivre autant de choses – seulement, pas avec moi. Ainsi en va-t-il des pièces de collectionneur par rapport aux exemplaires d’usage courant.
Serais-je un peu fanfaron en affaires bibliques ?
Cela correspond, une fois de plus, au contenu du livre canonique. L’artiste accepte qu’il y ait une vie turbulente en dehors de la sienne – des guerres contre les Philistins et autres conneries du genre qui ne reçoivent un sens qu’au moment où on leur en donne un, où on les en charge. Ce qui nécessite un dieu créateur. Sinon, on reste au niveau du massacre, du meurtre gratuit, du pur chaos. Et si quelqu’un aime cette vie ici-bas, il vit peut-être uniquement pour l’observer, pour l’accompagner en contemplant. De cette vie, il a à la fois besoin et pas du tout. Il peut la récupérer en la troquant.
mardi 9 février 2016
Drei weitere Sinnsprüche
iv.
Sie haben hundert Damen,
Irgendwohin gegriffen
Und falls sie so weit kamen
Die Unschuld abgekniffen.
Im Schutz behender Horden
Vielfingrig drangen ein
Sind wohl verrückt geworden
Im Zug der Ferkelein.
Wer war das? Schwer zu sagen.
Wer nichts von selbst kapiert
Steht da mit seinen Fragen.
Die Welt ist kompliziert.
v.
Es gibt schon Menschen, die
Es wurmt, nicht viel zu wissen
Doch andern scheint man wie
In das Gehirn geschissen:
Sie wissen allerlei
Und niemand weiß, woher
Als ob die Wisserei
Nichts als ein Spielchen wär.
Wer zu viel weiß, dem nützt
Sein ganzes Wissen wenig:
Wenn Schalk nicht aus ihm blitzt
Ist er der Narren König.
vi.
Ja, soll ich mich beklagen?
Man hört nur Strebern zu.
Soll ich es jenen sagen
Mit denen ich auf Du
Und Du steh? Womit hadern?
Dem Allerweltsverein?
Soll ich den grauen Quadern
Vom Rathaus böse sein?
Ich kenne keinen Ort, wo
Wir Narren ernst genommen
Jux, Zeter, Witz und Mordio
Verhallt stets unvernommen.
7. Februar 2016
lundi 8 février 2016
Aucun regret possible
J’ai pris l’habitude de mettre des graines à la fenêtre.
C’est pour les voir.
Pas les graines, bien sûr, mais les mésanges.
Je paye le spectacle des mésanges qui viennent pour quelques
_________________________________________graines –
Une véritable petite comédie de mœurs, et pour pas cher.
Je suis comme un bon vieux, maintenant.
Mais pas mal de fois je loupe tout.
Ce sont des passereaux irréguliers, et moi
Je ne peux passer mon temps à les attendre, tout de même.
Or si, ayant du regret
Je voudrais les récupérer, mes graines, c’est trop tard, il ne
Me reste que mes yeux pour pleurer.
Pourrais faire un esclandre du tonnerre :
Après le passage des mésanges, il n’y a plus rien.
La recette, partie avec le numéro même, vu ou pas vu, content ou
___________________________________________pas –
Il est exclu de revenir dessus, la nature est ainsi faite
Elle ne rembourse pas.
Il faudrait qu’à la prochaine becquetée
Je récupère l’oiseau avec.
Mais tu parles. Dans le meilleur des cas, j’arrive juste à
_________________________________________observer :
Celle qui pense voler des graines
Celle qui est méfiante et rapide comme une criminelle
Celle au plumage ébouriffé pendant ses furtifs instants sur place
Celle qui, plus courageuse, s’attarde un peu en jetant des regards
_______________________________________autour d’elle.
Oui, je ne peux que les voir faire, et à travers une fenêtre close.
Une fenêtre qui s’ouvre uniquement pour permettre le dépôt de
___________________________________________graines
Jamais pour attraper les actrices.
C’est bien simple :
Pas moyen de les piéger, c’est la vitre ou rien.
Mon rôle est de procurer la pitance
Et non pas de me nourrir à l’œil.
Tout au plus, je suis un œil qui s’alimente de soi-même.
Je suis le bon dieu dans cette affaire, et la messe est dite.
Un bon dieu sans aucun regret possible
Car voici la limite du seigneur tout-puissant
Par principe caché derrière l’invisible :
Même lui, il ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.
Telle est, en tout cas, sa conception du spectacle.
S’il l’a raté à la fin, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.
Sans cesser d’admirer la malice provoquée.
4 Février 2016
C’est pour les voir.
Pas les graines, bien sûr, mais les mésanges.
Je paye le spectacle des mésanges qui viennent pour quelques
_________________________________________graines –
Une véritable petite comédie de mœurs, et pour pas cher.
Je suis comme un bon vieux, maintenant.
Mais pas mal de fois je loupe tout.
Ce sont des passereaux irréguliers, et moi
Je ne peux passer mon temps à les attendre, tout de même.
Or si, ayant du regret
Je voudrais les récupérer, mes graines, c’est trop tard, il ne
Me reste que mes yeux pour pleurer.
Pourrais faire un esclandre du tonnerre :
Après le passage des mésanges, il n’y a plus rien.
La recette, partie avec le numéro même, vu ou pas vu, content ou
___________________________________________pas –
Il est exclu de revenir dessus, la nature est ainsi faite
Elle ne rembourse pas.
Il faudrait qu’à la prochaine becquetée
Je récupère l’oiseau avec.
Mais tu parles. Dans le meilleur des cas, j’arrive juste à
_________________________________________observer :
Celle qui pense voler des graines
Celle qui est méfiante et rapide comme une criminelle
Celle au plumage ébouriffé pendant ses furtifs instants sur place
Celle qui, plus courageuse, s’attarde un peu en jetant des regards
_______________________________________autour d’elle.
Oui, je ne peux que les voir faire, et à travers une fenêtre close.
Une fenêtre qui s’ouvre uniquement pour permettre le dépôt de
___________________________________________graines
Jamais pour attraper les actrices.
C’est bien simple :
Pas moyen de les piéger, c’est la vitre ou rien.
Mon rôle est de procurer la pitance
Et non pas de me nourrir à l’œil.
Tout au plus, je suis un œil qui s’alimente de soi-même.
Je suis le bon dieu dans cette affaire, et la messe est dite.
Un bon dieu sans aucun regret possible
Car voici la limite du seigneur tout-puissant
Par principe caché derrière l’invisible :
Même lui, il ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.
Telle est, en tout cas, sa conception du spectacle.
S’il l’a raté à la fin, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même.
Sans cesser d’admirer la malice provoquée.
4 Février 2016
jeudi 4 février 2016
Drei Sinnsprüche
i.
Nackt müssen sein Ideen
Damit man sie begehrt;
Wenn sie in Lumpen gehen
Sind sie nur Lumpen wert.
Wie kann ich sie verführen
Sich vor mir zu entblößen
Um blankes Fleisch zu spüren
Wenn sie ihr Rätsel lösen?
Ich würde Schmeicheleien
Wär ich Idee, nicht glauben;
Man müsste mir die Schleier
Zuerst gewaltsam rauben.
ii.
Hat ein Eunuch dem andern
Beglaubigt und bestätigt
Wie toll er es doch kann, denn
Sie sind einander gnädig.
Dass der Kastrat in Sachen
Potenz will auch entscheiden –
Man soll es nicht belachen
Noch es ihm kläglich neiden.
Dies Vöglein, das des brachen
Felds Fruchtbarkeit ergründet
Nährt sich von den paar Samen
Die es darauf noch findet.
iii.
Wie hell scheint nun die Wahrheit
Dass nichts mehr möglich ist
Als wär das letzte Klarheit
Und nicht auch trübe List.
Doch lähmender die stete
Scheißhoffnung, totgeboren.
Gibt es nur noch Gebete
Ist auch nichts mehr verloren.
Was denkbar werden müsste
Das wär, auf Sand zu bauen
In der verdammten Wüste
Von Hoffen und Vertrauen.
30. Januar - 4. Februar 2016
mardi 19 janvier 2016
One Single Non
One single non-rejection slip
Would do on this waste earth
One tingling drip, or nip, or sip
To vanquish thirst and dearth.
Came from too far to ring at doors
Into some Land of Nod
And if its gates keep shut, it’s force
Majeure, an act of God.
Should flout them doorbells, should despise
Odd Nod’s beleaguered curse
Should walk back home to Paradise
Up there it can’t be worse.
January 18, 2016
Would do on this waste earth
One tingling drip, or nip, or sip
To vanquish thirst and dearth.
Came from too far to ring at doors
Into some Land of Nod
And if its gates keep shut, it’s force
Majeure, an act of God.
Should flout them doorbells, should despise
Odd Nod’s beleaguered curse
Should walk back home to Paradise
Up there it can’t be worse.
January 18, 2016
lundi 18 janvier 2016
La résistance est physique
1. Ris donc, Paillasse !
Longtemps j’ai porté la barbe.
Lorsque cette barbe a commencé à me vieillir, je l’ai supprimée.
Mais pas une fois pour toutes.
La barbe, on le sait, ne se supprime pas une fois pour toutes
Il faut le faire à peu près tous les jours :
Je mange, elle repousse, je jeûne, elle repousse ;
Je dors, elle repousse, je veille, elle repousse.
Enfin, je vis, elle repousse, et je ne vis pas, elle repousse quand
___________________________________________même.
La barbe est très têtue, elle s’en fout, de mes états d’âme.
Peut-elle pourtant être considérée comme un facteur
______________________________________stabilisateur ?
J’ai pu cesser de fumer sans que de nouvelles clopes aient poussé
____________________________________dans ma bouche
Et j’en connais qui ont cessé de boire sans voir arriver de
_________________________________nouvelles bouteilles.
La barbe, c’est différent.
La barbe veut s’imposer à tout prix, elle est vraiment collante
Lui dire fermement « non ! » ne suffit pas.
Or, il faut résister, les amis.
Si tu cèdes à la barbe alors que tu n’en veux pas, t’es fichu.
La glabreté seule, cet effort de tous les jours, fait de l’homme un
__________________________________________homme.
Voilà ce qu’il en est.
Tous ces hommes sans barbe que tu croises de par le monde, ont
______________________________________travaillé pour.
Des fois, ils se sont même taillé le visage, c’est pour dire...
C’est que l’imberbe est une vocation, une ascèse
On y entre comme au couvent.
2. Un cri de saison
Est-ce normal, là
Qu’elle se soit mise en hibernation ?
Ce n’est pas une marmotte
C’est une bite.
Elle n’a pas à réduire ses fonctions vitales à presque zéro
Et à se terrer dans un trou en attendant ;
Elle n’a qu’à être courageuse et faire face
Elle n’a qu’à braver.
Morte-saison, dis-tu ? Temps de merde, dis-tu ?
Morte-bite, bite de merde, ça oui.
Bien sûr, il y a des moments dans la vie
Où la malchance tombe drue
Où l’on se raidit dans le vide
Où l’on s’avance pour rien
Où l’on fait le poing dans la poche
Mais ce n’est pas une raison
De s’étioler dans son froc
Uniquement parce que, en plus, ceci cela.
Ce n’est pas une marmotte, je te dis.
Ce n’est pas non plus un gibier-proie qui doit faire le mort
Pour que l’ange noir passe.
Quel repli temporaire ?
Eh, la bite, t’es comme un bélier quand tu veux
T’es faite pour frapper et résister
Et pour que rien ne te résiste ;
Pour faire vie nouvelle surtout là où il n’y avait rien
Pour transformer le chiant en victoire
L’ennui en gloire ;
Pour faire la fête n’importe où, n’importe comment, avec
______________________________________n’importe qui
T’es pas faite pour te plier aux circonstances
Enfin, t’es pas faite pour te la couper toi-même.
17 Janvier 2016
samedi 16 janvier 2016
Drei von vier
1. Winter
Stillgelegte Leitungen. Kein Laut, nichts.
Im Sommer vielleicht noch ein wenig, es gibt
Umwege, aber jetzt: nichts.
Im Winter sind die
Dinge so, wie sie sein müssen, oder nicht.
Das ist das Schöne, das ist das Schreckliche am Winter.
Ich hatte einen Wunsch.
Doch wo Wünsche sind, sind Gegenwünsche
Und keiner ist stärker oder brennt heißer als der andere.
So kam es zu keiner Verwirklichung.
Der Winter weiß, was er will: nichts.
Der Winter hat seine Logik
Und diese Logik ist unbarmherzig.
Sie ist der Winter.
Ohne sie, kein Winter.
Ohne sie wäre Leben.
Immerhin lebe ich noch.
Aber im Winter.
Ob noch etwas kommt, ist unsicher.
Es sieht im Winter nicht danach aus.
Es sieht im Winter nur nach zu spät aus.
Im Winter sieht es nach Winter aus
Nur nach Winter
Und im Winter sieht das aus nach: nichts.
Sonst wäre aber auch alles falsch
Der Winter ist aber wahr.
Der Winter ist mehr als lebensecht.
Alte Freundschaften, verloren
Neue Freundschaften: unmöglich.
Der Winter, der alles tut, dass man zusammenrückt und sich
__________________________________________wärmt
Hat also nicht nur seine Logik
Sondern auch seine Unlogik.
Der Winter ist eine komplette Mahlzeit
Die einen hungrig lässt.
Wäre ich nicht schon in den Winter geboren worden
Wäre jetzt vielleicht kein Winter.
Aber ich habe es zu spät bemerkt
Ja, es war schon zu spät.
Es war schon Winter, es war schon nichts
Und das Nichts lässt sich nicht schon vorher feststellen
Das Nichts überrascht die Sterblichen immer.
2. Frühling
Es steigt eine Enttäuschung
Wie Baumsaft durch die Adern;
Ich weiß, wie Leute feilschen
Und auch, warum sie hadern.
Weil du auch zu den Leuten
Gehörst, bist du dabei:
Kannst vielleicht was erbeuten
Im Zug der Keilerei.
Wie schön die Religionen
Und Hammurabi-Stelen –
Nicht etwa, dass wir uns verschonen
Doch, dass wir uns nicht straflos quälen.
3. Sommer
So krankhaft blühen nur
Menschenansammlungen, krebsrot wie Aussatz
Beim krankhaften Ausströmen
In der Fieberhitze. Das ist
Kein Sommer, sondern Krankheit.
Einfach so breit herumliegen fern von zuhause?
Soll das Rekonvaleszenz sein? Es ist
Der Anfang vom Ende.
Verschwärmen über den ganzen Planeten
Und stecken den überall an.
Bösartig sich zusammenrottend, wo sie nicht hingehören.
Eine Flutwelle allein
Kann es nicht richten. Gegen das Überschwemmtwerden
Helfen nur effizientere Mittel, doch die sind
In den Ländern nicht aufzutreiben.
Aber Homöopathisches, aber Gleiches mit Gleichem
Vermag es freilich nicht.
So wird die Sache fortschreiten bis
Das Übergestülpte, die falsche Haut aufbricht
Und noch Wundbrand hinzukommt.
Und da behauptest du, die blieben wenigstens nicht?
Beim ersten Herbstlüftchen aber sofort raus!
Trois sur quatre
1. Hiver
Des tuyaux hors service. Pas un son, rien.
En été, il y a peut-être encore un peu, il y a des voies
Détournées, mais maintenant: rien.
En hiver, les choses sont
Telles qu’elles doivent être, ou ne sont pas.
Voilà ce qui est beau, voilà ce qui est terrible dans l’hiver.
J’avais un désir.
Or, là où il y a des désirs, il y a aussi des désirs contraires
Et aucun d’eux n’est plus fort ou brûle plus chaud que l’autre.
Ainsi, rien n’a été fait.
L’hiver sait ce qu’il veut : rien.
L’hiver a sa logique
Et elle est implacable.
C’est elle, l’hiver.
Sans elle, pas d’hiver.
Sans elle, tout serait vivant.
Au moins, je vis encore.
Mais dans l’hiver.
Pas sûr qu’il y a encore quelque chose en attente.
En hiver, ça n’a pas l’air.
L’hiver n’a que l’air de trop tard.
En hiver, ça ressemble à de l’hiver
Seulement à de l’hiver
Et en hiver, ça ressemble à : rien.
Autrement, tout serait faux
Mais l’hiver est vrai.
L’hiver est plus vrai que nature.
De vieilles amitiés, perdues
De nouvelles amitiés : impossibles.
L’hiver qui fait tout pour qu’on s’agglutine afin de se chauffer
N’a donc pas seulement sa logique
Mais aussi son alogique.
L’hiver est un plat complet
Qui te laisse sur ta faim.
Si je n’étais pas né dans l’hiver
Il ne serait peut-être pas hiver maintenant.
Mais je l’ai remarqué trop tard.
Oui, il était déjà trop tard.
Il était déjà hiver, il était déjà rien
Et le rien ne se constate pas avant
Le rien les surprend toujours, les mortels.
2. Printemps
La déception part des entrailles
Puis monte en sève dans tes veines ;
Je sais comme les gens chamaillent
Et sais comme les gens se peinent.
Toi aussi fais partie du genre
Alors, toi aussi, tu te bats :
Il y a peut-être un truc à prendre
Au cours de tous ces pugilats.
Est belle notre grande foi
Sont belles nos tables de loi –
Non pas pour qu’on se fasse grâce
Mais que sous peine on se tracasse.
3. Été
Ainsi ne fleurissent, maladifs
Que des tas d’hommes, écarlates comme la lèpre
Quand, pathologiquement, ils se déversent
Dans la touffeur fiévreuse. Ce n’est pas
Un été, c’est une maladie.
Juste étendus, étalés, loin de chez eux ?
Et tu appelles ça de la convalescence ? C’est
Le début de la fin.
Essaiment à travers la planète
Et l’infectent partout.
S’ameutent, malins, là où n’est pas leur place.
Un tsunami seul ne saurait
Régler le problème. Contre pareille inondation
Les remèdes doivent être plus efficaces, mais on n’en
Trouve pas dans ces pays.
C’est que l’homéopathique, c’est que le mal par le mal
Sont impuissants.
Ainsi, la chose continuera jusqu’à ce que cette
Fausse deuxième peau éclate et
S’y ajoute la gangrène.
Et tu me dis que pour le moins eux, ils ne restent pas ?
En tout cas, au premier froid automnal, dehors !
12 Janvier 2016
jeudi 14 janvier 2016
Un cas précis de caprice
Dans nos toilettes, sur le petit meuble en bois brut, bricolé main, il y a un vaporisateur. Un vaporisateur-objet, quasiment antique. Quasiment.
Ce vaporisateur n’est pas tout à fait nécessaire, il est, à nos yeux, tout à fait joli. Et il est un caprice. Un caprice de brocante.
On ne peut pas vivre sans caprice, et si l’on n’est pas très riche mais porté sur le joli – ou plutôt : ce que l’on tient pour tel – il ne reste que des caprices de brocante. Dans ce cas, ni le neuf, ni l’antiquité estampillée, n’ont droit de cité dans la demeure.
L’eau de toilette que ce vaporisateur vaporise n’est, quant à elle, point un caprice ; elle est simplement fort bien nommée, ces toilettes s’aérant mal. Or, si ce vaporisateur en est un, lui, ce n’est pas l’action de vaporiser qui se trouve ainsi mise en cause, mais uniquement l’instrument – autrement dit : la façon. On ne discute donc pas le contenu, mais le seul emballage.
Nous en déduisons que celui qui effectue une tâche utile de manière inutilement esthétique est peut-être capricieux, et celui qui ne le fait pas de cette sorte-là n’est peut-être pas très loin de la bête, la bête de somme en somme. Partant de là, nous sommes amenés à penser qu’il n’y a pas beaucoup de choix dans une vie humaine : il y a des décision à prendre lorsqu’il en va de l’art et de la manière.
Être ou avoir ? Qu’est-ce qui fait l’homme, en dernière instance ? Sans doute le second. Car avoir un tel vaporisateur dans les chiottes est, à nos yeux, bien plus important que le fait d’être doté de la faculté de raisonner, ne serait-ce que sur le vapo en question. Les animaux, eux, réfléchissent aussi, mais ils ne savent pas quoi mettre dans leurs trop frustes lieux d’aisance. C’est au moins la réponse que nous nous donnons à la grande question éternelle quand, en nous soulageant, nos regards ne peuvent éviter le petit meuble en bois brut, bricolé main, avec, trônant dessus, un si joli caprice de brocante.
13 Janvier 2016
Ce vaporisateur n’est pas tout à fait nécessaire, il est, à nos yeux, tout à fait joli. Et il est un caprice. Un caprice de brocante.
On ne peut pas vivre sans caprice, et si l’on n’est pas très riche mais porté sur le joli – ou plutôt : ce que l’on tient pour tel – il ne reste que des caprices de brocante. Dans ce cas, ni le neuf, ni l’antiquité estampillée, n’ont droit de cité dans la demeure.
L’eau de toilette que ce vaporisateur vaporise n’est, quant à elle, point un caprice ; elle est simplement fort bien nommée, ces toilettes s’aérant mal. Or, si ce vaporisateur en est un, lui, ce n’est pas l’action de vaporiser qui se trouve ainsi mise en cause, mais uniquement l’instrument – autrement dit : la façon. On ne discute donc pas le contenu, mais le seul emballage.
Nous en déduisons que celui qui effectue une tâche utile de manière inutilement esthétique est peut-être capricieux, et celui qui ne le fait pas de cette sorte-là n’est peut-être pas très loin de la bête, la bête de somme en somme. Partant de là, nous sommes amenés à penser qu’il n’y a pas beaucoup de choix dans une vie humaine : il y a des décision à prendre lorsqu’il en va de l’art et de la manière.
Être ou avoir ? Qu’est-ce qui fait l’homme, en dernière instance ? Sans doute le second. Car avoir un tel vaporisateur dans les chiottes est, à nos yeux, bien plus important que le fait d’être doté de la faculté de raisonner, ne serait-ce que sur le vapo en question. Les animaux, eux, réfléchissent aussi, mais ils ne savent pas quoi mettre dans leurs trop frustes lieux d’aisance. C’est au moins la réponse que nous nous donnons à la grande question éternelle quand, en nous soulageant, nos regards ne peuvent éviter le petit meuble en bois brut, bricolé main, avec, trônant dessus, un si joli caprice de brocante.
13 Janvier 2016
vendredi 8 janvier 2016
Lügenpressenkopfkino
Wenn ich des Morgens aus den Federn steig
Die Augen noch vom Schlaf ganz zugeklebt
Und es mich somnambul zum Bildschirm treibt
Weil ich doch wissen muss, was vor sich geht
Dann dauert es kaum einen Schreckmoment
Bis ich mit aller Welt verbunden bin
Und mir von Kontinent zu Kontinent
Vielfarbig zuströmt, was geschehn darin.
Noch träumend glaub ich, was die Leute schreiben
Und glaub es, halbwegs wach, auch wieder nicht
Als wären das zwar alles Augenzeugen
Doch die Berichte maßlos ausgeschmückt.
Und weil ich sowohl glaube als nicht glaube
Was man mir von der weiten Welt erzählt
Muss ich, als wär ich weiterhin im Traume
Dran umerfinden, was mir – wach – missfällt.
So wird aus mir die eigne Lügenpresse
Mit Augen noch vom Schlaf ganz zugeklebt
Zwar schon allein mit mir vor meinem Rechner
Doch gleichzeitig noch mitten in der Welt.
5. Januar 2016
Die Augen noch vom Schlaf ganz zugeklebt
Und es mich somnambul zum Bildschirm treibt
Weil ich doch wissen muss, was vor sich geht
Dann dauert es kaum einen Schreckmoment
Bis ich mit aller Welt verbunden bin
Und mir von Kontinent zu Kontinent
Vielfarbig zuströmt, was geschehn darin.
Noch träumend glaub ich, was die Leute schreiben
Und glaub es, halbwegs wach, auch wieder nicht
Als wären das zwar alles Augenzeugen
Doch die Berichte maßlos ausgeschmückt.
Und weil ich sowohl glaube als nicht glaube
Was man mir von der weiten Welt erzählt
Muss ich, als wär ich weiterhin im Traume
Dran umerfinden, was mir – wach – missfällt.
So wird aus mir die eigne Lügenpresse
Mit Augen noch vom Schlaf ganz zugeklebt
Zwar schon allein mit mir vor meinem Rechner
Doch gleichzeitig noch mitten in der Welt.
5. Januar 2016
mercredi 6 janvier 2016
Allzu selbstsicher
Er fand zwar den Weg hinein, doch nicht wieder heraus.
Er ist wie eine Identität, der
Bunte Kinderball im Gestrüpp:
Verloren, vergessen, aber noch da.
Und falls wiedergefunden, leider nutzlos.
Da liegt nun so ein vergessener Ball unter Dornen
Und ist fast noch so verlockend und jung
Wie zu der Zeit, als er verloren ging.
Wenn wiederentdeckt, jedenfalls ausgesprochen bunt
In seinem Versteck, diesem rußbraunen Nest –
So knallbunt, dass er längst hatte auffallen müssen;
Nur ist da eben auch dichtes, abschreckendes Gestrüpp.
Er ist jemand Besonderes:
Verloren, vergessen, aber noch da
Und falls wiederentdeckt, leider nutzlos.
Weil jetzt eben die Kinder zum Feiern fehlen.
Ohne Ball abgezogen, nicht wahr...
3 Janvier 2016
Er ist wie eine Identität, der
Bunte Kinderball im Gestrüpp:
Verloren, vergessen, aber noch da.
Und falls wiedergefunden, leider nutzlos.
Da liegt nun so ein vergessener Ball unter Dornen
Und ist fast noch so verlockend und jung
Wie zu der Zeit, als er verloren ging.
Wenn wiederentdeckt, jedenfalls ausgesprochen bunt
In seinem Versteck, diesem rußbraunen Nest –
So knallbunt, dass er längst hatte auffallen müssen;
Nur ist da eben auch dichtes, abschreckendes Gestrüpp.
Er ist jemand Besonderes:
Verloren, vergessen, aber noch da
Und falls wiederentdeckt, leider nutzlos.
Weil jetzt eben die Kinder zum Feiern fehlen.
Ohne Ball abgezogen, nicht wahr...
Bien trop sûr de lui
Il a trouvé moyen d’y entrer, mais pas d’en ressortir.
Il est comme une identité, le
Ballon d’enfant dans le fourré :
Perdu, oublié, mais toujours là.
Et lorsque redécouvert, sans usage.
Il y a donc là un ballon oublié dans les ronces
Et il est presque aussi attirant et jeune
Que lorsqu’on l’a perdu.
Quand on le redécouvre, il resplendit en tout cas de couleurs
Dans sa cachette, ce nid bistré –
Tellement éclatant qu’on aurait dû le remarquer bien avant ;
Or, le fourré est dense et décourageant.
Il est quelqu’un de spécial :
Perdu, oublié, et toujours là
Et lorsque redécouvert, sans usage.
Parce que manquent les mômes pour lui faire la fête.
Partis sans ballon, n’est-ce pas...
Il a trouvé moyen d’y entrer, mais pas d’en ressortir.
Il est comme une identité, le
Ballon d’enfant dans le fourré :
Perdu, oublié, mais toujours là.
Et lorsque redécouvert, sans usage.
Il y a donc là un ballon oublié dans les ronces
Et il est presque aussi attirant et jeune
Que lorsqu’on l’a perdu.
Quand on le redécouvre, il resplendit en tout cas de couleurs
Dans sa cachette, ce nid bistré –
Tellement éclatant qu’on aurait dû le remarquer bien avant ;
Or, le fourré est dense et décourageant.
Il est quelqu’un de spécial :
Perdu, oublié, et toujours là
Et lorsque redécouvert, sans usage.
Parce que manquent les mômes pour lui faire la fête.
Partis sans ballon, n’est-ce pas...
3 Janvier 2016
samedi 2 janvier 2016
Si j’étais né pareil que toi
Si j’étais né pareil que toi, coquette
J’aurais aussi ma huppe sur la tête
Au cul mon éventail tout en plumages
Et, à part ça, plein d’autres avantages :
De beaux yeux roux assortis à ma crête
Des ailes sachant voler la vedette
Des ergots pour châtier la médisance
Mais un bec plus pointu qu’un fer de lance ;
Enfin, ce goître dans les écarlates
Bien plus marrant que toutes leurs cravates.
Hélas, je suis né dans un corps sans style
Avec rien que mon cœur de volatile.
*
Si j’étais né pareil que toi, princesse
Je jouirais bien mieux de ma noblesse ;
Sans renoncer aux droits et apanages
J’emprunterais la voie de la sagesse :
Depuis mon beau château aux rocaillages
J’allumerais les feux de l’élégance
Et du haut de ma lanterne-potence
Je creuserais la tombe à l’ignorance.
J’y montrerais la soie et les dentelles
De mes culottes, voire des semelles
Et pour servir d’exemple à la fripouille
J’exposerais même où ça me chatouille.
Voilà ce que ferais ayant ta classe.
Or, je ne suis que de la populace
Avec une esthétique disparate
Qui n’a strictement rien d’aristocrate.
*
Si j’étais né pareil que toi, mégère
Je prendrais tout ça moins à la légère
Car pour personnifier la pie-grièche
Il faut bien plus qu’un certain don revêche.
Des siècles d’entraînement dans l’acerbe
N’ont pas suffi ; faut joindre l’acte au verbe
Les meilleures litanies et tirades
Ne valant jamais coups et bastonnades.
Pour atteindre un niveau correspondant
Sans force dans les bras, le répondant
Doit surpasser le pouvoir des paroles
Tel le haut fait celui des paraboles.
Le Christ, s’est-il contenté de se plaindre ?
Lui réveilla un mort, au lieu de geindre.
C’est difficile, je le sais, mémère
Mais tu sais maintenant ce qu’il faut faire.
29 Décembre 2015 - 1er Janvier 2016
dimanche 27 décembre 2015
Es schreit nicht mehr in der Nachbarschaft
Es musste hier in der Nachbarschaft
Jemand geben mit einem Papageien
Denn ich hörte es zuweilen schreien
Wie es sonst durch den scheckigen Urwald schallt.
Hat Jemand den Vogel jetzt abgeschafft?
Ist er ausgezogen mitsamt seinem Tier?
Wenn ich mich erinnre, dann fehlt er mir
Jener plötzliche Schrei durch den Regenwald.
Es ist quasi Verschwendung, das weiß ich schon
Den geschlagenen König im Rumpf der Galeere
Ans Ruder zu ketten, mit der Holzbank zum Thron
Damit er als Sklave das Meer überquere;
Wird nur kurz im Triumph vorgestellt
Dann verschwindet er aus dieser Welt.
26 Décembre 2015
Jemand geben mit einem Papageien
Denn ich hörte es zuweilen schreien
Wie es sonst durch den scheckigen Urwald schallt.
Hat Jemand den Vogel jetzt abgeschafft?
Ist er ausgezogen mitsamt seinem Tier?
Wenn ich mich erinnre, dann fehlt er mir
Jener plötzliche Schrei durch den Regenwald.
Es ist quasi Verschwendung, das weiß ich schon
Den geschlagenen König im Rumpf der Galeere
Ans Ruder zu ketten, mit der Holzbank zum Thron
Damit er als Sklave das Meer überquere;
Wird nur kurz im Triumph vorgestellt
Dann verschwindet er aus dieser Welt.
Ça ne crie plus par ici
Devait y avoir un pirate par ici
Avec son perroquet tout droit du paradis
Car j’entendais de temps en temps l’un de ces cris
Comme il n’en retentit qu’en Haute-Amazonie.
Ce lori-là, a-t-il dès lors changé de main ?
Ont-ils déménagé les deux, pirate et bête ?
Je n’en sais rien ; c’est seulement que je regrette
D’être depuis frustré du bel appel lointain.
Un roi vaincu, sûr et certain, on ne peut guère
Tel un quelconque esclave ou autre pauvre hère
L’enchaîner sur un banc de chiourme de galère
Pour qu’il s’épuise en souquant à travers les mers ;
Le voilà un instant à pied, aux fers
Avant de disparaître de la terre.
26 Décembre 2015
mercredi 23 décembre 2015
Valeur de référence
On est haut
Mais si quelqu’un marche au-dessus de toi
Tu te sens bas.
Ce n’est pas que tu es plus bas que lui
Tu es simplement en dessous.
Être en dessous enfonce
Lorsqu’on le sent.
Quand on ne le sent pas
On se rend compte
Qu’on est quand même assez haut :
Si on se penche trop
On peut tomber.
Il y a la tendance à vouloir s’élever
En invitant quelqu’un à s’installer au-dessus.
Bizarre, mais c’est un fait avéré.
On voit bien que ce ne sont pas là des gens
Qui habitent déjà haut
Sans pour autant prétendre d’être au dernier étage ;
Ce sont les habitants du rez-de-chaussée ou de la cave
Qui s’inventent des Olympes.
Pour eux c’est cuit, et tant qu’à faire :
Comme ça, on embête aussi les autres, mansarde incluse.
Il s’agit pourtant de personnes respectables – c’est
Qu’il en faut pour chaque étage –
Mais je les laisserais quand même dans leur trou.
Moi, je m’en fous à la limite que celui du dernier
Ait tiré le gros lot.
Je ne vais pas en plus me chercher des excuses.
18 Décembre 2015
[cf. De quelqu’un de supérieur, du 10 Janvier 2015]
Mais si quelqu’un marche au-dessus de toi
Tu te sens bas.
Ce n’est pas que tu es plus bas que lui
Tu es simplement en dessous.
Être en dessous enfonce
Lorsqu’on le sent.
Quand on ne le sent pas
On se rend compte
Qu’on est quand même assez haut :
Si on se penche trop
On peut tomber.
Il y a la tendance à vouloir s’élever
En invitant quelqu’un à s’installer au-dessus.
Bizarre, mais c’est un fait avéré.
On voit bien que ce ne sont pas là des gens
Qui habitent déjà haut
Sans pour autant prétendre d’être au dernier étage ;
Ce sont les habitants du rez-de-chaussée ou de la cave
Qui s’inventent des Olympes.
Pour eux c’est cuit, et tant qu’à faire :
Comme ça, on embête aussi les autres, mansarde incluse.
Il s’agit pourtant de personnes respectables – c’est
Qu’il en faut pour chaque étage –
Mais je les laisserais quand même dans leur trou.
Moi, je m’en fous à la limite que celui du dernier
Ait tiré le gros lot.
Je ne vais pas en plus me chercher des excuses.
18 Décembre 2015
[cf. De quelqu’un de supérieur, du 10 Janvier 2015]
lundi 21 décembre 2015
Sept petits états d’âme
1. Quelle honte
L’autre a honte de ses parents.
Lui ont payé des études, et depuis, il en a honte.
C’est moche bien sûr, mais je comprends les deux côtés.
Les vieux sont tellement fiers de leur impossible progéniture
Que moi aussi, j’en aurais honte.
Mais j’ai de la chance : personne n’est fier de moi.
Avoir honte, je ne sais même pas ce que c’est.
2. Des veinards
Ces deux-là, ils sont tellement heureux
– Et sans véritable raison –
Que le mot « bonheur » ne semble pas approprié.
Dans leur cas, faut parler d’heureusité.
Moi, je les envie surtout de leur absence de véritable bonheur.
Je me dis : si cela se trouve, les veinards, avec un tout petit
Peu plus de chance, ils seraient nettement moins heureux.
3. Logique étrange
Ah, que c’est dégoûtant. S’il te plaît, chéri !
Lui ne comprend pas.
Se plaindrait-elle tout à coup de ses sécrétions ?
Et après tout ce qu’ils viennent de faire ensemble
Il n’aurait donc même plus le droit de se
Curer le nez en sa présence ?
Mais c’est quoi, sa notion de plaisir ?
4. Belle nuit silencieuse
Énervé, celui-là, parce qu’on l’a énervé.
Oui, faut pas se laisser énerver, faut rester calme.
Ferme les yeux, les oreilles, et plus rien ne t’atteint.
C’est un très vieux secret que je te confie là.
– Cesse de m’énerver, toi aussi.
J’ai fermé et les yeux et les oreilles, puis la colère
Qui monte dans le silence de la nuit – tu connais ça, connard ?
5. Précision
Il aime bien quand quelque chose est exact
L’exactitude le rend content. C’est alors
Un sentiment de plénitude qui l’enveloppe
Parce que tout est à sa place.
– Tu aimes donc les réussites faciles.
Moi, tout ce qui m’arrive à l’heure due – ni avant, ni
Après, au bon moment quoi – me désespère plutôt.
6. De la tristesse, oui, de la tristesse
L’un est triste parce qu’il a perdu quelque chose
L’autre, parce qu’il ne trouve jamais rien de bon
Le troisième simplement parce qu’il est un peu bête.
Nul n’est triste sans raison.
C’est bien triste.
Si l’on pouvait être triste sans raison
Il n’y aurait plus de raison d’être triste.
7. Eau de boudin
La surprise, elle aussi est un état d’âme.
Le dernier qui m’occupera ici, et cela surprendra peut-être.
En écrivant cela, je ne sais même pas encore
Ce que moi, l’auteur de ces lignes, ai l’intention de dire.
On ne le saura qu’à la fin –
Et ce sera une surprise, et pas la moindre.
En attendant, laissez-vous surprendre comme moi !
18 Décembre 2015
dimanche 20 décembre 2015
Tiere. Antiklimax
1. Sehenden Auges
Sehenden Auges
In das kleine Glück
Wo doch die Tiere im Gegenteil
Aus dem Stall getrieben werden mussten
Bei derart schlecht Wetter:
Jetzt fresst euch weiter Speck an
Auf der Weide, der durchnässten!
Bald ist nichts mehr übrig
Von der Größe des Draußenstehens.
Dunkler Stalldampf
Schwer und einschläfernd:
Die, die noch nicht kastriert sind
Begatten jetzt vielleicht ihresgleichen
Und das genügt
In solch dumpfer Nacht muss das genügen.
2. Hundewetter
Das vom Sturmwind wild aufgezauste Fell
Und dann vom Dauerregen widerlich niedergeglättete
– Ach, Kind, so mager bist du darunter? –
Am besten alles ganz weg.
Erbärmlich in der Nacktheit
Ist immer noch besser
Als dieses dauernde Hin und Her
Je nach Witterung.
An dem Schlotternden, Geschorenen
Kann sich der Sturmwind nicht mehr großtun
Und auch nicht der ewige Regen;
Die Elemente, Urgewalten
Können nicht mehr viel anhaben, ja
Sie stehen der Erbärmlichkeit
Der erbärmlichen Gleichmäßigkeit
Geradezu hilflos gegenüber.
Jetzt einfach auch
Abflauen, schlappmachen, kapitulieren
Ihr Elemente, Urgewalten
Und noch ein klein wenig nachbeben
Dann ist alles in Butter.
3. Herde
Über Jahrhunderte
Via Zähmung und Züchtung zu
Des Hirten beflissnem Gehilfen – allein
Die Wölfe sind deshalb nicht ausgestorben
Und brechen sie ein in das gerodete Reich
Weil draußen doch Not herrscht
Ist nur dieser Köter da, um das Reich zu bewahren.
Hund, dein Urvater Wolf
An dem alle Aufklärung tatenlos vorüberging:
Dein Faustrecht-Urvater, Meuten-Urvater
Ist wieder im Land, und
Du darfst nun zeigen, was du gelernt hast!
Da ist sie, die große Aufgabe und dich würdigende Pflicht.
Wir aber
Ohne Fesseln gefangen in dem grenzenlosen Glück
Warten doch nur darauf, vom Herrn der Herde auserkoren
Frühlingsblumenbekränzt und mit klingenden Glöcklein
Zur Schlachtbank im Tale geleitet zu werden.
Unser Opfer ehre das Reich
Denn ein manierlicher Geschenk
Ist von ihm nicht zu erwarten.
Bêtes. Anticlimax
1. Les yeux ouverts
Se réfugiant, les yeux ouverts
Dans le petit bonheur
Alors que les bêtes, elles
Devaient être poussées de force hors de l’étable
En des temps si mauvais :
Allez donc vous engraisser
Sur les prairies détrempées !
Bientôt il ne restera plus rien
De la gloire d’être exposé à tous vents.
La touffeur sombre de l’étable
Est lourde et anesthésiante :
Ceux que l’on n’a pas encore châtrés
S’accouplent à présent peut-être
Et ça suffit
Dans cette nuit abrutissante ça doit suffire.
2. Temps de chien
La fourrure échevelée par la tempête
Puis affreusement lissée par la pluie persistante
– Tellement t’es maigre par-dessous, mon enfant ? –
Le mieux encore c’est de raser tout.
Être misérable dans sa nudité
Est toujours préférable
À ce perpétuel va-et-vient
Selon le temps.
Le tremblotant, le tondu
Ne donne plus prise à la forfanterie de la tempête
Et non plus au méchant orage
Les éléments, les forces de la nature
N’en peuvent mais, oui
Ils sont largement désarmés
Face à tant de misère
Et tant de misérable constance.
Vous les éléments, forces de la nature
Il ne vous reste
Il ne vous reste
Que faiblir à votre tour, mollir et céder;
Encore quelques secousses
Puis tout ira bien.
3. Troupeau
Le long des siècles
Apprivoisé, civilisé et affiné
Il est devenu le commis empressé du berger
Mais les loups, eux, n’ont pas disparu pour autant
Et s’ils envahissent le royaume essarté
Parce que dehors, c’est la misère
Il n’y a que ce clébard pour préserver le royaume.
Chien, ton ancêtre
Que les Lumières, trop faibles, n’ont pas pu atteindre
Ton ancêtre-droit-du-plus-fort, l’ancêtre-meute
Est revenu au pays, et maintenant
Tu dois montrer ce que tu as appris !
Les voilà, ta grande tâche et ton éminent devoir.
Nous, sans chaînes captifs de notre bonheur sans bornes
Attendons d’être choisis par le maître du troupeau
Pour que, couronnés de fleurs printanières
Et de tintinnabulantes clochettes au cou
Il nous mène dans la vallée, à l’abattoir.
Que notre sacrifice fasse honneur au royaume
Car cadeau plus poli il ne saurait nous faire.
3 – 18 Décembre 2015
lundi 14 décembre 2015
Im TGV von A nach B
העולם
הבא
Die Züge werden auch immer schneller
Und die begradigten Trassen zu Autobahnen.
Wir sitzen im Großraum wie im Flugzeug
Und die Zuggespräche gehören zu den ersten Opfern.
Die vorbeieilende Landschaft enthält immer weniger –
Das alte, immobile, Land füllt sich zwar, aber
Das neue, mobile, wird niemandiger; es reist sich
Mithin weniger, und nicht nur hinsichtlich des Zeitaufwands
Doch wird einem weisgemacht, dass nur das Ziel nähergerückt sei.
Die kommende Welt – die der Toten – ist eigentlich schon da:
Es genügt, hier im Zug zu sitzen
Der so voll ist und so leer.
*
Der Hochgeschwindigkeitszug als Totenreich
Mit Blick ins Leere
Und an der Tür dem Hinweis: Compartiment Zen.
Als ob man das Nirwana auch noch bestätigen müsste...
Aber so weit, auf eine Entgleisung zu hoffen
Sind wir doch noch nicht.
*
Wer von der hiesigen
In die jenseitige Welt zu gelangen trachtet
Muss sich auf eine weite
Jedoch nicht unbedingt lange Reise gefasst machen:
Zwischenaufenthalt gibt es eigentlich keinen
Und auch der Kamikaze reist allein.
In Zufallsgesellschaft vielleicht, aber allein.
Manchmal glaubt er zu wissen
Was ihn im Jenseits erwartet
Als sei das Diesseits davon nur ein Vorgeschmack;
Verständlich, doch
Das Nichts, das wir hier schon kennen
Bietet keinen Vorgeschmack – so wenig
Wie die Jugend einen des Alters bietet
Obwohl das Altern schon in der Jugend beginnt.
Überhaupt ist es übertrieben zu behaupten
Im Hochgeschwindigkeitszug zu sitzen
Sei Strafe genug.
11. Dezember 2015
samedi 12 décembre 2015
Ein sonniges Gemüt
1. Schwerkraft
Er lebt in einer kleinen Welt
Die fast nur aus ihm selbst besteht
Und wie’s um diese Welt bestellt
Erkennt man daran, wie’s ihm geht.
So klein die Welt, die ihn enthält
Dass er drin auf- und untergeht
Als wäre sie ein Himmelszelt
In dessen Mittelpunkt er steht.
Dies Himmelszelt ist seine Welt
Weil sich halt alles um ihn dreht;
Doch fragt nicht, was ihn darin hält
Weil er das selber nicht versteht.
2. Komparative
Es wird alles prächtiger
Und stets ohnmächtiger
Und jeder Berserker
Auch immer stärker.
Es wird alles luftiger
Und übelduftiger
Und jeder Betrüger
Klüger und klüger.
Es wird alles saftiger
Und unwahrhaftiger
Und jeder Landstreicher
Immer noch reicher.
Es wird alles köstlicher
Und doch untröstlicher
Aber kein Messer
Schärfer und besser.
Es wird alles wichtiger
Unrichtiger, nichtiger
Doch ich Verrückter
Bin immer vergnügter.
9. Dezember 2015
vendredi 11 décembre 2015
A Winter’s Tale
Anscheinend taut der Schnee auch wieder ab
Anscheinend muss man nur noch etwas warten
Dann öffnet es sich wieder, dieses Grab
Namens „mein Garten“.
Ich widerspreche nicht, sie wollen’s glauben
Und ich will nicht den Spielverderber machen
Jedoch vertraue lieber meinen Augen
Den alten, schwachen
Und diese Augen sagen mir : Vorbei!
Ja, alles ist dahin, tot und begraben
Es kommt nichts mehr wie’s war – und anders, neu
Mag ich’s nicht haben.
9 Décembre 2015
Anscheinend muss man nur noch etwas warten
Dann öffnet es sich wieder, dieses Grab
Namens „mein Garten“.
Ich widerspreche nicht, sie wollen’s glauben
Und ich will nicht den Spielverderber machen
Jedoch vertraue lieber meinen Augen
Den alten, schwachen
Und diese Augen sagen mir : Vorbei!
Ja, alles ist dahin, tot und begraben
Es kommt nichts mehr wie’s war – und anders, neu
Mag ich’s nicht haben.
Paraît que cette neige fondra bien
Paraît qu’il faut se fier aux lendemains
Paraît qu’il se rouvrira, ce tombeau
Qu’est mon jardin.
Je ne dis rien, ils ont ça dans la tête
Et je ne veux pas être un trouble-fête
Mais je ne fais confiance qu’à mes yeux
Mes yeux si bêtes.
Ces yeux me disent : Tout fini, mon vieux !
Fichu, kaputt, mort, enterré... Adieu !
Rien ne revient tel quel – et neuf et autre
Point ne le veux.
9 Décembre 2015
jeudi 10 décembre 2015
Klopfgeräusche aus dem Kofferraum
Dies Klopfen aus dem Kofferraum:
Ist’s Wirklichkeit oder ein Traum?
Was könnte dort verborgen sein?
Ein Engelein?
Bring in dem Kasten gar mein Glück
Ich mit ins eigen Heim zurück?
Als fleischgewordnen Lebenszweck
Statt nur Gepäck?
Vielleicht ist es ein böser Geist
Der ungebeten mit mir reist.
Egal. Ich lass den Deckel zu
Dann ist bald Ruh.
8. Dezember 2015
Ist’s Wirklichkeit oder ein Traum?
Was könnte dort verborgen sein?
Ein Engelein?
Bring in dem Kasten gar mein Glück
Ich mit ins eigen Heim zurück?
Als fleischgewordnen Lebenszweck
Statt nur Gepäck?
Vielleicht ist es ein böser Geist
Der ungebeten mit mir reist.
Egal. Ich lass den Deckel zu
Dann ist bald Ruh.
8. Dezember 2015
mercredi 9 décembre 2015
Gecko
On a eu un gecko collé au plafond.
T’as déjà eu un gecko collé au plafond ?
– Évidemment. D’abord ça fait peur, mais après, c’est rassurant :
Quand on s’y est habitué, on est arrivé.
C’est vraiment formidable, un gecko auquel on ne fait même plus
_________________________________________attention.
December 7, 2015
T’as déjà eu un gecko collé au plafond ?
– Évidemment. D’abord ça fait peur, mais après, c’est rassurant :
Quand on s’y est habitué, on est arrivé.
C’est vraiment formidable, un gecko auquel on ne fait même plus
_________________________________________attention.
[Es gibt nun einmal Lebensmodelle, die von der Geschichte auf den Misthaufen geworfen werden. So das kontemplative. Ja, eine Zeit, in der nichts zu machen ist – in der man überzeugt wurde, dass wirklich nichts mehr zu machen ist – schreit nach Aktion.
Das heutige Lebensmodell ist also ein aktives. Eines, das davon ausgeht, dass nichts mehr zu machen ist und deshalb nicht mehr beobachtet und analysiert – das hilft ja nichts – sondern handelt. Allerdings „sich selbst verwirklichend“ handelt – denn so viel muss sein – und namentlich, ob nun Sozialtourismus oder nicht, die erschwinglich gewordenen Reisemöglichkeiten ausnutzt. Das ist der wahre Untergang des Abendlandes; er wird aber vielleicht erst dann seinerseits auf dem Misthaufen landen, wenn von Abendland tatsächlich keine Rede mehr sein kann, und von „Reisen“ auch nicht mehr.
– Richtig: Wenn nichts mehr geht, kriegt man unweigerlich dieses Kribbeln, und fängt an, sich irgendwie zu bewegen. Und je mehr man sich irgendwie bewegt, desto weniger ist. Dabei wird am Ende sogar das Sprechen verlernt: „Jet Airways“, „Udaipur“, „Jodhpur“, „Peshawar und so“, „was es aber in Gujarat zu machen gibt, weiß ich ehrlich gesagt auch nicht“ – so die Kauderwelsch-Blödigkeiten aus den unbefriedigten Fressen am Nebentisch. Welch Glück, dass unsereiner hier nicht mitreden kann.]
Das heutige Lebensmodell ist also ein aktives. Eines, das davon ausgeht, dass nichts mehr zu machen ist und deshalb nicht mehr beobachtet und analysiert – das hilft ja nichts – sondern handelt. Allerdings „sich selbst verwirklichend“ handelt – denn so viel muss sein – und namentlich, ob nun Sozialtourismus oder nicht, die erschwinglich gewordenen Reisemöglichkeiten ausnutzt. Das ist der wahre Untergang des Abendlandes; er wird aber vielleicht erst dann seinerseits auf dem Misthaufen landen, wenn von Abendland tatsächlich keine Rede mehr sein kann, und von „Reisen“ auch nicht mehr.
– Richtig: Wenn nichts mehr geht, kriegt man unweigerlich dieses Kribbeln, und fängt an, sich irgendwie zu bewegen. Und je mehr man sich irgendwie bewegt, desto weniger ist. Dabei wird am Ende sogar das Sprechen verlernt: „Jet Airways“, „Udaipur“, „Jodhpur“, „Peshawar und so“, „was es aber in Gujarat zu machen gibt, weiß ich ehrlich gesagt auch nicht“ – so die Kauderwelsch-Blödigkeiten aus den unbefriedigten Fressen am Nebentisch. Welch Glück, dass unsereiner hier nicht mitreden kann.]
Whenever I’ve met some dreadful beast
I hadn’t met before, I knew
This dreadful beast I’ve met at least
Has met me for the first time too.
First times beget odd company
Since fear and dread have paired on earth;
Who’ll ever say which curse is worse:
I bred the beast, the beast bred me.
(But then first times grow sloppy seconds
And turn the tamed one into pet
Till the cruel habitude that beckons
Confirms the fear felt when we met.)
December 7, 2015
mardi 8 décembre 2015
Des fourmis
[Wenn einen etwas kratzt, beißt oder juckt, ist da etwas. Oder es ist nichts. Wenn nichts ist, hat es einen umsonst gekratzt, gebissen oder gejuckt.
Hat man etwas versäumt, kann das einen jucken oder nicht. Hat einer sein ganzes Leben versäumt, war da nichts, und es juckt ihn umsonst – falls es ihn juckt. Er sollte aber froh sein, dass da nichts war, denn wenn es einen kratzt, beißt oder juckt, kann es schließlich auch etwas sein, und das ist dann möglicherweise dumm.]
Qui n’a pas craint que sa
Petite vie ci-bas
Puisse être dérangée
Quand ça l’a démangé ?
Quand ça m’a démangé
Je me suis arrangé
Avec ma vie ci-bas
N’en faisant pas grand cas.
N’en faisant pas grand cas
Petite vie ci-bas
À défaut de danger
S’est autrement vengée.
4 Décembre 2015
samedi 28 novembre 2015
Städtische Baumfürsorge
Man hat die Stämme einfach auf halber Höhe abgeschnitten.
Vielleicht macht man das so, vielleicht
Ist das fachgerecht, ich weiß es nicht.
Im Sommer ging es ja noch, aber jetzt...
Was ich sehe, ist jedenfalls nicht schön.
Manchmal wurde krumm abgesägt
– Vielleicht ein Arbeiter mit künstlerischer Ader...
Man könnte dann meinen, das sei der Blitz gewesen; es hat
Aber auch dann nur die städtische Baumfürsorge eingeschlagen.
Ahmt die Stadt die Natur nach, hält die Täuschung nie lange;
So geht es mit den menschlichen Unternehmungen. Ob insofern
_____________________________________________den
Regeln der Kunst folgend oder nicht, entzieht sich, wie gesagt,
____________________________________meiner Kenntnis.
27 Novembre 2015
Vielleicht macht man das so, vielleicht
Ist das fachgerecht, ich weiß es nicht.
Im Sommer ging es ja noch, aber jetzt...
Was ich sehe, ist jedenfalls nicht schön.
Manchmal wurde krumm abgesägt
– Vielleicht ein Arbeiter mit künstlerischer Ader...
Man könnte dann meinen, das sei der Blitz gewesen; es hat
Aber auch dann nur die städtische Baumfürsorge eingeschlagen.
Ahmt die Stadt die Natur nach, hält die Täuschung nie lange;
So geht es mit den menschlichen Unternehmungen. Ob insofern
_____________________________________________den
Regeln der Kunst folgend oder nicht, entzieht sich, wie gesagt,
____________________________________meiner Kenntnis.
Le Service de l’Arbre et des Bois de la Mairie
Ils les ont simplement coupés à mi-tronc, les arbres.
Peut-être cela se fait-il, peut-être
Est-ce selon les règles de l’art, je n’en sais rien.
Eh ben, en été ça allait encore, mais maintenant...
En tout cas, ce que je vois n’est pas beau.
Parfois on a scié de travers
– Peut-être un ouvrier à la veine artistique...
Ça ressemble alors à un coup de foudre ; or là encore
Ce n’est que le Service de l’Arbre et des Bois de la Mairie qui a frappé.
Lorsque la ville imite la nature, l’effet trompe-l’œil est fugace ;
Ainsi en va-t-il des entreprises de l’homme. Si en suivant
Les règles de l’art ou pas – ça, je me répète, je l’ignore.
Peut-être cela se fait-il, peut-être
Est-ce selon les règles de l’art, je n’en sais rien.
Eh ben, en été ça allait encore, mais maintenant...
En tout cas, ce que je vois n’est pas beau.
Parfois on a scié de travers
– Peut-être un ouvrier à la veine artistique...
Ça ressemble alors à un coup de foudre ; or là encore
Ce n’est que le Service de l’Arbre et des Bois de la Mairie qui a frappé.
Lorsque la ville imite la nature, l’effet trompe-l’œil est fugace ;
Ainsi en va-t-il des entreprises de l’homme. Si en suivant
Les règles de l’art ou pas – ça, je me répète, je l’ignore.
27 Novembre 2015
vendredi 27 novembre 2015
De Silentio et Secretis
i. Quasi eine Schweigestunde
Im Dichterclub
Hat es ihnen
Nach den Attentaten
Die Sprache verschlagen.
Man befürchtete nun auch noch
Den gewohnten Großen Aufschrei
Aber es kam nichts.
Die Attentate
Waren zu nah, sie
Hätten auch die Dichter
Des Dichterclubs treffen können
Und das verschlägt
Hinterher noch
Die Sprache.
Schau an, die unendliche Macht des Schweigens:
Wenn er bloß die Klappe hält
Wird aus so manchem
Fast ein Dichter.
ii. Eine Frage des Wo und Wann
Sich anschweigen
Und daraus eine ganze Geschichte machen
Es gar in Buchform zu veröffentlichen
Ist auch so etwas.
Man hat den Eindruck, dieses Anschweigen
Sei etwas Neueres.
Nichts Uraltes, eine Neuheit. Bio.
Ein urbanes Bioanschweigen
Das sich ländlich, natürlich und tief will
Aber nur gesucht ist
Weil eben alles gesucht ist
Was sich absetzen möchte
Und sozusagen keine Glotze bei sich stehen hat.
Nein, ich glaube diesen Stillen ihre Stille nicht.
Zu unseren Städten passt sie nicht, und nicht in diese Viertel.
Ob es einem nun gefällt oder nicht:
Halbwegs wahrhaftig ist
Jetzt nur noch der kleinen Leute Geschwätzigkeit.
Alles andere ist Karriereplanung.
iii. Wie Noah
Und es endet immer gleich.
Als ob er gesoffen hätte
Sagt er den einen Satz zu viel.
Jenen Satz, der ihn entblößt, scheint es
Wie Noah vor seinen Söhnen.
Ja, besoffen und biblisch, der Depp.
Plötzlich entblößt er sich also
Als ob ihm zu warm wäre
Mit einem überflüssigen Satz.
Kennenlernen lässt er sich dadurch aber nicht.
Der Satz ist nur eine von einem Windstoß aufgeschlagene Tür
In einen Wohnungsgang hinein, einen Durchgangsort
In dem sich keiner länger aufhält;
Der Salon bleibt zu hinter einer anderen Tür
Und umso mehr das Schlafzimmer. Vor allem das Schlafzimmer
Ist durch Worte nicht zugänglich, sein Schlüssel ist das Schweigen.
– Ah ja, wieder das Schweigen. Und was willst du damit sagen?
Es mieft aber gewaltig, dieses dein Schlafzimmerschweigen.
Ich ziehe dem noch deine gängigen Wirrheiten vor.
i. Quasi une heure de silence
Dans le club des poètes
Ils avaient
Le sifflet coupé
Après les attentats.
On craignait en plus
Le Grand Cri habituel
Mais rien.
Les attentats
S’étaient passés trop près, ils
Auraient pu les toucher
Les poètes du club
Et ça
Même après
Coupe le sifflet.
Tiens, l’immense pouvoir du silence :
Fermer la gueule
Fait de certains
Presque des poètes.
i. Question de temps et de lieu
Se taire ensemble
Et en faire toute une histoire
Publier le mutisme mutuel carrément sous forme de livre
Est un autre de ces trucs.
On a l’impression que ce silence
Est quelque chose de tout nouveau.
Rien d’ancestral, une nouveauté. Bio.
Un silence bio, hyper-urbain
Qui se prétend rural, naturel et profond
Mais n’est que recherche
Puisqu’est recherche tout désir de se distinguer.
À l’instar de la téloche qu’on n’a pas chez soi.
Moi en tout cas, cette taciturnitude-là, je ne la gobe pas ;
Elle ne va pas avec nos villes, ni avec ces quartiers.
Qu’on le veuille ou non
La seule chose encore à peu près authentique
C’est la faconde des petites gens.
Tout le reste ressemble à un plan de carrière.
iii. Tel Noé
Et ça finit toujours pareil.
Comme s’il s’était bourré la gueule
Il dit le mot de trop.
Qui le découvre, semblerait-il
Tel un Noé face à ses fils.
Oui, bourré et biblique, pauvre tache.
Brusquement, ils se découvre donc
Comme s’il avait trop chaud
Par un mot de trop.
Mais ce n’est pas ainsi qu’il se fait connaître.
Ce mot n’est qu’une porte ouverte par un coup de vent
Donnant sur le couloir, un lieu de passage
Où on ne séjourne pas ;
Le salon reste fermé derrière une autre porte
Et plus encore la chambre. La chambre surtout
N’est pas accessible par des mots, sa clé est le silence.
– Ah bon, le silence encore. Et pour exprimer quoi ?
Ça schlingue bon le renfermé, ton silence d’alcôve.
Quant à moi, je préfère encore tes insanités de passage.
26 Novembre 2015
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